Preview : Bionic Woman
Le 09/10/2007 à 12:08Par Thierry Cuirot
Peut-on faire du neuf avec du vieux ? David Eick et Sian McArthur ont prouvé qu'il était même possible de parvenir à l'excellence à partir d'une des séries les plus kitch de l'histoire de la télévision en dépoussiérant Battlestar Galactica. On ne peut donc pas leur en vouloir de retenter l'expérience avec une autre série kitchissime des années 70 The Bionic Woman, alias Super Jaimie. Petit rappel de l'histoire.
Suite à un accident de voiture, Jaimie Sommers se voit greffer deux jambes et un bras bionique ainsi qu'un œil et une oreille par une agence gouvernementale top secrète. Grace à ses capacités hors-normes, elle déjoue les plans de toutes sortes de méchants. Histoire niaiseuse, héroïne soumise et effets spéciaux des années 70, Eick et McArthur ont bien fait de ne conserver que le strict minimum.
La Jaimie Sommers version 2007 se trouve donc être une femme moderne, campée par la ravissante et talentueuse anglaise Michelle Ryan. La jeune femme élève seule sa jeune sœur et travaille comme serveuse dans un bar pour subsister. Femme de caractère, intelligente et sensible, on la devine contrainte de vivre une vie plus ordinaire qu'elle ne mérite. C'est également ce que pense Will Anthros, son fiancé qu'elle croit simple professeur et qui se révèle être un chercheur de génie. Lorsque Jaimie subit de graves blessures lors d'un accident de la route, il lui sauve la vie, contre l'avis de ses énigmatiques patrons, en lui greffant des membres bioniques qui font d'elle une super woman en quelques heures.
Certainement l'une des plus attendues de la rentrée américaine, la série peine pour l'instant à trouver son souffle. On note même quelques incohérences et des raccourcis scénaristiques peu crédibles mais bien pratiques pour une mise en place de l'histoire en un seul épisode pilote. Combattre comme une pro du corps à corps, en chaussure à talons sur le toit d'un immeuble un soir d'orage, volonté et moral en acier, sans entrainement ni rien alors qu'elle était mourante, jambes amputées, bras broyé et visage amoché seulement deux jours plus tôt ? Oui, pour Jaimie Sommers, c'est possible.
Les personnages annexes quant à eux laissent entrevoir des intrigues de fond d'un intérêt certain. Qui sont-ils vraiment ? Quels sont leurs rôles? Pourquoi agissent-ils ainsi ? Les acteurs soi-disant secondaires brillent pratiquement tous par leur interprétation, ce qui confère au casting un sans-faute à tous les niveaux et laisse vraiment espérer des développements qui exploitent chaque personnage. Saluons également la présence sans doute éphémère mais sympathique de quelques transfuges de Battlestar Gallactica. Katee Sackhoff (Starbuck) incarne Sarah Corvus, la première femme bionique particulièrement déjantée. Aaron Douglas (Chief Galen Tyrol) apparaît en gardien de prison qui fait évader le machiavélique père du projet, interprété par Mark Sheppard (le redoutable avocat Romo Lampkin).
Soyons franc, le démarrage est globalement assez laborieux compte tenu des attentes du public et de l'ambition de NBC. Mais avec un casting et une équipe de production aussi pétris de talents, le potentiel demeure excellent. Beaucoup plus noir et plus intense que son ancêtre, gageons que le spectacle trouvera son rythme aussi rapidement qu'il a trouvé son public (plus de 10 millions de spectateurs pour les premiers épisodes). A défaut, il ne restera qu'un gros gâchis. Mais l'espoir est plus que permis.
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