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J'irai dormir à Hollywood : Interview d'Antoine de Maximy

Le 17/11/2008 à 01:43
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J'irai dormir à Hollywood : Interview d'Antoine de Maximy

"Quand rien n'est prévu, tout est possible". C'est la devise d'Antoine de Maximy, trublion touche à tout et aventurier des temps modernes qui a fait les beaux jours de France 5 avec son émission culte "J'irai dormir chez vous" et plus récemment de la 2 durant les Jeux Olympiques chinois, grâce à sa minute quotidienne du "Péquin à Pékin". Son crédo : partir à l'arrache à l'autre bout du monde avec son sac et sa caméra, en prenant bien soin d'éviter les circuits touristiques des Tour Operateur, les hôtels 4 étoiles et les monuments de cartes postales, pour mieux se pencher ce qui fait à ses yeux la beauté des contrées lointaines : les gens.

Pour nous, il a bien voulu s'aventurer dans le bar d'un hôtel du 8e arrondissement et répondre à quelques questions autours de son film J'irai dormir à Hollywood, dans lequel il part à la rencontre de l'Amérique.

 

J'irai dormir à Hollywood : Interview d'Antoine de Maximy


Pourquoi avoir choisi les Etats-Unis comme destination pour faire un long-métrage de cinéma ?

Il y a deux raison essentielles. La première, c'est que c'est un pays immense. Lors de mes précédents voyages, je choisissais trois endroits différents, et je partais 15 jours. Là, c'était réducteur de ne prendre que trois lieux et espérer faire quelque chose de pertinent. C'est les Etats-Unis quand même, la première puissance mondiale ! Il fallait faire quelque chose de plus grand que ce que j'avais fait avant. La deuxième raison, c'est que les Etats-Unis sont le pays du cinéma. Et quelque part, ça me titillait un peu de faire un film de cinéma, sur le pays du cinéma. C'est un peu L'arroseur arrosé. J'avais envie de filmer avec de toutes petites caméras le pays qui fait des films qui font rêver toute la planète.

 

Dans votre voyage, quel événement vous a le plus surpris ?

J'ai été surpris...Oui et non. Par exemple, au début du film, je rencontre Milton, 95 ans, qui fait le grand écart dans les rues de New York. C'est quelque chose que tu ne peux pas inventer, que tu ne peux pas imaginer ! Mais je savais qu'aux Etats-Unis, il existait des "excessifs" de ce genre là. Milton en fait parti : c'est un fana de sport, qui a la culture du corps et qui fait tout pour garder la forme. Alors il m'a surpris dans le sens où c'est quand même un phénomène, mais en même temps, je m'attendais à croiser ce genre "d'énergumène". Plus aux Etats-Unis qu'ailleurs.

 

Justement, par rapport à quoi vous attendiez vous à rencontrer ce genre de personne ? On vous en avait parlé ?

Oui, et puis j'avais vu quelques reportages à la télé aussi.

 

Et avez-vous trouvé des différences entre ce que vous aviez vu ou entendu, et ce que vous avez découvert par vous même ?

Non, je trouve que le voyage que j'ai fait est plus ou moins représentatif de ce que j'imaginais. Mais vous savez, comme j'ai beaucoup voyagé dans ma vie, j'ai l'impression que j'anticipe plutôt bien ce que je vais trouver dans les pays où je me rends. J'ai été dans beaucoup d'endroits différents, et j'ai rencontré pas mal de personnes d'horizons totalement différents. J'ai été chez des riches, chez des pauvres, chez des très pauvres... et chez des très riches qui ne sont généralement pas les plus drôles ! Comme c'était la première fois que je me rendais dans ce pays, j'avais quelques "idées" des personnes que je pouvais rencontrer, mais je n'avais pas d'aprioris. De plus, du fait que je ne fais pas les parcours touristiques habituels, je rencontre des catégories de personnes que l'on n'a pas souvent l'habitude de croiser. Les gens de la rue, Monsieur tout le monde en quelque sorte... Ces gens-là n'ont pas forcément l'habitude du contact avec les touristes. Souvent, ce ne sont pas toujours des gens très riches... en général bien sûr, car pour en revenir à Milton par exemple, qui vit dans un grand appartement avec vue sur Central Park, je pense qu'il a de quoi voir venir !

 

J'irai dormir à Hollywood : Interview d'Antoine de Maximy

 

Parlez-nous de la scène à la Nouvelle-Orléans, qui est semble-t-il le moment où vous vous êtes mis le plus en danger. Qu'est ce que vous vous dites à ce moment-là ?

"Il faut que je décampe !" C'est un des moments qu'on n'a pas pu mettre dans le film, car je n'ai pas réussi à filmer les visages... En passant dans une rue, je suis tombé sur un groupe de jeunes, et je n'étais vraiment pas en confiance. Je pense que d'avoir tout mon matériel sur moi a un peu aidé, dans le sens où ils ont du se demander qui j'étais et ce que je faisais là, et cet instant d'hésitation m'a permis de filer tout droit sans me retourner. Si j'avais juste eu une petite caméra en bandoulière, je pense, je ne suis pas sur mais je pense, qu'ils me l'auraient chouré.

 

C'est étonnant comment les gens se livrent facilement à vous ! Je pense notamment à l'homme que vous croisez dans le train et qui vous raconte qu'il va être envoyé en prison pour une broutille...

Oui, c'est une histoire incroyable. Mais je ne suis pas sûr qu'il m'ait dit toute la vérité... arrêter (ndla : l'homme en question raconte qu'il a été arrêté alors qu'il déménageait un carton contenant une arme à feu) J'en ai parlé avec des américains plus tard durant mon voyage, et il y a de fortes chances pour que cet homme ait été en sursis lorsqu'il s'est fait chopper. De retour sur Paris, j'ai mené ma petite enquête auprès de spécialistes du droit, et j'ai fait des recherches sur le net pour voir différents types de condamnation, et j'en ai déduis qu'il ne m'avait pas raconté toute son histoire. En fait, il m'a dit ce qu'il voulait... vous savez, je ne suis pas journaliste, je ne cherche pas forcément la vérité.

 

Le voyage a duré trois mois. Comment gérez-vous la solitude ?

C'est à dire que je ne suis pas vraiment tout seul. Physiquement oui, je suis tout seul. Mais j'ai avec moi ces deux petites caméras qui me suivent partout, à qui je parle, et qui me servent en quelque sorte d'interlocuteur. Je peux mettre qui je veux dans ces petits objets et donc j'y mets souvent mes copains. D'une part ça me permet d'utilisé un ton familier qui convient bien à ce que je veux faire, et d'autre part, avec cette "présence" à mes côtés, je me sens beaucoup plus à l'aise pour affronter des situations compliquées, car je sais que je suis en train de tourner une séquence. Si j'ai une galère par exemple, le fait d'être en train de filmer me force à réagir beaucoup plus vite. Ainsi, certains problèmes qui pourraient me bloquer une journée sont souvent résolus en une heure ! C'est étrange parce que ça a un impact direct sur ma vie de tous les jours. Cet été par exemple, j'ai eu un problème avec ma voiture. J'ai une vieille caisse qui a plus de 15 ans et j'ai pété une durite sur l'autoroute en remontant sur Paris. Et bien au lieu d'appeler un réparateur, j'ai rafistolé le truc moi-même, avec un bout de scotch, en refaisant le plein de flotte dans le moteur toutes les 20 minutes, mais j'ai réussi à rentrer chez moi ! Tout ça pour dire que si je n'avais pas eu l'expérience de mes aventures, je n'aurais jamais agi de cette façon.

 

J'irai dormir à Hollywood : Interview d'Antoine de Maximy

 

Est-ce-qu'à un moment vous avez ressenti le besoin de couper la caméra ?

Oui.  Ca m'était déjà arrivé lorsque je tournais mes émissions. Et les voyages ne duraient que 2 semaines, c'est qui est assez court ! Alors là, pour un trip de 3 mois, c'était inévitable... du coup, vers la moitié de mon voyage, j'en ai eu marre. J'ai même été sur le point de rentrer en France, pour passer 15 jours tranquille et revenir plus tard pour terminer le film. Alors j'ai appelé la prod, on en a discuté et on est tombé d'accord sur le fait que j'allais prendre deux jours de repos, et que si ca n'allait toujours pas après, je pourrais rentrer. Alors j'ai posé mes caméras et j'ai été au cinéma. J'ai vu 6 films en 2 jours, et ça m'a redonné la niaque et je suis reparti.

 

Vous arrive-t-il parfois de vous imposer des limites, à cause de la caméra ?

Je suis quelqu'un qui assume assez bien ses faiblesses et ses conneries. C'est pour cette raison qu'il y a beaucoup d'autodérision dans J'irai dormir chez vous ! Maintenant on aime ou on n'aime pas. Moi je m'en fous que les gens ne m'aiment pas, par contre, ça m'emmerde qu'ils ne m'aiment pas pour de mauvaises raisons. Quand je fais un truc un peu con devant la caméra, parce que suis un peu saoul par exemple, comme ça a pu m'arriver lors d'un reportage que j'ai fait à Pékin pour les JO récemment, et bien j'assume. Je ne fais aucun complexe par rapport à ça ! Si la séquence est drôle, qu'elle fait marrer les gens et qu'elle a sa place dans le film, on la garde, sinon, tant pis ! Et comme que je sais que je peux contrôler le montage par la suite, je me lâche un peu plus, c'est sûr ! Si c'était du direct, je serais certainement beaucoup plus timide...

 

Justement, comment se passe la phase de montage de vos films ?

C'est compliqué. J'ai ramené presque 300 heures d'image de mon séjour ! Sachant que les deux caméras tournent en simultané, ça fait environ 200 heures d'images pour un film d'une heure et demi ! Ca fait qu'il y a un énorme travail de sélection à effectuer. Pour le montage, je tenais vraiment à ce que le film soit le plus représentatif de ce que j'avais vécu. J'avais plusieurs scènes vraiment fortes, qui fonctionnaient très bien, mais qui auraient été "too much" dans le film. Par exemple, j'avais filmé une séquence de beuverie qui dégénérait. Prise toute seule, elle était très bien, mais à l'intérieur de l'histoire, c'était beaucoup moins évident. Je ne voulais pas tomber dans le racolage facile en alignant les séquences extrêmes. Peut-être que le film aurait été plus "impressionnant" à regarder, mais il n'aurait pas refléter la réalité. Ce que j'ai appris sur le montage, c'est que c'est une étape très puissante qui peut totalement changer l'orientation de ta démarche si tu ne t'y prends pas bien. Avec les images, on peut tout dire et son contraire, rien qu'en changeant le montage ! Je sais qu'il y a 8 ans, j'avais une émission où, cette fois encore, j'avais un peu bu. Et j'ai insisté pour qu'on enlève certaines images du montage, car j'avais un regard tellement vitreux que ca cassait tout l'humour de la scène. Si t'es pété et que tu fais rire, c'est top ! Si t'es tout nauséeux, c'est pas la même histoire...

 

Avec votre émission vous avez un peu fait le tour de la planète. Y a-t-il encore des endroits où vous aimeriez aller ?

Maintenant je ne vais plus que dans des pays que je n'ai jamais visités. Là par exemple je reviens d'Iran, qui est vraiment un pays pas facile. Pas facile politiquement, ni policièrement, ni dans la langue, ni dans les habitudes, car c'est très mal vu d'inviter des étranger à dormir là-bas. Ensuite je compte aller en Indonésie, car c'est un endroit très varié ! Si tu vas chez les musulmans, ou à Bali faire la fête, ou chez les Papous, ça a beau être le même pays, ce n'est pas du tout la même ambiance ! Et enfin j'espère aller en Nouvelle-Zélande, car c'est très loin et qu'on en entend jamais parler !

 

Il y a eu le Seigneur des Anneaux là-bas !

Oui, mais comme je ne suis pas trop attiré par les paysages, je m'en fiche un peu ! (rires)

 

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