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Eric Judor : "Il y a un problème de timing entre le public et moi" interview Roulez Jeunesse

Eric Judor est à l'affiche de Roulez Jeunesse de Julien Guetta. L'acteur scénariste réalisateur de Platane excelle dans son rôle de quarantenaire sans ambition vivant au crochet de sa mère et se révèle incroyablement touchant dans ce premier film entre drame et comédie sociale.

 

FilmsActu a eu l'occasion de discuter avec lui. On a évoqué Roulez Jeunesse, son rôle de comédien, Ramzy, Problemos, le futur de la comédie gogol en France...

 

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Roulez Jeunesse semble vraiment te tenir à coeur. On te retrouve dans un rôle très différent de tes personnages habituels de "gogols" comme tu aimes les appeler ?
Eric Judor : Carrément. Il n'y a plus rien de gogol du tout même. Il y a des scènes comiques au début du film mais les situations sont toujours réalistes. Dans ma carrière, j’essaie d’aller vers plus de réalisme. Avec Platane par exemple, je mets en scène ma fausse vraie vie. Mais j’ai envie d’être le moins abstrait possible. Avec Roulez Jeunesse, c’est encore une autre corde comique que je tente de faire vibrer. Celle de la comédie dramatique. Comme dans la vraie vie, il y a des jours très heureux, des moments de grâce où l’on est tous en famille ou avec des potes, et d’autres moments plus tragiques. Tout cela fait parti de la même vie. La chance que j’ai eu, cela été de tomber sur un scénario qui regroupait toutes ces émotions d’une manière vraiment juste.

Est-ce dur de doser dans le registre comique quand on a l’habitude d’aller à fond ?
Au début, j’en faisais des caisses. Julien (Guetta le réalisateur) n’arrêtait pas de me dire de freiner. Pendant plusieurs jours, il m’a forcé à gommer des choses et j’ai finalement compris comment il percevait Alex (son personnage dans le film -ndr) . J’ai appris à jouer différemment pour ce film. Je ne m’étais jamais livré comme cela sur un plateau...

 

Contrairement à Ramzy qui s’est essayé à plusieurs reprises à des rôles plus dramatiques…
Oui et cela lui va bien. Il s’en sort vraiment bien.

 

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Qu’est ce qui a été le plus difficile pour toi à casser cette image de rigolo ?
Je suis pudique. Ce n’est pas un hasard que je sois devenu humoriste. Je n’aime pas montrer ce que je ressens. Je compense par le rire. Certains scènes de Roulez Jeunesse ont été très difficiles à tourner pour moi. Notamment la scène finale qui est très émotionnelle. J’étais effondré. Il m’a fallu 24 heures pour m’en remettre. Je ne sais pas comment les acteurs font mais j’étais tellement dedans, que je l’ai vécu à fond.

Travailler avec les enfants est-il si difficile qu’on le dit ?
C’est moins dur que de travailler avec Razsy (rires). Il est plus chien fou que les trois enfants et le chien du film réunis ! Ilan, le petit garçon, me faisait d’ailleurs penser à Ramzy jeune. Il a une vraie énergie !

Tu as souvent été très critique envers les comédies mainstreams françaises ?
J’en ai fait moi-même des comédies mainstream classiques, lourdes, indigestes, grossières, surlignées. Je suis passé par là. Mais dans mon évolution aujourd’hui, après 20 ans de vannes, j’aspire en tant que réalisateur et auteur et acteur principal d’un film à des choses qui racontent un peu plus la vraie vie.

 


As-tu un film culte que tu regardes tous les ans ?
Non, je n’ai pas de film culte. Il y a des films qui m’ont marqué dans mon adolescence, comme Retour vers le futur, Scarface, Dumb and Dumber, les comédies des Marx Brothers. La série The Office de Ricky Gervais m’a marqué mais alors très profondément à tel point que j’ai voulu reprendre ce courant, Larry David me fait hurler de rire. Mais il n’y a pas un film qui m’obsède. Quoique tous les hivers, je regarde le Grinch avec Jim Carrey. C’est un peu nul mais j’adore ce film. C’est un conte plein de couleurs.

Cela te fait plaisir de voir qu’Au Poste fonctionne au cinéma ?

C’est formidable. On s’envoie des petits messages avec Quentin (Dupieux, réalisateur). On hallucine sur les chiffres qu’il fait aujourd’hui. C’est génial que ce genre de cinéma fasse des entrées et même plus que d’autres comédies un peu putassières.

Problemos a peu marché en salles…
C’est le moins que l’on puisse dire (rires).

Mais il semble être redécouvert en VOD.
C’est le drame de ma vie. Depuis bien longtemps, je fais des choses qui sont vues que un an, deux ans ou même trois ans après. Il y a un problème de timing entre moi et le public. Avec Ramzy, on a fait Seuls Two en 2008. On m’en a parlé cinq après. En 2013 avec Ramzy, on nous a dit "il est génial ce nouveau film où tout le monde disparait dans Paris." Pas de bol, c’est sorti cinq ans avant. Platane, je l’ai fait en 2010, et on ne m’en a jamais autant parlé qu’aujourd’hui. Problemos, c’est sorti l’année dernière. Il est en VOD depuis un mois ou deux, et on ne m’en a jamais autant parlé que maintenant. J’ai un vrai problème de timing. Ou de montre. Tu vas voir, Roulez Jeunesse va faire 100 000 entrées et dans un an, on va me dire "mais il est super ton nouveau film" (rires).

 

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Penses-tu que ce genre de comédie décalée comme Problemos a plus un avenir en streaming désormais qu’au cinéma ?
Je suis ravi que les gens voient enfin Problemos, cela veut dire qu’il y a un public. Mais le temps qu’ils le trouvent, tu souffres un peu (rires). Pendant un moment tu te demandes mais pourquoi est-ce personne ne l’aime mon film ! Au final, il le trouve.

Te parle-t-on aussi d’une Tour Montparnasse Infernale 3 ?
Oui mais essentiellement les journalistes. Le public lui n’en a rien à foutre de la Tour de contrôle. Mais pire que ça ! Les gens me crachent dessus. Ils ont détesté ce film. Le grand public me parle de la Tour de contrôle comme on me parlait de Platane. "Mais c’est nul par rapport à H. H c’était génial, vous faisiez les cons, tu disais j’hallucine et tu faisais semblant de parler anglais". J’adore cette période mais Platane propose autre chose. Et la série est aimée par un autre type de public. Au même titre que la Tour 2 plaît à un autre public, beaucoup moins nombreux certes, que la Tour 1. Mais c’est la vie…  

Tu sembles avoir perdu du poids depuis le tournage de Roulez Jeunesse. C’était calculé que tu aies quelques kilos de plus pour le rôle d’Alex ?
Mais alors pas du tout (rires). Sympa le mec ! Non j’étais comme ça au moment du tournage. Mais depuis 6 mois, je me suis remis au sport. N’empêche que maintenant je devrais dire que c’était pour le film. Ca fait actor’s studio (rires).

 

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Par Olivier Portnoi Réagir


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