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Interview : Alejandro Jodorowsky (L'Étrange Festival)

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010 La 17ème édition de L'Etrange Festival fut l'occasion d'une Carte Blanche accordée à Alejandro Jodorowsky, artiste complet et touche-à-tout, auteur d'une poignée d'oeuvres cultes - tant au cinéma qu'en bande-dessinée - qui auront intensément marqué au fer rouge des générations de cinéphiles et cinéastes. D'origine chilienne, Jodo débarque à Paris il y a près d'une demi-décennie afin de travailler avec le mime Marceau (il écrivait ses pantomimes). Rapidement il fonde le mouvement Panique avec Roland Topor et Fernando Arrabal afin de monter une série d'inénarrables happenings provocateurs. Puis il file au Mexique afin d'y présenter le théâtre de l'absurde de Eugène Ionesco ou encore les pièces de son compère Arrabal. Alejandro Jodorowsky réalise en 1967 son premier long-métrage, Fando et Lis, adaptation très libre de la pièce éponyme d'Arrabal. Conte sur l'amour, radicalement surréaliste, Fando et Lis expose déjà - de façon chaotique - toute la symbolique mystique de l'oeuvre à venir. Trois ans plus tard sort El Topo qui sous ses dehors de western façon spaghetti cache en vérité une quête identitaire et spirituelle d'un pistolero tout de noir vétu. Mais ce parcours initiatique n'est que le préambule à une voyage métaphysique plus maîtrisé, considéré aujourd'hui comme son chef d'oeuvre : La Montagne Sacrée. Difficile à résumer en quelques lignes, La Montagne Sacrée est avant tout un trip hallucinatoire d'extravagance et de folie où Jodo jongle de manière beaucoup plus cohérente et effective avec les symboles théologiques et liturgiques aussi bien chrétiens qu'animistes ou boudhistes. Suite à l'échec artistique de Tusk (une adaptation du roman Poo Lorn l'éléphant de Reginald Campbell) et à l'abandon de son adaptation du roman de Frank Herbert Dune, Jodo s'éloigne du septième art pour investir la bande-dessinée. Aux côté de Mœbius, avec qui il a conçu une tonne de dessins préparatoires pour Dune, Alejandro Jodorowsky créé notamment le space opera L'Incal avant d'étendre l'univers dans une poignée de séries dérivées (Megalex, La Caste des Méta-Barons...) dans lesquelles éclatent dans un imaginaire sans limite d'où déborde ses obsessions mystiques. Il mettre également en scène à la fin des années 80 Santa Sangre pour le Claudio Argento (frère de Dario Argento), un faux film d'horreur évoquant la galerie de monstres pathétiques de Freaks de Tod Browning, les pulsions chères à Freud et le baroque felliniesque.

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010
Filmsactu : Une Carte Blanche à L'Etrange Festival, le festival des curiosités visuelles et du cinéma marginal, cela vous évoque quoi ?

(rires) C'est un beau cadeau. J'ai toujours cherché dans l'expression artistique tout ce qui peut me surprendre, tout ce qui n'est pas normal et tout ce qui dégage une certaine poésie. Il est actuellement très difficile que de la poésie naisse d'un film parce qu'ils sont tous montés sur le même modèle : même photographie, même jeu des stars drogués, dégénérés et injectés au botox... Au point que cela en devienne véritablement dégoûtant. Ce n'est qu'au sein du genre horrifique et fantastique que parfois éclate de nulle part un film qui ne ressemble en rien à ce qu'on peut voir ailleurs. C'est évidement un cinéma fait avec peu de moyen, ce qui demande un grand amour pour le genre et une certaine éducation.

Vous tirez à boulets rouges sur le cinéma industrialisé. Et pourtant No Mercy que vous présentez lors de votre Carte Blanche a tout d'une machine hollywoodienne.

Je ne suis pas d'accord. Les Américains seraient incapables de réaliser une vengeance aussi atroce que celle-là. Ce que j'aime dans No Mercy, ce n'est pas tant la photographie que la perversion qui se dégage du montage. On ne se rend pas compte à la première vision à quel point le film est pervers. On y voit quand même une homme ouvrir, sans s'en rendre compte, le cadavre de sa fille. C'est atroce ! Jamais les Américains ne vont jusque là ! Le cinéma asiatique est aujourd'hui l'unique cinéma dans lequel des enfants meurent. Lorsqu'un enfant est en danger dans le cinéma américain, il trouve toujours un moyen de s'en sortir. Jamais on a le plaisir de voir mourir un enfant (rires) L'imaginaire ne doit avoir aucune limite. Qu'est que j'ai ris en lisant Les Cent Vingt Journées de Sodome ! Ce que raconte Sade est atroce mais tellement libre qu'on ne peut s'empêcher de rire. C'est le principe du surréalisme, non ?


Six films sont programmés au sein de votre Carte Blanche. Pouvez-vous nous en dire deux mots ?

Il faut impérativement découvrir Aftermath de Nacho Cerdà ! C'est l'un des films les plus atroces que j'ai pu voir dans vie de spectateur. Nacho Cerda n'a imposé aucune limite à son délire. C'est en cela que réside sa valeur. C'est un film d'un classicisme absolu : la photographie, le montage, l'interprétation du médecin légiste, tout y est parfait. Mais c'est un délire total. Je ne sais pas combien de personnes s'évanouiront dans la salle. (rires) Il faut également courir découvrir Miss Mona, un film franchouillard avec Jean Carmet, le plus français des acteurs français. Je ne sais pas par quelle magie ni par quelle folie, mais Jean Carmet y interprète un travesti à qui on coupe le pénis. Et si cela ne vous suffit pas, on y voit également un mime se prostituer et se faire sodomiser devant la caméra... Métaphoriquement bien entendu, pas comme dans un film pornographique. Mais la souffrance ne nous est pas épargnée ! C'est un film extraordinaire.

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010Aftermath

Allez-vous encore au cinéma ?

Je ne vais plus au cinéma parce que je trouve terrible de devoir subir la publicité. On paye sa place et on doit subir une demi-heure de pub et de bandes-annonce toujours plus crétines. On doit aussi subir un voisin qui mange bruyamment du pop corn, qui crie et qui parfois pue. Je préfère découvrir les films chez moi sur mon grand écran. Je peux arrêter le film, revenir en arrière, l'étudier puis reprendre. C'est à mon sens la façon la plus active de regarder un film.

C'est dommage, j'aurai bien voulu avoir votre avis sur la schématisation cartésienne des rêves dans Inception.

Je l'ai vu ! Je me suis réellement amusé devant cet idiotie. On y déploie un étalage de choses incroyables par le biais d'un soit-disant voyage dans l'inconscient. Mais c'est un inconscient minable ! A quoi bon de voyager dans tellement d'inconscients si c'est pour obtenir un film à la James Bond ?! C'est un film complètement stupide mais très amusant. Je l'ai vu il y a tout juste un mois et je ne me souviens déjà de plus rien. Un bon film, c'est un film qu'on ne peut oublier. C'est un film qui s'accroche à nous comme un tatouage. Il s'immisce à l'intérieur de nous et apporte du sens, quel qu'il soit. On compte très peu de films de cette trempe.

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010
En parlant de films inoubliables, je suppose que vous avez vu Enter the void de Gaspar Noé ?

Non je ne lai pas vu. Et pourtant, Gaspar Noé est un metteur en scène qui a beaucoup de talent. Il a du mal à trouver sa place dans le cinéma français. Au cinéma, on ne fait jamais ce qu'on veut. On va au maximum de ce qu'on peut faire. Jamais on n'arrive à faire exactement ce qu'on veut à cause des acteurs, des producteurs, des techniciens... Il faut beaucoup lutter pour parvenir à faire ce qu'on désire. C'est la raison pour laquelle d'ailleurs je n'ai réalisé que si peu de films.

Il n'y a donc aucune alternative possible au cinéma industriel ? Les caméras numériques ne trouvent-elles pas grâce à vos yeux ?

Il est effectivement possible de faire ce qu'on veut. David a gagné contre Goliath avec le peu qu'il avait : une pierre. Je pense que le futur du vrai cinéma se fera hors de l'industrie. Si je narrive pas à me mettre d'accord avec les Russes, je produirai seul mon film. Certainement avec peu de moyens. Mais je ferai exprès de perdre de l'argent. Le film sera gratuit parce que j'en ai assez que l'art actuel n'existe que pour les dollars qu'il rapporte. "Ah c'est un film formidable : il a coûté 400 millions de dollars !" et ça donne Avatar, une histoire de cowboys. "Le film a rapporté des milliers de millions de dollars : James Cameron est le roi de l"histoire du cinéma". J'en ai assez d'entendre cela. L'art, comme la psychanalyse, doit être gratuit.

A vous entendre, je comprends que vous n'avez pas aimé Avatar ?

L'unique mérite d'Avatar est que c'est un film écologique. Mis à part l'aspect écologique, c'est encore et toujours la même histoire. Avatar, c'est la fuite de la valeur réelle humaine. Le héros ne peut se réaliser comme être humain parce qu'il est infirme, alors il se réalise dans un monde d'illusion et de fantaisies. Seulement, à chaque fois qu'on se dirige vers les primitifs, on recule ! Ce sont aux primitifs de venir vers nous parce que nous avons fait un pas vers la conscience.

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010
Vous n'avez pas été impressionné par la 3D relief ?

C'est une tromperie. Les éléments traversent le cadre pour aller vers le spectateurs. Mais l'art véritable ne va pas vers le spectateur. C'est au spectateur d'aller vers l'art. L'art véritable est un appel : tu viens vers moi, tu entres en moi, tu me comprends et on fornique ensemble dans l'oeuvre. Mais jamais je ne vais dehors pour te violer et faire de toi la victime de mes images. Le relief est le comble de la prostitution.

Mais au travers d'Avatar, James Cameron propose davantage un voyage immersif dans un autre monde que des objets qui sautent à la figure.

Personnellement je préfère l'immersion dans mon monde. Une prise (pas plus) de LSD vaut mieux que la troisième dimension. La sensation d'immersion sera à mon avis valable lorsqu'on produira des images centrales. Le spectateur sera disposé autour de l'image dans une sorte d'arène.

Comme les jeux du cirque. Le cinéma du XXIème siècle serait-il en quelque sorte du jeu vidéo ?

L'intérêt du jeu vidéo est qu'il propose des embranchements interactifs que le cinéma n'offre pas. Mais aujourd'hui le jeu vidéo ne consiste qu'à se perdre dans des labyrinthes et à faire exploser toutes sortes d'ennemis. Ce qui est tout à fait logique dans notre société perdue et violente.

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010Couverture de trois tomes de La Caste des Méta-Barons

Le jeu vidéo n'est pas un média que vous souhaiteriez investir ?

J'ai tenté d'adapter La Caste des Méta-Barons. Mais le jeu vidéo, comme celui des effets spéciaux numériques au cinéma, est un monde de techniciens. Les techniciens n'ont pas bon goût, ce ne sont pas de grands artistes. Les films d'animation en 3D par exemple sont d'un goût atroce. Tout le monde n'a pas la poésie de Hayao Miyazaki. Bien qu'aujourd'hui ce soit un monde de techniciens, je ne doute pas qu'un jour un artiste parviendra à s'y exprimer.

Quelles directions devrait prendre selon vous le jeu vidéo ?

On pourrait développer des jeux sur les sept Chakra, les sept centres spirituels localisés dans le corps humain. A commencer par le premier Chakra, celui situé à la tête. Il s'agirait de le trouver, le développer jusqu'à atteindre l'illumination. Ce serait un jeu non violent qui permettrait de se découvrir soit-même. Un autre jeu permettrait de dompter nos pulsions obscures, nos traumas infantiles (les perversions polymorphes chères à Sigmund Freud) composés de désirs d'inceste, de désirs sadomasochistes, narcissistes, cannibales, etc. (rires) On ne va pas quand même continuer éternellement à faire des jeux dans lesquels on doit tuer tout le monde.

Cela me fait penser à Journey, un jeu actuellement en développement. Son créateur veut qu'en évoluant seul dans de vastes espaces désertiques le joueur éprouve un sentiment de solitude.


Au joueur de s'arrêter de marcher, de s'asseoir pour enfin se rencontrer soit-même. Alors il peut visiter sa mémoire, revenir à sa naissance, voir sa formation dans le ventre de sa mère, se défaire du cordon ombilical qui l'écrase, se bagarrer comme un bandit avec le médecin qui veut faire une césarienne à sa mère, couper la main au médecin qui effectue la césarienne pour sortir par soit-même par le vagin de sa mère. On peut tout faire ! (rires)


Qu'est-ce qui vous excite aujourd'hui dans l'art ?

Twitter ! Twitter est quelque chose formidable parce qu'il nécessite de concentrer sa pensée en 140 caractères. Mais je ne twitte pas de conneries du genre "je mange un oeuf au plat" comme le font certain. Je suis parvenu à un langage hautement riche entre poésie et philosophie. C'est triste à dire mais la poésie, c'est de la littérature qui ne se vend pas. Tout le monde en parle mais personne n'en achète. Sur twitter.com/alejodorowsky je compte à ce jour plus de 75 000 suiveurs, ce qui en fait un nouveau terrain de créativité poétique. Comme je l'ai souvent dis, je ne crois pas à la révolution politique, mais à la ré-évolution poétique. Et Internet est un des moyens pour y parvenir.

Vous avez travaillez actuellement sur une suite à El Topo. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Je vais effectivement mettre en scène Les Enfants d'El Topo. Le film sera financé par des Russes. J'ai rendez-vous dans quelques jours avec eux à New York. Ils veulent que le film soit moins violent. Mais j'ai envie d'être très violent ! Pas une violence banale mais une violence qui entre en toi et te grille le cerveau. L'art se doit d'être radical. Et puis si je n'arrive pas à les convaincre, tant pis je ne ferai pas Les Enfants d'El Topo. Je me fiche de faire un film que les autres veulent. Qu'est-ce que le bonheur : être ce que nous sommes et refuser d'être ce que les autres veulent que nous soyons. J'ai la chance de vivre de la bande-dessinée e de travailler avec des artistes formidables. Je n'éprouve aucun besoin de vivre du cinéma. Je peux très bien les envoyer se faire chier.

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010El Topo

Avant cela, vous deviez mettre en scène King Shot. Que s'est-il passé ?

C'était un film qui devait se faire hors de l'industrie. La seule concession, c'était la présence de stars. Mais des stars qui me plaisaient ! Nick Nolte, Marilyn Manson, Asia Argento, Udo Kier... Et même malgré ces noms nous n'avons pas réussit à obtenir huit millions de dollars. Ce n'est pourtant pas grand chose aujourd'hui. Mais l'industrie ne veut pas investir dans des films d'auteur. Mais il ne faut pas croire que je me plains. J'ai failli faire Dune. Cela aurait été formidable. Lorsque le projet fut abandonné, nous avons transposer en bande-dessinée ce que nous n'avons pu porter à l'écran : L'Incal, La Caste des Méta-Barons, Mégalex, Technopères... Vingt ans après la publication de L'Incal, nous avons plus de dix millions de lecteurs. Alors qu'un film est oublié six mois après sa sortie en salle. Il n'y a qu'à regarder ce qui s'est passé avec Avatar. Il a battu tous les records l'année dernière et lorsqu'il ressort avec neuf minutes additionnelles, c'est un bide. Le film était déjà oublié.

L'univers de King Shot trouvera-t-il sa place dans un prochaine bande-dessinée ?

Non. On ne peut pas transposer un art dans un autre. Ce n'est pas le script de Dune que nous avons repris pour l'univers de L'Incal, mais les images que j'avais inventé. Le cinéma n'a rien à voir avec la bande-dessinée. Au cinéma, le spectateur reste passif, il est abreuvé d'images. A l'inverse, en bande-dessinée, c'est au lecteur de reproduire dans sa tête l'action entre deux cases.

Vous étiez un temps attaché à l'adaptation cinéma de l'album Holy Wood de Marilyn Manson ?

Marilyn Manson voulait effectivement que je mette en scène le film. Il m'avait avouéêtre très influencé par La Montagne Sacrée lors de la composition de l'album. J'ai lu le scénario mais j'ai réalisé qu'il était absolument dirigé contre Hollywood. Personne n'allait lui donner 20 millions de dollars pour un film qui critiquerait Hollywood ! Marilyn Manson m'a pendant longtemps intrgué parce qu'il représentait le monstre de l'Amérique. A la suite des attentats du 11 septembre, il risquait en continuant d'incarner ce monstre d'être envoyé en prison. Il lui a donc fallu passer de la politique au sexe, un thème beaucoup moins intéressant. Je suis en tout cas très curieux par le film qu'il prépare [Phantasmagoria : The Visions of Lewis Carroll, ndlr]. Manson est très doué pour choisir les artistes avec qui il travaille son image. Peut-être verrons-nous de belles choses [le teaser est disponible ci-dessous, ndlr]. Parce qu'en s'inspirant de Lewis Caroll, on peut aussi faire des choses épouvantables comme Alice au pays des merveilles de Tim Burton. Comment Alice peut-elle conclure son voyage initiatique en devenant une commerçante impérialiste ?! C'est un film lamentable d'une très grande bêtise. André Breton, le pape du surréalisme, doit s'en retourner dans sa tombe !



J'ai entendu dire que c'est vous qui avez soufflé à Katsuhiro Otomo la fin du manga Akira ?

C'est ce qu'il dit, mais je ne m'en souviens pas (rires). Lors d'une présentation de Santa Sangre à Tokyo, on m'a proposé de déjeuner avec l'artiste de mon choix. J'ai demandé à rencontrer Otomo, ce qui les a beaucoup surpris. Notre rencontre s'est faite dans un restaurant chinois autour d'une bouteille de whisky et accompagné d'une geisha. Otomo commence à boire et bien que je ne bois jamais, je l'accompagne par politesse. Je me suis rapidement saoulé. Je me souviens uniquement, alors qu'il disait ne pas parvenir à finir Akira, d'avoir griffonné au crayon quelque chose. Mais impossible de me rappeller quoi (rires).

Vous lui avez ensuite proposé de dessiner La Guerre de Megalex. Pourquoi cela ne s'est-il au final jamais fait.

C'était une grande saga que j'avais écrite pour lui. Mais il a mis en pause sa carrière de dessinateur pour se consacrer pleinement au cinéma. Nous nous sommes alors mis d'accord sur le fait que lorsqu'il reviendrait à la bande-dessinée je lui proposerai une autre histoire. J'ai alors présenté La Guerre de Megalex à Fred Beltran, un excellent dessinateur mais qui a le défaut d'être très lent. Il met quatre à cinq années pour dessiner un album. A cause de cela, il a fallu que je raccourcisse mon énorme saga pour la conclure avec le troisième tome. La série se finit n'importe comment et j'en souffre.

Interview d'Alejandro Jodorowsky à l'occasion de L'Étrange Festival 2010
Savez-vous déjà l'idée que vous allez soumettre à Otomo pour son retour à la bande-dessinée ?

Oui, bien sûr. L'histoire commence par un homme qui dans la rue voit passer un enterrement. Il s'approche et réalise que le cadavre enfermé dans le cercueil, c'est lui. Tu aimes ? (rires)



Par Yann Rutledge Réagir


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