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Test Blu-ray : Le Cercle rouge

Test Blu-ray du film Le Cercle rouge "Layamuni le solitaire dit Sidartagantama le sage dit le Bouddah se saisit d'un morceau de craie rouge, traça un cercle et dit : Quand les hommes, même s'ils s'ignorent, doivent se retrouver un jour, tout peut arriver à chacun d'entre eux, et ils peuvent suivre des chemins divergents ; au jour dit, inéxorablement, ils seront réunis dans le cercle rouge". Rama Krishna. Ainsi s'ouvre le film de Jean-Pierre Melville dont l'édition HD se révèle de toute beauté.
Retrouvez notre test Blu-ray sans plus attendre.

Sortie Blu-ray : 14 septembre 2010

Test Blu-ray du film Test Blu-ray du film Le Cercle rouge



Par Sabrina Piazzi Réagir


Image : 8/20

Ce master HD respecte les volontés artistiques de Jean-Pierre Melville et de son fidèle chef opérateur Henri Decaë, à savoir une utilisation constante de couleurs froides, où les gris-bleutés renvoient à un voeu cher au réalisateur, mettre en scène un film en couleurs en N & B. Si la toute première scène s'annonce fortement granuleuse, l'image devient d'un coup beaucoup plus douce et les noirs se révèlent assez concis même s'ils tendent à deux ou trois reprises sur le vert. Le film ayant été tourné en plein hiver, le directeur de la photographie capture le blanc vif du ciel sans nuage et de la neige magistralement retranscris ici tandis que la stabilité n'est jamais prise en défaut. StudioCanal a vraisemblablement repris les éléments de l'édition Criterion (datant déjà de 2003), dont le matériel source avait déjà subi un lifting de luxe faisant disparaître les multiples éraflures et points noirs qui émaillaient alors l'écran, et corrige ici le problème constaté à l'époque du point de vue de l'étalonnage mettant en avant une palette colorimétrique beaucoup trop chaleureuse et dénaturant l'oeuvre originale. Cette optimisation de la définition permet de se rendre compte de l'omniprésence de la couleur bleue apparaissant sur presque toutes les séquences par les costumes et les éléments du décor. D'une richesse et d'une propreté immaculée où les textures ressortent comme rarement pour un film de cette époque (voir la scène du night-club), le master manque certes quelques fois de piqué (le film a tout de même 40 ans) et le grain réapparait lors de la séquence finale (très sombre), mais il s'agit à ce jour ni plus ni moins de la meilleure édition du film, toutes zones confondues.

 

Retrouvez nos captures Blu-Ray en Full HD (1080p) :

 

Le Cercle rougeLe Cercle rougeLe Cercle rougeLe Cercle rougeLe Cercle rougeLe Cercle rougeLe Cercle rouge

Le Cercle rouge

 

 


Son : 8/20

Le Cercle rouge est proposé dans une version française DTS HD Master Audio 1.0 limpide, nullement parasitée par un souffle ou craquements divers, tout en proposant quelques effets bien sentis (comme le claquement des coups de feu) laissant souvent la place à quelques plages de silence olympien ou d'autres ambiances naturelles. Notons qu'une piste allemande est également de la partie et s'avère aussi fluide que son homologue française, bien que les dialogues soient un peu plus couverts.

 

Le Cercle rouge


Bonus : 9/20

Présentation par Ginette Vincendeau (21min30)

Visiblement réalisé pour le compte de la BFI (le British Film Institute), cet entretien en anglais analyse profondément les thématiques récurrentes dans l'oeuvre de Jean-Pierre Melville. Il n'est pas étonnant que notre interlocutrice Ginette Vincendeau, enseignante de cinéma au prestigieux King's College de Londres, connaisse le cinéaste français sur le bout des doigts puisqu'elle lui a consacré un ouvrage intitulé "Jean-Pierre Melville, an american in Paris", disponible aux éditions de la BFI, uniquement en langue anglaise. Les influences du cinéma américain dans les films du réalisateur du Cercle rouge sont ici abondamment marquées tout comme les archétypes chers au cinéaste caractérisés par les costumes devenus emblématiques. Cette présentation s'avère richement illustrée, passionnante et en apprendra longuement à celles et ceux qui voulaient en savoir plus sur Jean-Pierre Melville, l'homme (complexe, angoissé) et le cinéaste (perfectionniste voire tyrannique), dont la carrière s'est étendue de 1947 avec Le Silence de la mer, jusqu'à Un flic, son dernier film réalisé en 1971.

 

Le Cercle rouge

 

Sous le nom de Melville (76 mn)

Le module le plus lourd de cette interactivité condense en 1h16 toute l'histoire personnelle et cinématographique de Jean-Pierre Melville, même si ce dernier point est étonnamment plus effacé. En effet, une large place est prise par l'évocation de la vie personnelle du cinéaste avant, pendant et durant l'après-guerre, à l'époque où il s'appelait encore Jean-Pierre Grumbach, le pseudonyme "Melville" ayant été emprunté à l'un de ses écrivains préférés, Herman Melville. Ne manquez pas ce documentaire, le premier consacré à Jean-Pierre Melville depuis sa mort, qui dissèque surtout l'impact qu'a eu la guerre et son enrôlement dans la résistance, sur l'ensemble de son oeuvre. Quelques amis et adulateurs viennent parler de l'homme et de ses films : Johnnie To, Masahiro Kobayashi, Philippe Labro (présent aux côtés de Jean-Pierre Melville lors de sa mort), Rui Nogueira (voir plus loin dans l'interactivité), André S. Labarthe, Volker Schlöndorff, Bertrand Tavernier (attaché de presse sur Le Deuxième souffle), l'ami et secrétaire personnel du cinéaste ainsi que son neveu. Le réalisateur apparaît également via des images d'archives d'excellentes qualité, tout comme sa propre voix qui commente quelques épisodes de sa vie mis en images avec des photos et documents personnels. Les thématiques, les costumes, les attitudes, tout est ici finement analysé.

 

Le Cercle rouge

 

Interview de Bernard Stora (30min12)

Réalisateur et scénariste, Bernard Stora a longtemps été assistant des plus grands metteurs en scène français comme Henri Verneuil (Le Clan des siciliens, Le Casse) et bien sur de Jean-Pierre Melville sur Le Cercle rouge. Autant dire que les anecdotes liées à la production et au tournage du film qui nous intéresse ici sont non seulement nombreuses mais aussi et surtout passionnantes. Il se souvient dans une première partie de sa rencontre avec le réalisateur en 1969, du travail de Jean-Pierre Melville sur le scénario du Cercle rouge, de l'amour qu'il portait pour le cinéma américain et des Etats-Unis en général. Bernard Stora évoque "un réalisateur dont la phase du tournage du film l'ennuyait, qui ne prenait véritablement de plaisir à faire des films qu'au montage", "un homme de la nuit qui aimait épater la galerie avec sa grosse voiture américaine et qui pouvait se montrer agressif tout en étant passionnant". La complexité de l'homme est donc passée au peigne fin par celui qui fut son assistant et qui n'a rien oublié de la façon de faire du maître. Dans une seconde partie, le casting du film est abordé avec notamment le souvenir de la transformation physique de Bourvil (le rôle ayant été refusé par Lino Ventura), que Jean-Pierre Melville a emmené chez un des plus grands tailleurs de Paris pour s'y faire confectionner des costumes l'éloignant de sa silhouette habituelle. Egalement, le réalisateur a insisté pour lui faire porter un chapeau et un toupet, tout en demandant au comédien d'adopter une diction différente, plus contractée et nerveuse. Bernard Stora clôt cet entretien en se penchant sur les relations houleuses qu'entretenaient le cinéaste avec l'acteur Gian Maria Volonté, qui se détestaient cordialement. Ne loupez pas ce module réalisé en 2003 pour l'édition Criterion du Cercle rouge.

 

Le Cercle rouge


Interview de José Giovanni (14min37)

Est-il utilise de présenter José Giovanni ? Ecrivain, scénariste, dialoguiste et réalisateur français, ancien repris de justice qui a puisé dans son expérience carcérale (il a même été condamné à mort en 1948 avant de voir sa peine commuée en travaux forcés) pour livrer quelques unes des plus grandes histoires policières du cinéma français, José Giovanni est à l'origine de films tels que Classe tous risques, Les Grandes gueules et Le Deuxième souffle dont le roman a été adapté par Jean-Pierre Melville en 1966. Enregistré en 2003 avant la mort de José Giovanni (en 2004), cet entretien détonne littéralement des habituels passages de pommade puisque notre interlocuteur déconstruit en quelque sorte le mythe Melville. Avec un rare franc-parler, José Giovanni parle d'un "personnage abject et insensible, mégalomane, faible et égoïste, qui n'a jamais été heureux dans la vie et qui l'était trop de l'échec des autres". Une fois de plus, l'amour du cinéaste français pour l'Amérique y est encore une fois abordée mais de manière plus virulente puisque José Giovanni dit de lui qu' "il n'avait pas d'imagination mais du goût pour piquer les bonnes idées qui lui plaisaient. Jean-Pierre Melville était un bon réalisateur mais un vrai clown, sans coeur, et cela devenait étonnamment la plus grande qualité de son cinéma". Vous l'aurez compris, ce portrait peu flatteur remet certaines pendules à l'heure.

Le Cercle rouge

Interview de Rui Nogueira (26min12)

Auteur en 1970 d'un ouvrage intitulé "Le cinéma selon Jean-Pierre Melville", réédité par Les Cahiers du cinéma en 1996, Rui Nogueira décrit sa rencontre qui a en réalité découlée d'un projet avorté d'entretiens réalisés avec François Truffaut pour la réalisation d'un livre. Cet entretien produit pour la collection Criterion a été mené par Robert Fischer (dont nous avions déjà parlé lors de la sortie du coffret Allan Dwan chez Carlotta) en 2003. S'éloignant considérablement de l'entretien précédent, Rui Nogueira dresse un portrait subjectif de Jean-Pierre Melville et se penche une fois de plus sur le film qui nous intéresse évidemment ici, Le Cercle rouge. D'inévitables redondances sont ici constatées avec les segments précédents mais d'autres souvenirs inédits du tournage, notre interlocuteur ayant été invité sur le plateau, font également l'intérêt de cette interview. Vous y apprendrez entre autre que le casting initialement prévu par Jean-Pierre Melville se composait de Lino Ventura, Paul Meurisse et Jean-Paul Belmondo, respectivement remplacés par Lino Ventura (avec qui le cinéaste s'était fâché sur le tournage du Deuxième souffle), Yves Montand et Gian Maria Volonté.

 

Le Cercle rouge


L'interactivité se clôt sur la bande-annonce (1min54). Vous retrouverez également un petit livret comprenant quelques propos de Jean-Pierre Melville tirés d’une interview datant d’avril 1972 alors qu’il réalisait le montage de son dernier film Un flic.

L'édition Criterion proposait en plus un documentaire exceptionnel réalisé durant le tournage du film composé d'interviews des comédiens, excepté Gian Maria Volonté, qui comme nous l'avons indiqué précédemment ne s'entendait pas avec Jean-Pierre Melville et s'isolait dans son coin.

 

 


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Le Cercle rouge
Le Cercle rouge
Sortie : 14 Septembre 2010
Éditeur : Studio Canal Video

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