Prison on Fire
Le 15/01/2008 à 15:40Par Caroline Leroy
Notre avis
Film coup de poing très documenté, Prison on Fire dresse un état des lieux saisissant de l'univers carcéral hongkongais des années 80. Porté par un Chow Yun-Fat flamboyant, ce film percutant et étrangement émouvant s'appuie sur un scénario très solide et sur la mise en scène efficace et inspirée de Ringo Lam, l'un des plus grands réalisateurs de l'ex-colonie.

Avec très peu de musique et sans céder à la tentation du romantisme facile, il s'attache à décrire, outre la monotonie du quotidien, l'équilibre fragile des rapports de force qui régissent cet univers clos, et qui s'avèrent bien moins simples qu'il n'y paraît, les plus vulnérables n'étant pas forcément ceux que l'on croit. Ces rapports de force concernent bien entendu les prisonniers entre eux, mais aussi les prisonniers et leurs gardiens, parmi lesquels se trouve le très zélé Hung dit "Le Tueur", interprété par un jeune Roy Cheung tout à fait glaçant. Comme toujours avec Ringo Lam, l'efficacité de la mise en scène (voir pour exemple la scène de bagarre générale dans la cour au début du film, filmée avec un sens incroyable du mouvement) sert une psychologie soignée des personnages. Non pas que ceux-ci soient formidablement développés - on ne sait pas grand-chose de leur passé - mais la manière dont leurs réactions sont amenées est toujours crédible, alors même que celles-ci demeurent imprévisibles. Qui, de Lo ou de Ching, va craquer pour de bon le premier ? Qui, de Hung ou de Micky (Ho Ka-Hui), le bourreau de Lo, va encourir le déchaînement de violence qui s'annonce ? Le scénario de Prison on Fire est excellent en ce sens qu'il amène insidieusement la situation à dégénérer jusqu'à une explosion certes attendue, mais déroutante de par sa sauvagerie extrême. Pourtant, et c'est là la grande surprise, ce que l'on retient au final, c'est la, ou plutôt les très belles histoires d'amitié que nous raconte le réalisateur, par-delà les magouilles, les trahisons et les injustices. Du grand Ringo Lam.