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Riz Ahmed : interview de la révélation de The Night Of

Cet été, Riz Ahmed a incarné Naz, un américain d'origine paskistanaise accusé de meurtre, face à John Turturro, dans la série HBO The Night Of écrite par Steven Zaillian (La Liste de Schindler, American Gangster, Millenium version David Fincher, Gangs Of New York), qui est aussi à la réalisation, et Richard Price (The Wire).

Rencontre avec l'un des jeunes acteurs anglais les plus prometteurs de sa génération que l'on retrouvera prochainement dans Star Wars Rogue One.

Le dernier épisode de The Night Of est disponible sur OCS Go sera diffusé lundi 29 août sur OCS City à 20h40.

The Night Of

A 33 ans, Riz Ahmed affiche un parcours déjà impressionnant. Anglais d'origine pakistanaise, il fait ses débuts devant la caméra  dans le docu-fiction The Road To Guantanamo (2006) de Michael Winterbottom. On le retrouve plus tard dans Rage (2009) avec Jude Law et dans Centurion de Neil Marshall (2010) avec Michael Fassbender. La même année, il se fait un nom avec la comédie satirique Four Lions présentée à Sundance pour laquelle il campe Omar, un kamikaze un peu gauche prêt à tout pour devenir un vrai terroriste.

En 2012, il est dans l'Or Noir, la fresque de Jean-Jacques Annaud et en 2014, il donne la réplique à Jake Gyllenhaal dans le très bon Night Call. Cet été, vous avez pu le voir face à Matt Damon dans Jason Bourne et il sera au casting de Star Wars Rogue One en décembre. Outre-Manche, il a aussi une carrière de rappeur sous le nom de Riz MC.

On a eu la chance de le croiser lors de la présentation presse à Londres de The Night Of.


 

Vous avez tourné un pilote pour The Night Of il y a 4 ans qui fut interrompu par la mort de James Gandolfini. Qu'est ce que cela vous fait de voir la série enfin terminée ?

C'est une bonne sensation. J'ai commencé à être acteur en 2005. Cette série a presque duré la moitié de ma carrière d'acteur. C'est étrange d'une certaine manière. Quand je vois les images du pilote tourné il y a quatre ans, j'ai presque l'impression que c'est une autre personne. C'est un peu surréaliste. J'ai l'habitude de travailler vite de par mon expérience dans les films indépendants anglais qui se tournent en trois ou quatre semaines, cinq à six si tu as vraiment de la chance, ce qui implique que tu planifies tout très méticuleusement à l'avance car tu n'auras pas de temps sur le plateau. Tu répètes tout puis tu avances avec tes tripes. Quand tu as autant de temps que pour The Night Of, la difficulté est de ne pas trop réfléchir à ce que tu fais. Il y a des avantages mais aussi des pièges à être le même personnage pendant huit mois.

 

Qu'est ce qui a été le plus difficile pour vous sur The Night Of ?

Etre le même personnage pendant huit mois peut-être éreintant psychologiquement et émotionnellement. Autant que physiquement. Même s'il ne s'y passe pas tout le temps beaucoup de choses, c'est une série très intense. C'était un test d'endurance. Cela m'a permis d'expérimenter d'autres manières de travailler. C'était plus un marathon que le sprint des films indés auquel je me prête habituellement.

 

Quelle a été votre préparation pour ce rôle ? Avez-vous parlé à de véritables prisonniers ?

Oui. On a tourné à Riker's Island (la plus grande prison à New York) que l'on a visité. Ce qui est très rare. On a pu être témoin de la manière dont les prisonniers vivent vraiment, certains sont dans des cellules, d'autres ont juste droit à des lits de camps dans les couloirs tant il y a de monde. Les prisonniers sont mélangés selon la gravité de leur crime, leur âge, leur classe sociale. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est que la population de Riker's est essentiellement de couleur, aussi bien chez les prisonniers que chez les gardiens. J'ai passé aussi beaucoup de temps à Jackson Heights dans le Queens (où s'est tournée une partie de la série) à parler avec les gens, les interviewer, me lier avec eux. J'ai aussi travaillé dans une association pour les asiatiques du sud, je suis allé à l'université du Queens, j'ai parlé à des prisonniers libérés, des avocats… J'aime bien ce stade de la préparation. Cela m'inspire et j'utilise ce que j'entends pour travailler mon accent.

 

The Night Of

 

Adopter l'accent américain pour un acteur anglais est-il un challenge ?

Je me souviens avoir appelé Steve (Zaillan, le réalisateur) juste avant le début du tournage en panique : "Je n'arrive pas à faire cet accent. Vraiment pas. Est-ce que je pourrais avoir un coach rien que pour mon accent ?" Il m'a répondu : "non". Il n'y avait rien à dire. Et c'était la bonne décision. J'ai dû foncer et c'est venu tout seul. Bizarrement, je l'ai conservé pendant tout le tournage même en dehors des prises. Aujourd'hui, John Turturro est venu me voir en me demandant "mais qu'est ce que c'est cet accent ?". Il m'avait jamais entendu avec mon accent anglais. C'est étrange. Tu deviens ami avec des gens en parlant différemment. C'est un peu comme si tu leur mentais.

 

Comment était-ce de travailler avec James Gandolfini comparé à John Turturro ? Avez-vous collaboré avec Robert De Niro qui devait reprendre le rôle de Gandolfini à sa mort ?

Je n'ai jamais rencontré De Niro. Il a été dit qu'il pourrait reprendre le rôle au moment où le futur du projet était incertain. On ne savait pas ce qu'il allait se passer. On a eu de la chance qu'il ne puisse pas le faire pendant un certain temps. Cela a remis le projet sur les rails et les scénaristes avaient une échéance. En ce qui concerne le travail de James, il a été infime sur le tournage. Il a été impliqué dans le processus mais il n'a filmé qu'un jour ou deux. J'ai quasiment pas eu de scène avec lui. Mais le cotoyer sur le plateau était génial. C'était quelqu'un de très généreux. Tous les jours, il amenait du sushis, des gâteaux à partager. L'ouragan Sandy venait de frapper sa famille et la Nouvelle-Orléans où il habitait mais il ne plaignait pas, se déclarait chanceux par rapport à beaucoup d'autres. C'était quelqu'un de vrai. Concernant John Torturro, j'ai adoré collaborer avec lui. Sincèrement. On a formé une super équipe, on a été très complice, j'ai beaucoup appris de lui. Je veux toujours apprendre des autres. Parfois, à côté de lui, c'était comme si je ne savais pas ce que je faisais. Il a une telle aisance dans son jeu. Rien que de lui parler était fascinant. Je lui parlais de jeu d'acteur, de nos scènes. Il a une sagesse là dessus qui m'a été bénéfique. J'ai appris qu'il aimait la danse, la cuisine et les métaphores sexuelles qu'il place un peu partout (rires). Il m'a aussi appris à cuire un vrai steak (rires).

 

En tant que MC, vous partagez vos pensées avec des mots. Mais là, votre personnage de Naz est peu loquace. Il parle plus avec son regard. Etait-ce difficile de transmettre de l'émotion sans la parole ?

En tant qu'acteur, tu apprends que quand tu parviens à absorber ton environnement, tu arrives à transmettre certaines émotions même sans parole. Le plus dur a été de me plonger dans l'ambiance carcérale que je ne connaissais pas. J'ai du essayer de comprendre ce que ressentaient ces personnes emprisonnées et sorties du système. Là c'était dur. Plus que le manque de parole.

 

The Night Of


En tant qu'acteur quelle différence y a-t-il entre tourner une série HBO comme
The Night Of et des blockbusters comme Bourne ou Star Wars Rogue One ?

La grande différence est la durée du tournage. Un tournage long de huit mois comme celui de The Night Of est un challenge physique et mental. D'autant plus quand tu passes des mois à tourner dans une véritable prison. Tu as l'impression d'y être. Sinon, en tant que moyens mis en place et recherche du détail, il n'y a pas de différence. Sauf peut-être dans l'univers Star Wars qui est à part. Ils construisent vraiment des mondes différents.

 

Etiez-vous un fan de Star Wars ?

Oui mais j'étais jeune quand les premiers films sont sortis. Je me souviens avoir regardé Star Wars avec mon grand frère. Mais honnêtement, je ne comprenais rien à l'histoire. J'étais plus marqué par des images, comme celles des Ewoks, des AT-AT, de Jabba The Hutt, de Leia en bikini ou de créatures fantastiques. Etre dans ce monde aujourd'hui est à la fois surréaliste, cool et un peu effrayant. Tous ceux qui travaillent sur le film, que cela soit pour les décors, les costumes, sont des fanatiques de Star Wars. Ils rêvent de participer à cet univers depuis leur enfance. Du coup, tous les accessoires sont dingues. Certains fonctionnement vraiment avec des boutons, des lumières, des inscriptions extra-terrestres. Même les bouteilles d'eau portent des logos de l'Empire. Ils ont grandi en fantasmant sur ce monde et aujourd'hui, on leur offre les moyens et les ressources nécessaires pour donner vie à leurs idées. C'est très cool. Tu te balades sur le plateau et tu as envie de voler des tonnes de choses.

 

L'avez-vous fait ?

Surveillez e-bay et vous verrez bien (rires).


Qu'en est-il des reshoots annoncés pour cet été?

On retourne des scènes. C'est prévu dans le budget de tous les gros films. Pour Bourne, on a aussi retourné des scènes. On en a aussi retourner pour The Night Of. Je n'ai pas l'expérience des blockbusters mais ce que j'ai compris, c'est que c'est normal. Pour moi, c'est génial. A chaque fin de tournage, j'ai envie de recommencer. Les reshoots me permettent de reprendre quelques temps mon personnage.

 

The Night Of



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