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7h58 ce samedi-là

Le 26/09/2007 à 11:52
Par
Notre avis
8 10

Le vétéran du cinéma américain Sidney Lumet n'a pas dit son dernier mot et nous offre une belle leçon de cinéma à 83 ans.


Critique 7h58 ce samedi-là

Difficile à croire que 7h58 ce samedi-là est l'œuvre d'un octogénaire. Pourtant le film a été réalisé par l'un des derniers vétérans du cinéma américain, Sidney Lumet, 83 ans au compteur. Le réalisateur de Serpico et d'Un après midi de chien tient non seulement à confirmer qu'il est bel et bien toujours en activité et débordant d'énergie (il n'y a qu'à le voir sur un plateau ou en interview, cf notre test dvd du film), mais que l'homme suit toujours de près les évolutions technologiques liées à son métier, le cinéma. Pour preuve, Lumet a cette fois-ci choisi de tourner son film en caméra HD numérique par le biais de la caméra Genesis de Panavision. La mise en scène, tout sauf ronflante, profite de ce choix technique exclusif et actuellement en pleine expansion, apportant un rythme surprenant au film. Exclusivement tourné à New York, le récit se construit sur le procédé pas franchement neuf du flashback mais celui-ci sied parfaitement à ce drame familial de facture classique aux accents de tragédie grecque.

 

 

Critique 7h58 ce samedi-là

La première séquence s'ouvre sur une longue scène de sexe assez crue et franchement réaliste entre Philip Seymour Hoffman et Marisa Tomei. Formant un couple marié pas vraiment heureux (mais on l'apprendra plus tard), les deux tentent de remettre du piment dans leur vie. Lui, Andy Hanson, travaille à la comptabilité d'une entreprise de gestion immobilière. Son métier ne le passionne guère et il cherche depuis quelque temps à se sortir de la merde financière dans laquelle il s'est plongé (en se payant des séances d'injection de drogue notamment). Son idée : braquer la bijouterie familiale tenue par sa mère. Seulement voilà, pour l'aider dans cette machination, il ne peut être seul. Il demande par conséquent de l'aide à son frère cadet, Hank (Ethan Hawke), d'aller dérober les bijoux. Ce dernier est un pur angoissé parvenant mal à gérer les problèmes personnels qui s'accumulent : divorce, pension alimentaire à verser, querelles avec son ex-épouse et sa fille. Lorsque le cambriolage tourne mal, Hank et Andy vont tomber dans une spirale infernale irréversible et impardonnable pour leur père, (le toujours grand) Albert Finney.

 

 

Critique 7h58 ce samedi-là

 



La tragédie qui s'annonce au sein de cette famille en principe sans histoires est amenée petit à petit par le biais de ces nombreux retours en arrière (un procédé visuel pas franchement réussi et trop rudimentaire) qui nous permettent ainsi de mieux comprendre les personnages, leur caractère et l'univers dans lequel ils évoluent. Andy et Hank souffrent en fait d'une trop grande solitude et d'un besoin énorme d'amour, qu'ils reprochent au patriarche de ne leur avoir jamais transmis. Le premier se perd dans la drogue tandis que le second couche en secret avec sa belle-sœur. Ces flashbacks permettent également d'adopter plusieurs points de vue, celui de Hank, d'Andy puis de Charles, et ainsi de suite, et de justifier l'alternance d'angles de prises de vue. Sidney Lumet utilise deux caméras HD, chacune étant braquée sur l'un des deux personnages présents dans le champ de la caméra. C'est le cas pour cette longue séquence de voiture où Philip Seymour Hoffman pleure face caméra se révélant ainsi à fleur de peau aux yeux de sa femme (Marisa Tomei).

 

 

Critique 7h58 ce samedi-là
Signalons l'excellente maîtrise de la narration brouillée car basée sur la rétrospective des évènements pour mieux expliquer la catastrophe à venir, et la direction d'acteurs, impeccable, avec mention spéciale au comédien caméléon Philip Seymour Hoffman et à l'impressionnant Albert Finney. Si tout le film repose sur une tension dramatique constante, quitte à provoquer le malaise, la fin surgit de manière surprenante et glaçante et met un point final à cette tragédie familiale. A 83 ans, Sidney Lumet n'a rien perdu de son cynisme. On s'en félicitera. Que les autres cinéastes, une fois atteint son âge, en prennent de la graine.






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