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Mortel : "Buffy contre les vampires, c'était toute ma vie." interview série

Après Marianne, Netflix embraye avec une seconde série fantastique française. Entre le film Chronicle et la série anglaise Misfits, Mortel s'intéresse à deux lycéens qui se découvrent des pouvoirs surnaturels après leur rencontre avec une divinité vaudou. Ils vont les utiliser afin de résoudre le meurtre du grand frère de l'un d'entre eux.

 

Cité de banlieue, lycéens, rap, problèmes relationnels, problèmes de société, présentée comme le croisement "entre Buffy Contre les Vampires et Kechiche", Mortel va au delà de la simple série fantastique. On a pu en discuter avec son showrunner Frédéric Garcia.

 

Films d Horreur / Fantastique


Les séries fantastiques françaises sont assez rares, comment as-tu eu l'idée de Mortel ?

Frédéric Garcia : J'ai commencé à écrire Mortel à la sortie du lycée. Là j'ai 30 ans, le projet a donc une dizaine d'années. Je ne savais pas la forme qu'il allait prendre, mais j'ai commencé à l'écrire, à poser cette histoire, celle de trois personnages liés par une force surnaturelle, qui traite de relation toxique entre les gens et de comment surpasser un traumatisme. J'étais en mode 'est-ce que ça va être un bouquin, une BD ?'. J'ai bossé trois ans en prod et je me suis dit que je voulais être scénariste. Du coup, j'ai arrêté mon boulot et je suis retourné vivre chez mes parents en banlieue. Là, j'ai posé mon projet vieux de dix ans et j'en ai fait un vrai truc. Je l'ai présenté à la FEMIS pour rentrer en série télé. En sortant, j'ai pas mal bossé dans l'écriture, sur la série Skam notamment, un poste que j'a décroché grâce à Mortel. Je présentais le scénario à chaque fois. Dix-neuf boîtes de production m'ont dit non même si elles m'ont engagé sur d'autres projets. Gilles de Verdière, le producteur de Mandarin Télévision, l'a lu et m'a dit 'c'est super, on va faire ça et on va le faire avec Netflix'. Il ne m'a pas menti, on a bossé deux ou trois mois ensemble. On a fait des rendez-vous avec Netflix, ça s'est super bien passé. J'ai fait exactement le projet que je voulais faire, même mieux parce que Netflix nous a beaucoup aidé à le pousser encore plus loin.

 

Le fantastique est un genre que tu as toujours affectionné ?

Oui surtout quand j'était adolescent. Buffy contre les vampires, c'était toute ma vie. Mortel, c'est vraiment une spécifité française qui se confronte à un surnaturel qu'on a plus l'habitude de voir aux Etats-Unis. Les séries fantastiques étaient hyper importantes pour moi même si ce que j'aime le plus, c'est le drame. La série de ma vie est Mad Men.

 

 

"Aux Etats-Unis, ça fait 70 ans qu'ils perfectionnent l'art de la série télé. C'est hyper spécifique. Le poste de showrunner n'existait pas en France."

 

Pourquoi le fantastique arrive en France seulement maintenant ?

Déjà, il faut trouver le diffuseur qui va permettre de réaliser ton projet. Si les producteurs ne voulaient pas de mon projet, c'est pas parce qu'ils n'aimaient pas bien, c'est parce qu'il n'y avait personne pour le faire. Et là, Netflix arrive pour faire des trucs différents qu'on ne voit pas ailleurs. Ils sont très ouverts. La bande-annonce n'a d'ailleurs pas été très bien reçue pour le côté fantastique. En France, tout le monde est hyper stressé par ça alors qu'il ne faut pas l'être. Il suffit d'y aller et de foncer. Netflix nous demandait d'y aller à fond, sinon ça ne servait à rien.

 

Les gens ont tendance à dire que comme c'est français c'est nul. Que penses-tu de cette réflexion ?

C'est vrai. Parfois c'est français et c'est nul, mais les projets américains sont parfois aussi très nuls. Nous, on ne voit que la haut du panier. Bien sûr qu'il va y avoir des ratés. Aux Etats-Unis, ça fait 70 ans qu'ils perfectionnent l'art de la série télé. C'est hyper spécifique. Le poste de showrunner n'existait pas en France. Si Mortel s'est aussi bien passée c'est parce que j'ai rencontré des réalisateurs, comme Simon Astier qui m'a dit 'c'est ta série, il faut que tu sois à tous les postes pour qu'elle soit réussie'. On a essayé de se baser sur la façon de faire de l'industrie américaine. Ce que les gens ne comprennent pas c'est que ça prend du temps de changer une industrie et sa façon de fonctionner. Oui en France, on a des bons acteurs, réalisateurs et auteurs. Après la façon de travailler ensemble, on est encore en train d'apprendre.

 

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"Les haters vont forcément s'exprimer pour dire que c'est nul, mais les gens adorent voir des producteurs françaises. Ils sont hyper contents d'entendre parler leur langue."

 

Le succès de Marianne est-il encourageant pour toi ?

De fou. Je me dis qu'il y a un public pour ces choses là. Les haters vont forcément s'exprimer pour dire que c'est nul, mais les gens adorent voir des producteurs françaises. Ils sont hyper contents d'entendre parler leur langue. Par contre, c'est vrai qu'on ne leur sort pas ce qu'ils ont envie de voir. Ils ont l'impression que les producteurs françaises ne leur sont pas destinés. J'espère que Mortel ouvrira des portes à d'autres types de fictions. Les chaînes hertziennes ont perdu le public jeune parce qu'elles veulent s'adresser à tout le monde. Les jeunes partent voir des trucs à l'étranger parce qu'il n'y a rien pour eux.

 

Est-ce difficile de s'imposer comme showrunner en France ?

Ce n'est pas évident. Après, il faut faire les bonnes rencontres. J'ai rencontré Gilles de Verdière avec qui ça a été le deal dès le départ de réaliser mon projet comme je l'imagine et qu'il soit cohérent. Mes expériences en production ont facilité un peu les choses. J'ai aussi rencontré les bons réalisateurs comme Simon Astier, qui a été showrunner sur ses propres réalisations (Hero Corp notamment). Il m'a tellement appris, guidé et encouragé. C'était important pour Netfix que je prenne le lead, que je dirige la musique, que je sois là au montage, que je fasse des allers-retours entre le tournage et la salle d'écriture. C'est essentiel de fonctionner comme ça.

 

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"Ce qui m'a toujours fait rire aux Etats-Unis, c'est que parfois les acteurs ont 35 ans et jouent des personnages de 16 ans. J'ai toujours trouvé ça hallucinant."

 

Etait-ce un critère de recruter des acteurs avec peu d'expérience ?

L'idée n'est pas de copier les Etats-Unis. Ce qui m'a toujours fait rire aux Etats-Unis, c'est que parfois les acteurs ont 35 ans et jouent des personnages de 16 ans. J'ai toujours trouvé ça hallucinant. Dans Mortel, j'ai demandé à ce que personne n'ait plus de deux ans de plus que son personnage. Il fallait absolument que ce soit des vrais jeunes. Ils sont tous sortis du lycée il y a deux ans environ, certains ont même eu leur bac l'année de Mortel. Certains sont mineurs dans la série. Pour que le fantastique fonctionne, il faut que les jeunes soient réels. Il faut avoir l'impression que ce sont tes potes.

 

Comment s'est passée la collaboration avec Netflix ?

Les gens vont croire que j'ai signé un pacte avec mon sang pour ne pas dire du mal d'eux, mais en réalité, ça s'est super bien pass. Ils n'ont fait que nous pousser pour que la série soit meilleure. A chaque fois que l'on tentait des choses, ils nous disaient 'ok, est-ce que vous pouvez aller encore plus loin ?' et 'est-ce que t'as vraiment envie de faire ça? Est-ce que c'est la meilleure version que tu peux faire ?'. Ils sont passionnés par les projets comme Mortel. T'as l'impression de travailler avec des gens aussi fans que toi, c'est fou. Les seules difficultés ont été financières. On n'avait pas un budget de folie et on avait très peu de temps pour tourner.

 

La série se termine sur une fin ouverte. Une saison 2 est-elle possible ?

J'ai un grand plan, c'est pour ça qu'on a installé plein de choses sur Luisa, sur la relation entre Sofiane et Victor, qui n'est pas finie à la fin. On sait exactement là où on veut aller avec les personnages. Pour ça, il faut que les spectateurs aient envie de voir la suite et de suivre ses personnages. Il faut qu'il y ait un vrai engouement. Six épisodes de 50 minutes pour une série aussi chorale que la nôtre, c'est compliqué. Vu la fin de la saison, tu te doutes qu'on ne va pas en rester là.

 

Propos recueillis par Lola Maroni de PureBreak (merci Lola !)

 

 

La saison 1 de Mortel est actuellement disponible sur Netflix.

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Par La Rédaction Réagir


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