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Interview Jean-Baptiste Andrea

Interview Jean-Baptiste Andrea

A l'occasion de la sortie en DVD le 15 Octobre prochain chez Studio Canal Video de Dead End, premier film de deux frenchies expatriés au pays de l'Oncle Sam, Jean-Baptiste Andrea et Fabrice Canepa, il nous a semblé évident de revenir sur le film aux côtés de Jean-Baptiste Andrea, co-réalisateur dudit film et réalisateur en solo du sympathique Big Nothing (avec David Schwimmer et Simon Pegg tout de même).

 

 

 

Filmsactu: Dans quelle mesure êtes-vous intervenu sur le DVD ?
Jean-Baptiste Andrea: Nous avons dès le début essayé de fournir le plus de matériel possible pour le making-of, et  pour pouvoir offrir un maximum de petits bonus malgré la courte durée du tournage et la maigreur des moyens. Nous avons également supervisé le pan and scan et le doublage français. Studio Canal nous a vraiment laissés nous impliquer dans le DVD.

En quelques mots, est-ce que vous pourriez résumer le parcours du film ?
Depuis sa création ? Nous l'avons d'abord écrit par réaction au fait que tous nos scripts nous devenaient avec la mention "non merci". Nous avions décidé de le tourner nous-même en numérique, parce que nous en avions assez d'attendre qu'on nous donne la permission. Et puis ça a pris une tournure complètement différente, parce que le script a plu à des gens qui avaient une vision un peu plus fraîche du cinéma, et nous sommes partis le tourner à Los Angeles, mais avec un financement français et James Huth (NDLR: réalisateur de Hellphone) à la production. Nous étions fauchés, et comble du comble, le dollar était plus fort que l'euro à l'époque, ce qui a entamé notre budget. Nous avons tourné en 2001, le film a été fini en 2003 à cause du manque d'argent, mais s'est aussitôt très bien vendu mondialement et a gagné six prix en festivals. Du fait d'un problème de droits (l'une des sociétés de production a dû mettre la clé sous la porte), il n'a pas pu sortir en France. Ce n'est la faute de personne, juste pas de chance! Mais il sort enfin en DVD, c'est l'essentiel. C'est dû au combat acharné de Nathalie Guizol, co-productrice du film! Elle n'a jamais lâché.

 

On rit et on a peur en regardant Dead End. Pensez-vous que l'humour et l'horreur soient conciliables ?
Bien sûr, sinon Dead End n'existerait pas! Et puis, qui n'a jamais été pris d'un fou rire dans une situation dramatique? La vie mélange sans cesse le comique et le tragique. Il n'y a que le cinéma qui classe les choses dans des genres séparés. Avec Dead End, nous voulions explorer quelque chose de plus organique, de moins conventionnel.

 

Comment êtes-vous venu au cinéma ?
Je devais avoir douze ans quand mon père a ramené à la maison un des premiers magnétoscopes VHS. Un modèle à usage professionnel. On pouvait en détacher un bout, y brancher une caméra et s'en servir pour filmer. Il y avait également une sortie pour brancher un autre magnétoscope et faire du montage. Du délire! J'ai commencé à bidouiller là-dessus, et comme je faisais pas mal de théâtre à l'époque, j'ai intégré l'image dans nos spectacles. Après quoi j'ai rencontré Fabrice [Canepa], qui était aussi fou de cinéma et avait un univers très similaire au mien. On s'est tout de suite entendus et mis à bosser ensemble.


Comment est née la rencontre avec James Huth et Fabrice Canepa ?
Fabrice, c'est simple, il tenait un bar dans une soirée HEC. Il avait une pièce à lui, concept gothique et métal. Tous les murs étaient noirs. La musique avait fait fuir tout le monde, mais comme je suis fan de métal, j'ai passé la soirée à faire connaissance avec Fabrice. Ce n'était pas difficile, j'étais son seul client. Nous avons accroché tout de suite et écrit un projet assez délirant. Par le plus grand des hasards, une actrice de nos amies l'a donné à James Huth, qui l'a adoré. Nous avons commencé à écrire avec lui.

 

 

Pourquoi ne pas avoir fait de nouveau projet avec votre collègue Canepa ?
Un réalisateur, sur un plateau, doit prendre un millier de décisions à la seconde à la vitesse de la lumière. Quand on est deux, par respect pour l'autre, et même si on est d'accord sur l'ensemble, il faut bien qu'on se demande notre avis en permanence. Question de respect de l'autre. Mais ça altère la réactivité nécessaire à un réalisateur au moment du tournage. Donc nous avons préféré être chacun disponible à 100%.

 

Vos souvenirs de flips au cinéma ?
Ah... Excellente question! Le pire, La Nuit des Morts Vivants, de Romero. Un cinéma de Cannes, où j'ai grandi, l'avait programmé, et il était interdit aux moins de 12 ans. Moi j'en avais 11, je me suis dit que ça suffisait largement, je suis allé le voir. Après, j'ai fait des cauchemars toute la nuit. Je m'en souviens encore. Sinon, L'Au-delà, de Lucio Fulci, m'avait aussi pas mal marqué.


La différence entre les Etats-Unis et la France pour réaliser un film ?
Hmm... C'est une question de genre de films que tu peux réaliser. En France, tu es plus limité. Aux Etats-Unis tu l'es moins, mais le revers, c'est que les studios sont impitoyables, c'est véritablement une industrie, une gigantesque machinerie. En France, c'est presque de l'artisanat en comparaison. Ca se comprend, les montants ne sont pas les mêmes.

 

Le choix de Ray Wise vient de Twin Peaks. Qu'est ce que cette série évoque chez vous ? Vous préférez le film ou la série ?
Fabrice et moi adorons Twin Peaks, c'est peut-être la série TV la plus créative de tous les temps. Pour ma part, je n'ai jamais éprouvé le besoin de voir le film. Il faudrait poser la question à Fabrice, lui a vu les deux, mais je sais qu'il vous répondra qu'il préfère la série aussi!


Est-ce que vous aimez les films qui ne donnent pas toutes les réponses ?
(rires)... Oui, absolument. J'aime travailler un peu du cerveau quand je sors d'un film.


Et les films à twist ? Votre préféré ?


Je ne recherche pas nécessairement les twists. Au contraire. Mais Sixième Sens est le père de tous les twists, même s'il y avait eu d'autres twists du même genre avant. D'ailleurs, quand nous avons écrit Dead End, Sixième Sens n'était pas sorti.


Un retour en France est-il envisageable ?
Bien sûr. J'aimerais beaucoup tourner en France. Il s'agit juste de trouver le bon projet !

 

 

 





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Dead end
Dead end
Sortie : 15 Octobre 2007
Éditeur : Studio Canal Video

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