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Eric Valette, réalisateur d'Une affaire d'Etat

Interview d'Eric Valette, réalisateur d'Une affaire d'Etat Sur tous les écrans ce mercredi 25 Novembre, Une affaire d'Etat est un thriller politique mettant en scène André Dussollier, Rachida Brakni et Thierry Frémont. A l'occasion de la sortie du film, nous avons rencontré son réalisateur Eric Valette, qui nous en dit un peu plus sur son nouveau bébé.

Interview d'Eric Valette, réalisateur d'Une affaire d'Etat

 

Avant de commencer, pouvez-vous nous raconter ce qu'il vous est arrivé depuis Maléfique ?

Beaucoup de choses ! Après Maléfique, j'ai mis en chantier deux projets en France (en thriller économique et un western) qui hélas ne se sont pas faits. Puis, avec les scénaristes de Maléfique, nous avons commencé à plancher sur le script d'Une affaire d'Etat. Mais, comme on le sait, c'est toujours compliqué de monter des thrillers en France. Du coup, comme Une affaire d'Etat mettait de temps à se mettre en place et que j'avais vraiment envie de tourner, je suis parti aux Etats-Unis, appelé par la Warner pour faire le remake de La mort en ligne de Takeshi Miike. Ca a été une expérience très enrichissante durant la pré-production et la production qui s'est hélas écroulée après le tournage, comme c'est souvent le cas à Hollywood. Néanmoins, comme je m'étais fait de bons contacts là-bas, j'ai pu enchainer très vite sur un petit film d'horreur et d'action intitulé Hybrid et tourné au Canada. Une fois le film fini, j'ai rendu ma copie à la production et je suis revenu en France tourner Une affaire d'Etat, qui entre temps s'était débloqué. Moralité : le temps qu'un film français se monte, on a le temps de faire deux films aux Etats-Unis !

 

Qu'est-ce qui a débloqué Une affaire d'Etat ?

Principalement le fait qu'on trouve un investisseur nouveau sur le marché, qui a tout de suite été emballé par le film. A l'époque, on avait fait le tour des distributeurs habituels qui avaient tous refusé le projet. Mais lorsque s'est monté Studio 37 (ndlr : le département cinéma d'Orange), une nouvelle major qui était à la recherche de films un peu moins conventionnels, on a fait parti des tous premiers à signer avec eux. A partir de là, tout as été plus vite.

 

Interview d'Eric Valette, réalisateur d'Une affaire d'Etat

 

Comment s'est déroulée la phase d'adaptation du livre dont est tiré le film ?

Nous avons pu faire ce que nous voulions de l'histoire du livre. Vous savez, lorsqu'un auteur vend ses droits pour un script, sauf clause spéciale, il laisse toutes les libertés à la production d'en faire ce qu'elle veut. De plus, je crois que c'était la volonté de Dominique Manotti (l'auteure du livre) de ne pas s'impliquer dans l'adaptation pour ne pas trop "souffrir". Bien lui en a pris, puisqu'il me semble qu'en voyant le film, au delà de l'histoire et des personnages, elle a retrouvé un ton qui lui été cher. La sécheresse de son style se retrouve, à mon sens, dans le film.

 

Quelle a été votre plus grande appréhension en vous attaquant à ce projet ?

Bonne question ! Je crois que j'avais peur de ne pas réussir à faire tenir tous ces personnages, tous ces décors et toutes ces scènes dans 35 jours de tournage. Mon appréhension était de ne pas réussir à faire rentrer le bateau dans la bouteille comme on dit. Mais on a réussi, car l'équipe était vraiment efficace, tout comme les comédiens, qui arrivaient à être justes très vite. Ca nous évitait de faire 15 prises !

 

Le film se termine sur une grosse scène d'action. Comment l'avez vous préparée ?

C'est une grosse logistique, qui s'est préparée bien en amont du tournage. On n'avait pas le droit à l'erreur, ca on savait qu'on ne pouvait pas se permettre de refaire les choses. On savait qu'on avait des créneaux horaires très précis pour tourner, car on ne pouvait bloquer toutes les voies pendant trois jours. Mais comme on était en équipe réduite, on travaillait un peu en "guérilla", c'est à dire qu'on tournait vite et qu'on passait rapidement de décor en décor. On se focalisait sur des angles bien spécifiques et c'est ensuite le montage qui a fait le lien. Au final, cette séquence a été tournée en trois nuits. Trois nuits de tension ... dans le sens où nous étions tendus à cause du manque de temps et de latitude ! Je vous rassure, on ne se criait pas dessus !

 

Interview d'Eric Valette, réalisateur d'Une affaire d'Etat

 

Le thriller politique revient à la mode en France après 25 ans d'absence. Comme l'expliquez-vous ?

Je pense qu'il y a une vague de fond qui s'opère dans le cinéma français qui fait qu'il existe une diversité qui n'existait pas il y a 25 ans. Les décideurs commencent peu à peu à comprendre que les grosses comédies populaires ne sont pas forcément toutes bankables. Plusieurs exemples récents sont là pour le confirmer. De plus, on commence à voir, parmi les producteurs, les distributeurs et les financiers, des gens qui ont une culture un peu différente. Ils aiment le cinéma d'horreur, le polar et sont donc plus amènes à s'investir dans des projets qui sortent un peu des sentiers battus. Même si les réalisateurs de films de genre semblent tout le temps se plaindre qu'ils n'ont pas les moyens de faire ce qu'ils veulent, je reste néanmoins persuadé que c'était encore plus dur pour les générations précédentes. C'est pourquoi je suis plutôt optimiste concernant l'avenir. Aujourd'hui, on voit 10 films de genre français par an. Peut-être que dans cinq ans on en verra 20 et ainsi de suite.

 

Mais ces films ont quand même du mal à se trouver un public.

Les films d'horreurs, c'est assez délicat. On se rend compte que quelque soit le film, qu'il soit bon ou mauvais, le public potentiellement intéressé est de 100 000 personnes. Une fois que l'on sait cela, il faut faire son film en s'adaptant. Là, je parle du film d'horreur pur et dur, d'œuvres radicales. Si ensuite quelqu'un fait un film dans la veine de Les Autres, qui est plus un film de tension, je pense qu'il y aura tout de suite plus de gens pour aller le voir.

 

Et justement, quelles sont vos attentes personnelles quant à l'exploitation d'Une affaire d'Etat ?

Que des gens qui ont 20 ans et qui veulent voir un thriller pas trop bête qui bouge un peu aillent voir le film. Et que des gens qui s'intéresse plus à la politique, qui lisent des quotidiens et regardent des documentaires, bref, qui ne cherchent pas forcément le "divertissement" en allant en salle, soit aussi attiré par le film. Voilà, j'espère réconcilier ces deux publics. Aujourd'hui, les dés sont jetés, mais comme je dis souvent : on finit toujours par voir les bons films.

 

Interview d'Eric Valette, réalisateur d'Une affaire d'Etat

 

Votre film aborde des sujets sensibles. Aviez-vous un frein sur ce que vous pouviez raconter ?

Non. Comme il a été établi très vite qu'aucune chaine de télé ne viendrait financer ce film, on s'est retrouvé dans une économie certes limitée, mais qui nous laissait une grande liberté. Néanmoins, nous n'avons pas chargé la mule non plus. Je ne cherchais pas à créer un scandale en faisant ce film.

 

Aux USA, un film comme JFK a poussé la justice à rouvrir le dossier de la mort de Kennedy. Pensez-vous cela possible en France ?

C'est très difficile. Déjà parce qu'en France, on n'a pas le droit de mentionner de noms par exemple. Dès lors, quelqu'un qui aimerait faire un film sur l'affaire Boulin par exemple, dans l'espoir de rouvrir le dossier, se verrait contraint d'utiliser des faux noms. Alors, le film n'aurait que très peu de valeur, autre que fictionnelle. Sur ce point précis et de par notre legislation, nous sommes beaucoup moins libres qu'aux Etats-Unis.

 

En cas de succès de ce film, si vous êtes appelé aux Etats-Unis, retournerez-vous ?

J'ai plusieurs projets en France, auxquels je suis attaché. Mais s'il s'avère que ces films ont du mal à se faire et si on me propose un scénario qui m'emballe, bien sûr que je retournerais aux Etats-Unis. Je vais où se trouve le travail et je sais que c'est en tournant que je deviendrais meilleur.

 

Un petit mot sur vos projets à venir ?

J'en ai un qui s'appelle La proie. Le film s'articulera autour d'une course-poursuite dans la France profonde, dans laquelle un tueur en série est poursuivi par un braqueur, lui-même poursuivi par la police car il vient de s'évader. Donc, ce sera une course-poursuite à trois, dans une France qu'on voit assez peu : celle des zones industrielles, des lotissements et des petits bleds. Nous devrions vraisemblablement tourner dans le Jura, au printemps prochain.

 

Propos recueillis et retranscrits par Pierre Delorme

 

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Par Michèle Bori Réagir


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