Espéré et attendu, le remake de Conan est aussi craint et redouté par les fans de John Milius, de Robert E. Howard et d'heroic fantasy en général. Le choix du réalisateur cristallise à lui seul ces attentes ambiguës : on a aimé le Marcus Nispel de Massacre à la tronçonneuse presque autant qu'on a détesté celui de Vendredi 13. Ainsi, le voir s'attaquer une nouvelle fois au genre de l'action-aventure 4 ans seulement après la débâcle de Pathfinder appelait à une certaine méfiance... justifiée ? Inutile de s'appesantir sur le pourquoi du comment ('Greed is good' dirait Gordon Gekko) mais ce Conan 2011 se veut le pop-corn movie du mois qui renflouera les caisses aussi vite qu'il sera oublié. N'attendez donc plus le grand film épique qui mettra tout le monde d'accord et profitez plutôt de ce futur nommé dans la catégorie 'Meilleur Combat' des prochains MTV Movie Awards.
De ce calibrage estival la réalisation, confondant vitesse et précipitation, répond du tac-au-tac en noyant le spectateur sous un rythme effréné de cinq minutes de dialogues pour quinze minutes d'action, de la première à la dernière image. Ainsi, même si la séquence d’introduction du jeune Conan affrontant seul un groupe de barbares est chargée de vitalité, de violence et de style, cette redondance cyclique atténue sa portée de manière drastique. Sur la quantité, les scènes d’action ne font que trop rarement mouche et, à part un combat avec des êtres de sable et un monstre marin, l’ennui (voire le sommeil) guettera les moins endurcis, victimes désignées d'un scénario d'une pauvreté abyssale.
L’âge hyborien, période fictive de l’histoire de Conan créée par Robert E. Howard, a toujours su influencer l’imaginaire des lecteurs et en particulier les œuvres de l’artiste Frank Frazetta auquel ce Conan 2011 souhaitait s’imprégner. Une volonté louable sur le papier mais qu’on ne retrouve jamais vraiment à l’image. En effet, à part un rapide (mais efficace) affrontement entre notre héros et un monstre marin, le bestiaire du film de Nispel est proche du néant. Quant à l’univers, chaque environnement nous est présenté sous forme de panorama, par un plan large du lieu dans lequel va se dérouler l’action, comme une sorte d’écran de chargement d’un vieux jeu vidéo d’aventure.
Malheureusement, dans les scènes qui suivent on demeure plus ou moins cloitré dans des décors dont nous pressentons les limites. Du coup, le spectateur ne ressent à aucun moment la magnificence des lieux et, pire encore, l’univers du Cimmérien n'arrive jamais à nous faire décoller et voyager. Néanmoins, il est à noter que ce que le film perd en monstres et en 3D inutile, il le contrebalance en maquillages et costumes réussis. La preuve, Rose McGowan y est aussi méconnaissable qu'après sa toute dernière opération de chirurgie esthétique. Une consolation bien maigre certes, mais à ce niveau, presque providentielle.
Naturellement, qui dit nouveau Conan dit têtes-qui-se-tournent-avec-un-air-accusateur vers l'acteur qui a osé succéder à l'inoubliable performance d'Arnold Schwarzenegger.
Sacrilège pour beaucoup, il faut avouer que le physique de Jason Momoa rend néanmoins le personnage de Conan plus réaliste : muscles secs et traits tirés, le personnage apparaît comme sculpté dans du bois et non comme tout droit sorti d'une salle de gym, bodybuildé jusqu'aux cheveux. Pour autant, si le spectateur attend un Conan froid, brutal et puissant, autant revoir la performance de Momoa en Khal Drogo dans la série Game of Thrones. En effet, alors que dans la série l'acteur en impose en leader né, il apparaît ici sans réelle identité, ni caractère, comme vidé de toute substance et de charisme. Tout au plus aura-t-il le machisme du héros d'origine en reprenant la femme sur sa position dans la hiérarchie de l'époque (quelque part en-dessous de l'homme et des chevaux mais au-dessus des esclaves et des couverts de table).
Hélas, le reste du casting n'est pas à la fête non plus, Stephen Lang (Avatar) compose un méchant tout droit sorti d'une obscure série B avec des motivations aussi peu subtiles que celles de Minus et Cortex ou, au choix, la quasi totalité des méchants de James Bond, Saïd Taghmaoui joue un "maître des clefs" aussi inutile que celui de Matrix Reloaded et même Rachel Nichols avec son regard très 'Jodie Foster époque Taxi Driver' ne semble guère passionnée par la multitude de séquences d'action sans queues ni têtes. Au final, Conan n'est rien d'autre que ce qu'il promettait d'être, un divertissement bourrin qui plaira aux fans de films d'action burnés. Quant à ceux qui attendaient un film sombre, épique, viscéral et pessimiste, ils devront définitivement passer leur chemin devant cet ersatz luxueux du, pourtant oubliable, Roi Scorpion.
Réactions
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titof80 le Mercredi 31 Août 2011, 21h04
la version avec notre schwarzy était plutôt sympa , rares sont les remakes réussi et celui ci n'échappe pas à la règle , plus d'effets spéciaux mais ce n'est pas une réussite à mon goût , réservé aux fans de gros bras
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levieuxdragon le Dimanche 28 Août 2011, 1h25
"Pour son week-end de sortie au box-office américain, le public masculin de plus de 25 ans a fait le déplassement mais cela n'a pas suffit a empecher un des plus gros flop de l'année: 10 millions de dollars récoltés, le film ne remboursera pas son budget estimé à 90 millions.
C'est un échec pour le réalisateur Marcus Nispel qui livre un film de Fantasy plat et sans personnages forts."
En ben oui, encore un remake tristement fade à pleurer.
Etant fan de première heure des oeuvres d'Howard, même si je ne m'attendais pas au chef d'oeuvre, je suis là totalement déçu de ce petit film sans aucun intérêt si ce n'est de faire gicler du sang à tout va.
Je préfère de loin la bande annonce du jeu vidéo "CONAN" qui en seulement 5 minutes fait ressentir mille fois plus d'émotion que ce navet. Je ne parle pas des acteurs qui ne sont en rien inspirés ou renseignés de leurs personnages pourtant si haut en couleur.
Finalement , la version de BEOWULF avec des acteurs retouchés à fond mais totalement investis donnait un bien meilleur résultat.
Encore une merdouille hollywoodienne qui n'arrive pas à la voûte plantaire du premier opus de MILLIUS et je ne suis pas fan de gouvernator...
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levieuxdragon le Mercredi 17 Août 2011, 14h14
L'affiche de "Conan" est superbe !!!
Voila, c'est tout...
"Conan" fait dorénavant partie des films non pas à oublier mais à enterrer. Je suis rarement sorti d'une salle avant la fin du film mais Marcus Nispel m'a écœuré pendant prés d'une heure. J'ai fini par m'enfuir. Il n'y a rien dans ce film qui puisse monter ne serait-ce qu'un fragment d'émotion et encore moins d’adrénaline. Les séries tv actuels tels que "Spartacus" ou "Games of Thrones" sont cent mille fois plus excitants. C'est un comble de s'enfoncer dans un tel ennui, abandonnant des personnages en cours de route (Saïd Taghmaoui)ou en les regardant d'un oeil totalement vide (Stephen Lang) parcourant un scénario sans aucune inspiration.
J'attendais depuis longtemps la relève de Schwarzy, il peut dormir tranquille.
Par
Dany le Vendredi 12 Août 2011, 18h25
J'ai vu une autre critique de vos confrère sur"Excessif"elle me rassure plus.Mais bon on ne peut pas plaire a tout le monde.
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