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127 Heures

Notre avis
9 10

S'il n'en n'est plus à son coup d'essai, Danny Boyle signe une fois encore un coup de maître en proposant avec 127 heures un survival tendant plus vers l'illustration d'une philosophie de vie qu'un thriller pur et dur. Un peu bouddhiste sur les bords et bourré d'idées visuelles insensées, son nouveau film tend à l'illustration spirituelle contemporaine en démontrant que l'on peut coupler l'énergie graphique et la sérénité d'un propos sans qu'ils se perturbent mutuellement. Ça tient du génie et c'est plutôt logique, puisque le film est génial !

Découvrez ci-dessous la critique de 127 heures...


Critique 127 heures

Critique 127 heures

 

Il est impressionnant de constater à quel point certains réalisateurs n'arrivent pas à faire retomber leur vivacité inspiratrice en enchaînant à tour de bras les succès artistiques. Ils sont d'ailleurs très rares et Danny Boyle est de ceux-là. Décidemment à l'affut du bon plan, du bon sujet, de la bonne idée et surtout de la bonne vision, le metteur en scène britannique n'a de cesse d'aller de l'avant. Et il accomplit avec 127 heures l'exploit déjà constaté sur ses œuvres précédentes. A l'instar de Slumdog Millionaire, Sunshine ou 28 jours plus tard, Boyle parvient à créer la surprise, à jouer avec les registres, qu'il réinvente presque littéralement, et nous offre une bouffée d'air particulièrement vivifiante dans son aspect formel comme dans thématiques spirituelles. On ne lui en demandait pas tant, surtout avec un point de départ comme celui de 127 heures, qui aurait pu se résumer à un autre Buried (qu'on trouve bien évidemment très bien dans son genre), tiré d'une histoire vraie de surcroît. Mais le cinéaste y a surtout vu l'opportunité d'aller un peu plus loin, pas forcément dans le suspense mais dans la manière de confronter la conscience de l'homme isolé à sa propre mort. Le désespoir et la nostalgie.

 

Critique 127 heures

 

127 heures s'inspire de l'autobiographie "Plus fort qu'un roc" dans lequel l'alpiniste Aaron Ralston raconte un impressionnant et terrifiant périple : après une chute dans une crevasse, il entraine avec lui un énorme rocher qui lui écrase la main contre une paroi, dont il devient alors prisonnier. N'ayant qu'une liberté d'action réduite, il est coupé du monde et ne doit compter que sur lui-même pour s'extirper de la situation, quitte à accomplir l'impensable. Boyle profite d'une part du double concept "thriller/histoire vraie" de son pitch pour poser une tension avec un certain brio, mais il exploite surtout toute la part de psychologie introspective que peut susciter une telle situation chez son protagoniste. Et le cinéaste ne fait pas les choses à moitié : il ne propose pas uniquement une forme de cinéma expérimental mais aborde son intrigue et sa déviance comme un pot pourri de techniques narratives, multi-conceptuelles, en jouant avec les multiples codes visuel des genres tous azimuts mais également de la publicité et la télévision, jusqu'au journal intime vidéo. Tout y passe, venant nourrir une illustration des sentiments par une imagerie moderne aux facettes disparates.

 

Critique 127 heures

Le film débute comme un spot Décathlon d'une énergie folle (rarement une introduction a autant donné la patate), soutenu par une illustration musicale, comme souvent chez le metteur en scène, très pertinente. Ensuite, selon l'humeur, le degré de folie de son héros et ses multiples prises de conscience hallucinatoires, le film s'essaye à mêler les différents tons, et le fait avec brio : le drame familial, la comédie romantique, le teen movie décomplexé, le film catastrophe fantasmagorique et même l'horreur quasi-cannibale façon Ruggero Deodato. Rien que ça ! Le tout en multipliant les idées visuelles et immersives les plus folles. Les plans hyper serrés, aux frontières de la coloscopie, y sont légion et permettent à Boyle de s'immerger pleinement dans son personnage, au sens propre comme au figuré. Quitte à parfois nous faire grincer des dents lorsque l'expérience devient physique et nous prendre par les trippes lorsque James Franco, vraiment extraordinaire de naturel et d'émotions variées, souffre, délire ou jubile.

 

Du spirituel au (bon) relent clippesque, semblant avoir saisi la meilleure façon de donner corps à la nostalgie onirique, là où dans un autre registre, un Lovely Bones, par exemple, en faisait beaucoup trop. Nous voici face à un véritable film bouddhiste qui prend vie avec l'improbable renfort de Scoubidou et Plastic Bertrand (ce n'est pas une blague) et qui fait de 127 heures le film graphique le plus riche de Danny Boyle depuis Trainspotting.

 

Article publié le 22 novembre 2010

 



Par Arnaud Mangin 16 commentaires


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Derniers commentaires
Par VonT il y a 8 an(s)

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Yop,

A contre-courant du flot de critiques hagiographiques.

Je suis un grand admirateur du travail de Boyle, vraiment. Mais pour moi 127 heures est un film "mineur" dans sa filmographie. Absences de réels enjeux, absence de scénario (l'intérêt du film ne repose que sur la mise en scène, pas sur son histoire), absences de scènes fortes (on connait déjà la fin en outre): même le moment où il se coupe le bras est finalement assez soft (je dis pas qu'il fallait faire plus gore mais dans mon imaginaire se couper un bras avec un canif élimé est encore plus douloureux). Bref, 127 heures est tout de même un bon film mais certainement pas le thriller qui tient en haleine à arracher les accoudoirs.

Je le conseille? Oui. Car il a beau être un film mineur de Boyle (je serai bien surpris que dans 30 ans 127 heures soit le premier film auquel on pense en se remémorant Boyle) mais mineur pour ce réalisateur reste largement au-dessus du lot commun.

VT

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Par Maillkeul il y a 8 an(s)
Critique juste et pertinente !
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Par anon-Folzebuth il y a 8 an(s)
Boyle est un réalisateur faisant presque un sans faute depuis "Petits meurtres entre amis" ; ce film ne fait pas exception à la règle, il est même sur le dessus du panier.
Le même sujet traité par un touriste à la réal aurait pu donner une purge d'1h30.
Rien à jeter, c'est un bon film.

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Par gavin1993 il y a 8 an(s)

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Mais quel acharnement!..

Bonjour l'orthographe et la grammaire.

Ah bon?.. Je n'ai repéré aucune faute d'orthographe, ni de grammaire! Il s'agit seulement 2 ou 3 fois de fautes de frappe, c'est tout: ça n'empeche pas de comprendre la critique!

C'est à peine maintenant que vous réalisez qu'Arnaud Mangin est un tocard qui écrit comme une m***

Je ne sais pas si c'est un tocard, mais en tout cas c'est sûr, il n'écrit pas comme une merde!

Ce n'est pas parce que vous ne comprenez pas certains mots qu'il faut croire que l'auteur les a inventés! Dans ce cas prenez un dictionnaire! La syntaxe des phrases est pour le moins respecté, il n'y a pas de problème à ce niveau-là!
Ce que l'on peut juste reprocher au critique, c'est de faire des phrases aussi longues (emboitement de subordonnés..). C'est vrai que je peux comprendre qu'en plus de cela, lire sur un ordi est assez fatiguant pour les yeux (enfin ça dépend pour qui): voilà pourquoi certains s'acharnent peut-etre sur ce critique, par simple agacement de devoir lire et (en plus!) comprendre sa critique, mais dans ce cas-là l'issue est simple: il suffit de ne pas la lire et de passer son chemin!..

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Par mo il y a 8 an(s)
jai beaucoup aimé ce film.. un grand chapeau à l'acteur qui a très bien su ns faire partager les 127heures les plus penibles de la vie de cette personne!!! a voir
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Par Mattiii il y a 8 an(s)

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ya rien d'incompréhensible, un peu de niveau de langue vous ferait pas de mal
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Par mo il y a 8 an(s)
lol apres tant de bavardages est il possible d'avoir un avis sur ce film si toutefois qqun la vu? merci :)
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Par Professeur_Geek il y a 8 an(s)
Pourquoi tant de haine ? Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je déteste les fautes d'orthographe et déteste que l'on les souligne dans les commentaires, comme si certains passaient leur vie à jouer les professeurs de français. Tant qu'elles ne me piquent pas les yeux, ni ne m'obligent à relire 50 fois la phrase pour comprendre, il n'y a pas besoin d'en faire tout un plat. Un peu comme cette expérience que tout le monde a reçu au moins une fois dans ses mails : le texte aux lettres en désordre que l'on peut lire sans mal car le cerveau se charge de remettre tout en ordre.

Cher Dolphy, si vous n'aimez pas ce site, vous n'avez qu'à le boycotter. Je conçois que l'on souhaite voir progresser qualitativement un site dont on est un fidèle, mais si vous aimiez ce site, vous devez savoir également qu'une critique infondée et violente ne peut pas être prise en compte. Vous êtes donc un troll.

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Par Neo300487 il y a 8 an(s)

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Dolphy a écrit:C'est à peine maintenant que vous réalisez qu'Arnaud Mangin est un tocard qui écrit comme une merde ? C'est pas le seul sur ce site mais lui, ses phrases sont imbitables et ses critiques ne dégagent aucune réflexion claire


Et pourtant t'es toujours là...

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Par Pistouman il y a 8 an(s)

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Si vous croyez que c'est facile d'écrire avec une main coincée sous un rocher...
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