Too Much Love Will Kill You...
Le 30/11/2012 à 19:25Par Camille Solal
Après un court-métrage, Tout va mieux, et un documentaire, Beirouth Kamikaze, le cinéaste franco-libanais Christophe Karabache réalise son premier long-métrage avec Too Much Love Will Kill You (rien à voir avec Queen). L'histoire de Marina, une jeune femme russe qui fuit sa vie monotone parisienne et débarque à Beyrouth, ville plongée dans le chaos et la violence, pour travailler comme danseuse dans un cabaret. Elle croise le chemin de plusieurs personnes marginales qui l’entraînent dans une dérive sans fin… Sortie en salle le 23 janvier prochain.
Too Much love will kill you
"Le film s'interroge sur l'articulation du désir avec le social, sur la dureté de l'amour qui entraîne parfois des individus dans des virées sanglantes, sur l'incommunicabilité entre les êtres. Les personnages, marginaux, des ratés, sont dérangeants et sulfureux. Ils s'expriment par des crises, hystériques, affolantes, dans une certaine horreur du monde, là où l'amour peut lui aussi représenter une forme de répression sociale. Des chairs qui vibrent, constamment. Ce n'est pas qu'une description visuelle, auditive, mentale et corporelle d'un personnage perdu; c'est également une critique profonde des sociétés, française et libanaise. Bien que très différentes, celles-ci se rejoignent, selon moi, sur le devenir de l'homme : sa transformation en tyran, où l'on voit un rapport complexe entre la victime et le bourreau. Reste la question centrale du film qui est le rapport entre pouvoir et identité. On voyage dans "Too Much Love Will Kill You": le film débute à Paris, dans le grotesque, la fête, l'impossibilité d'aimer et s'enchaîne au Liban de l'après-guerre, dans le confessionnalisme, le fascisme au quotidien, la cruauté.
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