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On a rencontré Henry "Fonzie" Winkler gagnant des Emmy Awards 2018 pour Barry

Henry Winkler vient d'obtenir le premier Emmy Awards de sa carrière pour son second rôle dans la série HBO Barry de Bill Hader. FilmsActu a eu l'occasion de rencontrer l'ex Fonzie de Happy Days en avril dernier à Los Angeles.
 
Revoici notre interview avec cette incroyable acteur de 72 ans toujours aussi pétillant et enthousiaste qu'à ces débuts. Bravo Henry !!!! Toutes nos félicitations.
 
Barry
(Henry "Fonzie" Winkler et Ron "Richie Cunningham" Howard" aux Emmy Awards 2018)
 
Si tout le monde se souvient d'Henry Winkler en tant qu'Arthur Fonzie Fonzarelli, le "king of cool" dans Happy Days qui séduit les filles d'un regard et résout tous les problèmes d'un claquement de doigts, peu savent que la carrière de l'américain ne s'est pas arrêtée avec le dernier épisode de la série culte des seventies. Loin de là.

Barry

Malin, Henry Winkler profite du boom de la production télévisuelle dans les années 80 afin de devenir producteur et réalisateur. A son actif, les séries MacGyver (il est aussi associé au remake) et Aux frontières de l'étrange.

Dans les années 90, il décide de retourner à ses premiers amours, la comédie. Après une apparition dans Waterboy avec Adam Sandler, on le retrouve en proviseur dans Scream. Il participe ensuite à 26 épisodes d'Arrested Development, 25 épisodes de Royal Pains, à Parks and Recreation ou encore à New Girl avec Zooey Deschanel.

Barry

Mais 2018 marque une nouvelle étape dans la carrière de l'américain de 72 ans avec le rôle de Gene Cousineau pour la série HBO Barry (diffusée en France sur OCS) créée par Bill Hader ( Saturday Night Live) et Alec Berg (Seinfeld, Curb Your Enthousiasm). C'est à cette occasion que FilmsActu a eu la chance de le rencontrer à Los Angeles.

Le pitch de Barry : Barry est un tueur à gages doué mais asocial. Fatigué à l'idée de tuer des gens, il décide de s'installer à Los Angeles et de devenir comédien. Petit souci, aussi doué soit-il dans l'art du meurtre, il est complètement nul question comédie.

Barry(Henry Winkler et Bill Hader (c) HBO).

"A mon âge, je me retrouve qu’avec des propositions de vieux flics poussés à la retraite. Barry, c’était comme de lire du velours. C’était… dingue."


Comment décririez-vous Barry ?
Henry Winkler : C’est une comédie noire avec un peu de romance. Il y a deux versants à Barry. D’un côté il est un tueur à gages doué, ce qu’il finit par détester, et de l’autre, il rêve de devenir acteur. Mais il est très mauvais comédien.

Quelle a été votre réaction à la découverte du script ?

Tous les ans, 3000 idées sont proposées aux chaînes de télé et 300 scripts sont écrits pour la saison des pilotes. Parmi ceux-là, seulement 10 ou 30 comédies ou drames par chaîne finissent réellement à l’antenne. Quand vous êtes acteur, vous lisez beaucoup. Et mon coeur saigne. A mon âge, je me retrouve qu’avec des propositions de vieux flics poussés à la retraite. Barry, c’était comme de lire du velours. C’était… dingue. Plein d’émotions. Que j’ai le rôle a fait beaucoup de jaloux.


 

"Il peut s'écouler un laps de temps énorme entre l’audition et l'annonce que vous êtes pris. A tel point que l’on a le sentiment d’être tombé dans un puis sans fond."


J’ai cru comprendre que vous avez auditionné de manière traditionnelle pour ce rôle ?
Oui c’est vrai.

Néanmoins, les gens savent qui vous êtes et vous avez cette aura culte grâce à Fonzie et Happy Days.
Je ne pense pas à ce statut "de légende". J’ai 72 ans, j’ai rêvé de faire ce que je fais depuis mes 7 ans. Et incroyable mais vrai, je le fais encore avec autant de plaisir. Il y a beaucoup d’acteurs qui disent "c’est bon, on connait mon travail. On m’a vu dans des films ou séries". Mais souvent, ils ne décrochent pas les rôles. Aller à une audition est difficile, c'est vrai. Il faut encaisser au niveau de l’amour propre puis supporter le regard des autres acteurs qui attendent avec vous et qui se demandent  "mais pourquoi est-il ici lui ?". Comme eux, je vais aux auditions pour décrocher du travail. Je suis allé à celle de Barry, j’ai rencontré Bill (Hader) et dès le premier contact avec lui, je me suis senti à l’aise. Je lisais mes lignes avec la casting director et je voyais Bill rire du coin de l’oeil.

Mais comme pour toutes les auditions, vous dites merci une fois votre prestation finie puis vous rentrez chez et vous attendez. Longtemps. Et vous n’avez aucune nouvelle. Pendant longtemps. Très longtemps. Il peut s'écouler un laps de temps énorme entre l’audition et l'annonce que vous êtes pris. A tel point que l’on a le sentiment d’être tombé dans un puis sans fond. Que plus personne n’a idée que vous existez. Puis, un jour Bill m’appelle pour me dire "J’ai écrit deux scènes hier soir. Cela te dit de venir les essayer ?". Là j’angoisse. Je me dis c’est un autre test et peut-être que je ne serai pas aussi bon que pendant la première audition. Je n’ai pas envie d’y aller mais je lui réponds de manière super hypocrite: "Mais bien sûr. J’adorerai lire ces scènes" (rires). Je suis parti du principe que je ne dirais rien que la vérité dans cet interview (rires).

Vous avez révisé vos dialogues avec votre fils…
Oui. Max. Il a 34 ans. A 10 ans, il nous a annoncé qu’il voulait être réalisateur. Son nouveau film est paru avec Zoey Deutch et Kathryn Hahn. Il s’appelle Flower. Et ma série est sur HBO. Quel mois de fou pour les Winkler (rires). Il ne faut pas hésiter à m’arrêter si je vous ennuie, je peux parler longtemps (rires).

Non pas de soucis. Continuez…
Donc Max m’a dirigé avant la première audition. Et il n’a pas été tendre. "Papa, ralentis. Il y a une ponctuation. Papa, répète ce qui est écrit. Papa, respecte le scénariste. Papa, on reprend". "Non Max, ca va". "Si papa, on recommence". La seconde fois, il m’a fait répéter mais par téléphone. Il m’a vraiment fait chier mais j’ai eu le rôle. C’est une belle histoire non ?


Barry

"Tous les acteurs ne sont pas égaux en terme de talent. Quelqu’un comme Ryan Gosling a un don inné pour la comédie. Anthony Hopkins aussi. Moi j'ai dû énormément travailler."


Le processus des auditions est partie prenante de la série. Qu’avez-vous apporté de votre propre expérience dans ce rôle de prof de théâtre mais acteur raté ?
Honnêtement quand vous êtes acteur, vous réutilisez toutes vos expériences. Quelles soient professionnelles ou personnelles. Chacun de mes profs se retrouve dans ce rôle de Gene. Ainsi que les profs dont j’ai entendu parlé. Par exemple, il y a un prof très célèbre à Los Angeles qui forçait  ses élèves à lui acheter ses tableaux alors qu’ils ne gagnaient pas un rond.

Il y a une scène marquante où vous brisez psychologiquement une de vos élèves face à la classe afin de lui soutirer une performance.
Bill et Alec ont assisté à un cours quand ils réfléchissaient à leur scénario où il s’est passé la même chose. On entend toujours que c’est pour le bien de l’art. Mais la vérité c’est que le "bourreau" se sent sûrement puissant avec ce pouvoir de rabaisser à ce point quelqu’un d’autre. Je crois que l’on peut créer de l’art sans cette attitude sadique. Je n’ai jamais eu à rabaisser les autres. Sauf une fois lors d'une master class. J'ai balancé à une fille : "tu dois te lâcher maintenant, t’investir totalement sinon demain tu retournes vendre des chaussures". Il faut savoir se mettre en danger en étant un acteur. Et oser.

Vous avez souvent peur en tant qu’acteur ?
Tout le temps. Je ne sais pas si c’est parce que je suis un vieux juif court sur pattes et que la panique au quotidien est dans mon ADN (rires)… Mais avec les années, j’ai compris que l'anxiété anticipatoire est pire que la peur quand vous tournez. J’ai su affronter mes peurs. Je suis dyslexique. Je suis incapable de lire à voix haute un texte. Et pourtant, je me suis lancé le défi de faire du théâtre. J’ai travaillé, travaillé et travaillé pour y arriver. Tous les acteurs ne sont pas égaux en terme de talent. Quelqu’un comme Ryan Gosling a un don inné pour la comédie. Anthony Hopkins aussi. lls sont phénoménaux. Jack Nicholson est comme eux. Jamais ces types ne jouent faux. Leur compréhension de ce métier va au-delà de ce que les êtres humains normaux peuvent comprendre. Je ne me mettrais pas dans cette catégorie. J’ai dû travailler très dur pour arriver jusqu’ici et être encore là à mon âge dans une série sur HBO.

Barry(photo twitter Henry Winkler)

Enfant, vous saviez déjà ce que vous vouliez faire ?
J’en rêvais au lit, j’en rêvais éveillé. Je rêvais de raconter des histoires, de pouvoir en vivre, de faire des cascades. Je n’avais pas de plan B dans ma vie. Mon père voulait que je reprenne le business familial. Il importait et exportait du bois. "Pourquoi crois-tu que j’ai transféré mon business de l’Allemagne aux Etats-Unis ?" me disait-il avec son accent juif allemand. "Parce que les nazis t’ont chassé ? Y a t-il une autre raison ?" je lui répondais ce qui le rendait dingue (rires). Mais je n’arrivais pas à penser à autre chose que la comédie.

L'expression américaine Jump The Shark (perdre toute crédibilité, faire n'importe quoi) est liée à vous pour l’éternité grâce à Fonzie ?
Oui. Dans épisode de Happy Days, Fonzie saute réellement au dessus d'un requin en ski nautique (Jump the shark est une expression utilisée pour désigner une émission ou une série sur le déclin. L'épisode "Jumping The Shark" diffusé en 1977 est devenu l'exemple de la série qui devient « n'importe quoi » à force de durer trop longtemps. - ndr). Le Fonz' jump the shark dans Happy Days. Dans Arrested Developpment, je jump the shark aussi. Je suis le seul acteur au monde qui ait sauté deux fois de suite au dessus d'un requin. Pendant longtemps ma photo était toujours associée à cette nouvelle expression. On me voyait sur des skis nautiques et j’avais vraiment de superbes jambes à l’époque. Mais cet épisode a beau avoir été moqué, il est resté ultra populaire pendant des années auprès du public.



Quel est votre souvenir le plus dingue avec Happy Days ?
J’ai rencontré un des Beatles. Un jour John Lennon est passé sur le tournage avec son fils Julian. Il était vraiment timide. J’avais envie de lui parler mais je n’avais aucune idée de la manière de m’y prendre. Imagine venait de sortir et je lui ai parlé de la chanson Mother avec son cri primal. Là il s’est ouvert et nous avons eu une formidable discussion.

Avez-vous rencontré les autres Beatles ?
Jamais George malheureusement. Mais Paul oui. A New York. J’étais avec ma femme dans une rue et là on croise Paul McCartney qui me dit "The Fonz ?".  J’en étais bouche bée. Il m’a donné son numéro. Je l’ai appelé mais il n’a jamais répondu (rires).

Barry(Henry Winkler sur le tournage de Happy Days avec John Lennon et son fils Julian)

Barry(souvenir de notre rencontre avec Henry Winkler)



Barry



Par Olivier Portnoi Réagir


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