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Les Gamins : la critique du film

Notre avis
4 10

Si certains ne trouveront ici qu'une énième comédie semblable aux précédentes, tantôt fade et surannée, les amateurs de l'humour de Max Boublil et d'Alain Chabat, jubileront durant ces 90 minutes de sketchs enchaînés à bâtons rompus, conquis par la complicité communicative du duo de cette comédie plaisante et légère. Découvrez ci-dessous la critique des Gamins.


Critique : Les Gamins avec Max Boublil et Alain Chabat

Si on connaît Max Boublil l'humoriste et l'auteur de chansons volontairement irrévérencieuses (Ce soir tu vas prendre, j'aime les moches, etc), on le connaît peu en tant qu'acteur – campant souvent des rôles secondaires. Le mois d'avril nous donne l'occasion de le voir en haut de l'affiche à deux reprises, successivement dans Des gens qui s'embrassent (en salles le 10 avril) et dans les Gamins dont la sortie est prévue le 17 avril.

Dans les Gamins, il ne s'est pas seulement contenté du premier rôle, il a également coécrit le scénario avec son compère Anthony Marciano (qui réalise le film) et avec lequel il écrit ses spectacles. L'affiche présente Alain Chabat et Max Boublil sous le titre qui frise le pléonasme : les Gamins. Injonction presque immédiate aux rire. Ce film est donc directement placé sous les auspices de l'humour. Parvient-il à tenir ce pari ?
 

Max Boublil interprète Thomas - jeune trentenaire aux prétentions musicales plus élevées que son talent - qui file le parfait amour avec Lola. Un jour, celle-ci décide de lui présenter ses parents. Sa rencontre avec son beau-père Gilbert va remettre en question son couple. Dépressif et engoncé dans un mariage qui ne lui convient plus et qu'il tient responsable de ses échecs, Gilbert plaque tout et enjoint son beau-fils à renouer avec une vie plus légère, loin des responsabilités. C'est alors le début de nombreuses aventures …

 

Les Gamins

 

En nous invitant à suivre les péripéties de ce duo improbable et intergénérationnel, le film se présente comme un Mon Beau-Père et moi inversé. Les références et les sources d'inspiration sont nombreuses. Le film oscille ainsi entre les comédies de Judd Apatow et celles des frères Farelly, sans toutefois trouver un ton qui lui est propre. A la différence d'un Ted, dans lequel Seth MacFarlane proposait une réflexion originale sur la période de l'adolescence, les gamins souffre d'un scénario trop convenu, manquant de surprises. Il ne parvient donc pas à communiquer ce plaisir jubilatoire que nous ressentons souvent face aux comédies américaines. Les réflexions qu'il propose sur le couple et l'engagement enfoncent des portes grandes ouvertes. En somme, l'histoire reste en surface. Ce qui semble intéresser Anthony Marciano, c'est avant tout l'étude des caractères et ce qu'il peut en tirer. Le film veut donner la part belle aux personnages et pourtant, ils relèvent tous des stéréotypes.
 

Résumer l'histoire des Gamins, ce n'est pas jouer au jeu des sept familles, mais à celui des sept clichés. Gilbert (Alain Chabat en forme) campe un quinquagénaire qui s'ennuie depuis qu'il a vendu son entreprise ; son corps semble de confondre avec le canapé et s'il rêve encore à quelques figures acrobatiques partagées avec son épouse, celles-ci sont de l'ordre du passé. Puis, il est plus intéressé par Questions pour un champion. Son épouse (Sandrine Kiberlain, décidément abonnée aux rôles d'épouse ennuyeuse et casse-pied après les Femmes du 6e étage) concocte des plats bios et végétariens, qu'elle mange avec des baguettes, ne se préoccupant que du sort des africains et dilapide la fortune de son mari (forcément). Les rôles secondaires sont également bruts de décoffrage. Un diplomate iranien nerveux et belliqueux et étonnamment porté sur le nucléaire. Une enfant-star capricieuse et insupportable surnommée Mimizozo – sorte de pastiche entre Iona et René la Taupe – qu'on prendrait plaisir à voir sur un avis de recherche. Le voisin – amant transi – est l'incarnation de l'homme attentionné (et donc ennuyeux), maîtrisant la langue des signes, mangeant bio et aidant son prochain. Aussi, un producteur de musique (Arié Elmaleh) qui perçoit la musique uniquement par le prisme des euros que celle-ci peut lui rapporter. Enfin, un Jean-Charles aux polos roses pale et aux chaussures bateau qui a adopté un langage « wesh ta mère » plus adapté au rôle de vendeur de shit qu'il entend se donner.

 

Les Gamins

 

Autour de ces personnages taillés à la tronçonneuse, le couple composé de Lola et de Thomas. Lui va facilement se faire embarquer par son beau-père. Elle rêvera d'un homme mature, celui qui rêve d'un travail fixe et sérieux, d'un appartement et d'un emprunt sur trente ans avec des taux de remboursement corrects (autour de 4%, ce serait parfait). Nous serions à même de pardonner ces clichés si ceux-ci avaient au moins le mérite de nourrir le potentiel comique du film. Or ce n'est pas souvent le cas.


Tout n'est pourtant pas à jeter, loin de là. L'ambiance globale est assez agréable, servie par une photographie travaillée. La complicité entre Alain Chabat et Max Boublil est évidente. La confrontation de ces deux générations d'acteurs ne tourne pas au désavantage de l'un par rapport à l'autre. Ils sont complémentaires et le duo fonctionne bien. Surtout, ils semblent prendre plaisir à jouer ensemble et ce plaisir est communicatif ( même si on aimerait davantage y participer). La musique occupe également un rôle important. Judicieusement choisie, elle donne du rythme à ce film qui a tendance à s’essouffler rapidement. Dès le début, nous savons pertinemment où l'histoire va nous mener. Gilbert retrouvera son épouse (car, enfin, qui va laver les chaussettes?!) et Thomas acceptera de faire des concessions pour donner une chance à son couple.

 

Les Gamins

 

Néanmoins, le rire a souvent cet avantage d'être instinctif et spontané. C'est un atout pour ce film. Les blagues fusent et il faut reconnaître que certaines sont bien senties et drôles. Nous rions donc parfois de bon cœur. Seulement, c'est ici la forme qui l'emporte, car le fond fait (souvent) grincer des dents. Si l'humour est le reflet de notre époque, ce film – sous son apparente modernité – a quelques années de retard. A faire étal de trop de clichés et d'idées reçues, il se prend souvent les pieds dans le tapis.


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Par Marine Le Gohebel Réagir


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