Le master original devait comporter pas mal de scories au vu de cette copie remasterisée qui trahit encore quelques imperfections inhérentes aux 70 ans du film. De plus, les contrastes demeurent sacrément appuyés par moments et le N&B reste sombre et peu nuancé. Diverses poussières émaillent la pellicule tout comme un certain nombre de griffures et les stock shots (notamment l'insert de la Place de l'Etoile) sont nettement plus éraflés que le reste. L'insert dit à effets spéciaux de l'avion s'impose comme le plus abîmé de tout le métrage avec une forte granulation. En dehors de ces imperfections, le film d'Ernst Lubitsch se déroulant principalement dans des décors intérieurs est de bonne tenue même si les visages présentent une fâcheuse tendance aux fourmillements, gâchant légèrement leur précision lors des nombreux gros plans. L'esthétique d'Ange est cependant bien respectée avec des tons suffisamment harmonieux aidée par une compression sans aucun défaut.
La piste mono reste sensiblement en dessous des espérances. Reposant essentiellement sur les voix des comédiens, il ne faut pas vous attendre à une pléthore de sons ambiants. Les dialogues sont distincts même s'ils auraient gagné à être un peu plus efficaces. Une résonance se fait ressentir ainsi qu'un souffle (même si mineur) mais cette piste unique ne manque pas de clarté.
A propos d'Ernst Lubitsch par Noël Simsolo - Partie 1 (19min35)
Il est de retour, Noël Simsolo ! Pour le plus grand bonheur des cinéphiles, notre désormais classique interlocuteur nous propose cette fois de nous plonger un peu plus sur la carrière d'un des plus grands cinéastes, Ernst Lubitsch. C'est un excellent et passionnant portrait d'homme que nous dresse avant tout Noël Simsolo en parlant du réalisateur allemand. De ses débuts en tant qu'acteur puis dirigeant d'une troupe de théâtre jusqu'à ses premiers longs métrages muets (Les Yeux de la momie, 1918), vous n'aurez qu'une envie, celle de découvrir tous les films qui sont évoqués ici. La partie qui nous intéresse le plus étant la carrière américaine d'Ernst Lubitsch. Touche à tout de génie, le cinéaste s'est illustré avec le même talent dans tous les genres, de la comédie au drame en passant par le grand film historique à costumes ou le film fantastique (La Poupée, 1919). Après une première expérience américaine malheureuse (Rosita en 1923), il est néanmoins remarqué par la Warner qui lui fait une offre alléchante. Il doit cependant faire certaines concessions et réalise de nombreuses comédies. Mais petit à petit, ses films sont marqués de la Lubitsch touch, comme le dit Noël Simsolo. Il franchit avec succès l'arrivée du cinéma parlant du fait de sa grande expérience au théâtre.
Noël Simsolo en vient ensuite à parler plus techniquement du montage, du rythme et du cadre chez Ernst Lubitsch ainsi que de son sens de la répartie avec de nombreux sous-entendus sexuels. Après avoir dirigé la Paramount durant deux ans, Ernst Lubitsch revient derrière la caméra en 1937 pour diriger Marlene Dietrich dans Ange. Le film est un échec et surprend les spectateurs par son sujet, tabou pour l'époque. Pour en savoir plus sur Ange, reportez vous à la présentation du film détaillée dans le segment suivant.
Présentation d'Ange par Noël Simsolo (25min23)
Tout d'abord un avertissement : ne regardez surtout pas ce module si vous n'avez pas vu le film car Noël Simsolo y raconte absolument tout. C'est d'ailleurs un peu frustrant de voir l'interlocuteur passer au moins dix minutes à paraphraser.
Noël Simsolo replace ensuite le film d'Ernst Lubitsch dans la carrière du réalisateur, évoquant également la carrière de Marlene Dietrich aux Etats-Unis et le reste du casting d'Ange dont ses deux partenaires masculins, Herbert Marshall et Melvyn Douglas. Puis, Noël Simsolo se penche un peu plus sur les thèmes propres au film, la relation extra conjugale ou tout simplement sexuelle qui prend une part importante dans la filmographie du cinéaste. Des situations qui ont dérouté le public à la sortie d'Ange en 1937 qui se sont soldées par un échec commercial. Noël Simsolo clôt cet exposé par une brillante analyse de la narration, du cadre et de l'importance du hors champ.
L'interactivité se clôt sur une galerie de photos, les bandes-annonces de la collection Hollywood Classics et le lien internet vers le site de Bac Films.