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The Reader

Notre avis
6 10

Entre condamnation et nécessité de compréhension, The Reader aborde la question de l'Holocauste à travers le point de vue rarement abordé d'un homme issu de la "seconde génération". On reprochera au film son système narratif académique entraînant quelques lourdeurs et facilités, mais le propos n'en soulève pas moins des questions morales osées et pertinentes, en plus de délivrer quelques précieux moments intimistes sublimés par la composition de Kate Winslet.

 

 


Critique de Le Liseur (The Reader) de Stephen Daldry avec Kate Winslet

Critique de Critique de Le Liseur (The Reader) de Stephen Daldry avec Kate Winslet (The Reader) de Stephen Daldry avec Kate Winslet

 

"La notion du secret est centrale dans la Littérature occidentale", explique un professeur à ses élèves dans le film. Le secret et la Littérature sont justement au coeur de ce nouveau long métrage de Stephen Daldry, The Reader, adapté du roman du même nom de Bernhard Schlink qui avait fait couler beaucoup d'encre lors de sa sortie. Auteur de Billy Elliot et Les Heures, Stephen Daldry se fait plutôt rare sur le grand écran mais frappe les esprits à chacune de ses oeuvres. Même si sa dernière en date, The Reader, n'atteindra pas les sommets des films cités précédemment, elle ne fait pas pour autant exception à la règle de par l'audace de ses thématiques. The Reader revient en effet sur le plus sombre chapitre de l'Histoire contemporaine de l'Europe, à savoir le génocide des Juifs par les Nazis, à travers l'histoire personnelle d'un homme issu de la "seconde génération" - les Allemands nés après l'Holocauste - c'est-à-dire à travers un point de vue rarement pris en compte. Au lendemain de la guerre, un adolescent introverti du nom de Michael Berg (David Kross) fait la connaissance de Hanna (Kate Winslet), une jeune femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant et The Reader. Des années plus tard, longtemps après le départ aussi soudain qu'inexpliqué de la jeune femme, Michael la retrouve sur le banc des accusés au procès des crimes de guerre Nazis.

 

Critique de Critique de Le Liseur (The Reader) de Stephen Daldry avec Kate Winslet (The Reader) de Stephen Daldry avec Kate Winslet

 

Si The Reader n'entretient aucune ambiguïté sur l'atrocité de l'Holocauste, le propos fait controverse en raison du mélange de condamnation et de recherche de compréhension manifesté à l'égard de certains de ses bourreaux. En s'appuyant sur le regard très humain que Michael porte sur Hanna, un regard imprégné de sentiments intenses et contradictoires évoluant tout au long de sa vie, The Reader tente de répondre à une question simple : comment de telles horreurs ont-elles pu arriver dans un monde civilisé ? En faisant du personnage de Hanna un être humain à part entière, parfois misérable mais pas détestable, The Reader nous rappelle que nous ne sommes jamais à l'abri d'une répétition de l'Histoire. Comprendre l'incompréhensible, tel est le besoin de cette seconde génération qui porte en elle la culpabilité et la honte issues d'un crime qu'elle n'a pas commis mais avec lequel elle possède un lien inextricable. Un lien qui met en cause la construction même de l'identité de ces hommes et de ses femmes dont les parents sont potentiellement coupables ou complices d'un génocide. Ce fardeau s'exprime pleinement à travers le personnage de Michael, jeune homme taciturne qui garde ses distances vis-à-vis de sa propre famille pour se jeter dans une relation pleine de non-dits placée sous le signe de la Littérature, symbole de la Culture mais aussi de l'élévation du coeur et des sentiments. Portée par une mise en scène raffinée que n'aurait pas renié le regretté Anthony Minghella, l'un des producteurs du film, les séquences se déroulant dans l'Après-guerre s'avèrent tout simplement sublimes. Les scènes d'amour entre Michael et Hanna délivrent quelques moments intimistes d'une rare beauté, habités par un regard très féminin sur ce jeune garçon initié à l'amour par une femme ayant le double de son âge. En plus de délivrer une composition d'une grande profondeur qui lui a d'ailleurs valu l'Oscar de la Meilleure Actrice, Kate Winslet déborde de sensualité et de présence dans le rôle de Hanna, face au jeune David Kross qui s'impose comme la révélation du film.

 

Critique de Critique de Le Liseur (The Reader) de Stephen Daldry avec Kate Winslet (The Reader) de Stephen Daldry avec Kate Winslet

 

Pourtant, The Reader n'atteindra pas le statut de chef d'oeuvre qu'il aurait pu avoir. Si le récit de la jeunesse de Michael déploie des trésors de mise en scène, il n'en va pas de même pour les scènes se déroulant dans le présent, dont l'académisme et la présence de plus en plus envahissante à mesure que le dénouement se rapproche confère à la narration une certaine lourdeur dans la deuxième heure. Ces scènes se justifient certes par les intentions du film qui replace le poids de l'Histoire dans le contexte d'une vie entière. Dommage que ce récit parallèle se complaise dans une certaine facilité dans sa manière de transmettre les émotions, et ce malgré l'interprétation toujours très juste de Ralph Fiennes. Stephen Daldry se fait presque subtil dans son portrait de Hanna (son secret personnel ne sera jamais verbalisé dans le film) mais ne retrouve pas la fluidité narrative des Heures dans son parallèle entre le passé et le présent de Michael. Ajoutons à cela des maquillages de vieillissement un tantinet visibles sur Kate Winslet, un défaut que l'intensité de jeu de la comédienne fait heureusement partiellement oublier. A défaut de satisfaire sur tous les plans, The Reader n'en demeure pas moins une oeuvre émouvante qui soulève d'importantes questions morales, ce qui est déjà beaucoup.






Par Elodie Leroy 4 commentaires


Derniers commentaires
Par Régine il y a 9 an(s)
Mattiii a écrit:Le titre n'est pas "le liseur" mais "the reader" et même en france, il semble finalement avoir été gardé, cf allociné qui affichait le liseur mais qui a repris le nom original :



S'il fallait traduire le film, ce serait le Lecteur.

liseur : personne qui lit beaucoup. Peu usité

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Par Régine il y a 9 an(s)
Comment faire d'un sujet bateau un chef-d'oeuvre? S'appeler Stephen Daldry, avoir réalisé Billy Elliott et the Hours.

Choisir ensuite comme protagonistes Kate Winslet, David Kross et Ralph Fiennes.
Mêler enfin une histoire passionnelle à l'histoire contemporaine sans oublier la justice.

Ce film est un flash-back :

- Berlin 1995
- Berlin 1958
- Berlin 1976
- Berlin 1988
- Retour à la case départ : Berlin 1995

Un jeune adolescent fait par hasard une rencontre secrète et passionnelle avec une belle femme, contrôleuse de train, qui pourrait bien être sa mère. Elle s'éprend de lui alors que effondré sous le porche de son immeuble, il couve une scarlatine.
Ses parents le voient de moins en moins puisque notre jeune adolescent "Kid" comme elle l'appelle, a élu domicile chez Hanna.

Nous sommes en 1958 : Michael Berg rencontre Hanna
Hanna le bichonne : les séances où elle lui prépare son bain, lui tend sa serviette révèlent une mère qui fera de ce grand enfant, étudiant en droit, son amant passionné dans un huis clos où ni l'un ni l'autre ne peuvent se passer l'un de l'autre.
Comment finit un huis clos?
Souvent par une condamnation.

Qui est Hanna? Une employée consciencieuse à laquelle son chef propose une promotion. Nous sommes chez Siemens.
Or, des années plus tard, nous apprendrons qu'Hanna avait décidé de se destiner vers d'autres horizons portant le sigle SS.

Michael le découvrira lors d'un procès où il reverra Hanna en accusée et chef des gardes d'un camp.

Justice est faite. Hanna en prendra pour son grade.
Vingt ans s'écoulent. Hanna est libérée.

Aucun cas de conscience chez cette femme, sur ses actes. Cette femme était analphabète. Elle avait trouvé en Michael un lecteur qui la berçait de ses mots sortis de la plus belle littérature.
Dans sa cellule, elle finira par recevoir des cassettes de Michael lui lisant les mêmes textes. C'est alors qu'elle apprend à lire et à écrire toute seule par recoupements entre la voix et les lettres des livres qu'elle emprunte à la bibliothèque.

Hanna décidera de ne pas quitter sa geôle. Elle lèguera pourtant sa cagnotte à une femme qu'elle aura sauvé d'un incendie. Dans sa discipline meurtrière, Hanna aura sauvé une Juive.

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Par anon-Mattiii il y a 10 an(s)
Le titre n'est pas "le liseur" mais "the reader" et même en france, il semble finalement avoir été gardé, cf allociné qui affichait le liseur mais qui a repris le nom original :
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Par tib20011 il y a 10 an(s)

likeSmall
Il manque effectivement quelque chose pour que le film devienne mémorable. Il soulève des questions importantes, mais la première partie fait finalement un peu vaine par rapport à la seconde, bouleversante (à partir du procès).
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