Cette nouvelle édition collector de Jin-Roh nous est présentée avec un transfert remasterisé pour l'occasion. Les deux éditions précédentes étaient rigoureusement identiques du point de vue de l'image, et il est vrai que celle-ci présente quelques améliorations, notamment au niveau de la compression : l'image qui pixellisait de manière très visible est à présent nettement plus nette malgré quelques fourmillements persistants par endroits.
Cela étant, le résultat n'est pas parfait non plus. La définition est correcte dans l'ensemble, mais présente quelques défauts sur certains plans volontairement floutés dans le film. De même, la gestion des contrastes n'est pas irréprochable, notamment dans les scènes sombres (le rêve macabre de Fusé dans les égouts peuplés de loups, par exemple). Les couleurs sont belles mais semblent pâtir d'un filtre bleuté qui leur enlève un peu de leur vivacité. Enfin, en comparant avec la précédente édition collector éditée par CTV International, on notera que la nouvelle image a été légèrement recadrée en haut et en bas, ce qui confère un peu moins d'ampleur aux cadrages du film.
Jin-Roh, édition collector 2002
Jin-Roh, édition collector 2007
Jin-Roh, édition collector 2002
Jin-Roh, édition collector 2007
Les pistes son sont les mêmes que sur la précédente édition collector de Jin-Roh. Nous avons donc droit à deux DTS 5.1, Japonais et Français, et deux Dolby Digital 5.1, Japonais et Français là aussi. Les deux DTS surpassent aisément les DD 5.1 à tous les niveaux, notamment en termes de puissance et de répartition. Les DD 5.1 semblent en effet un peu timides, les bruitages y sont peu percutants et la musique trop discrète - ce qui est bien dommage avec une telle bande originale. Les deux DTS sont en revanche d'excellente qualité, même si l'on pourra reprocher un très léger manque de dynamisme dans les quelques explosions qui ponctuent le film. La musique est par ailleurs très joliment mise en valeur, soutenue par un caisson de basse très actif. La répartition est soignée, les arrières étant régulièrement sollicitées pour créer un effet environnant bienvenu. Les deux pistes accordent le même soin aux voix des acteurs, très claires et audibles sans pour autant mettre la musique en retrait. Un vrai plaisir pour les oreilles.
L'univers de Jin-Roh (38'40)
Il s'agit du même documentaire que celui de la précédente édition collector du film. Chacun des huit chapitres qui le composent est accessible à partir d'un sous-menu très clairement présenté. De la genèse à la dimension symbolique en passant par l'univers graphique et la musique, tous les aspects de la réussite de Jin-Roh sont passés en revue. Il est aussi bien sûr possible de tout lire à la suite.
Le documentaire s'ouvre sur le discours du scénariste du film, Mamoru Oshii, qui déclare immédiatement être à l'origine du projet (envisagé au départ sous forme de série) ainsi que du choix du réalisateur, Hiroyuki Okiura. Ce dernier n'intervient qu'en second pour expliquer qu'il a accepté de réaliser le film à la seule condition que Oshii modifie son scénario pour y raconter non pas l'histoire d'un homme et d'un chien, mais celle d'un homme et d'une femme. Le conte du Petit Chaperon Rouge offrait à ce titre un bon compromis. Okiura revient ensuite sur leur rencontre, à l'époque où il travaillait sur la série TV Akai Kôdan, avant de s'attarder plus précisément sur son expérience professionnelle, en comparant le stress de son travail sur Ghost in the Shell en tant que directeur artistique au soulagement qu'il a éprouvé sur Jin-Roh en tant que réalisateur, malgré les difficultés et la pression qu'induisait cette position. Mais l'une des parties les plus intéressantes de ce documentaire est assurément le moment où Mamoru Oshii développe les thèmes de Jin-Roh en puisant dans l'expérience de sa propre jeunesse et des combats qu'il a mené alors avec ceux de son âge. L'intervenant suivant n'est autre que Hajime Mizoguchi, compositeur de la magnifique bande originale du film, qui raconte avoir été impressionné par la précision du story-board dessiné par Okiura. Puis vient le tour du directeur artistique, Hiromasa Ogura, qui explique de quelle façon les formes et les couleurs ont été définies pour conférer au film son identité visuelle étant donné qu'il se déroule dans le Japon des années 50. Un documentaire intéressant, dans lequel les extraits d'interviews sont suffisamment longs pour permettre à chacun de s'exprimer pleinement.
Jin-Roh : Entre chiens et loups (30'00)
Ce documentaire réalisé par Robin Gatto représente la seule exclusivité de cette édition. Il fait intervenir quatre personnalités françaises : Christian Volckman (réalisateur de Renaissance), Alex Nikolavitch (scénariste de L'Escouade des Ombres et Spawn), Yvan West Lawrence (journaliste à Animeland) et Gilles Ciment (critique à Positif). Chacun commence par tenter d'expliquer en quoi les Japonais se distinguent par une approche très adulte du dessin-animé où, comme le précise Alex Nikolavitch, la politique n'est pas taboue. Selon Yvan West Lawrence, Jin-Roh est le dernier film d'animation japonais à avoir été réalisé de manière "classique", sur cellulos, en plus d'être particulièrement réaliste et sombre comparé aux autres productions de l'époque. Par la suite, lorsqu'il est question de la genèse et de la production du film, Gilles Ciment insinue - à raison certainement - qu'il y a eu une rivalité entre Oshii et Okiura pour la maîtrise du film. Il est vrai que c'est ce qui ressort des propos de Oshii dans le documentaire précédent. Toute la deuxième moitié du documentaire est centrée sur les thématiques mêmes du film, et il est intéressant de voir se confronter les opinions élaborées par chacun. L'une des parties est notamment consacrée au thème de la tentation totalitaire du Japon, très présent dans Jin-Roh, et au sujet duquel certains des intervenants trouvent la position de Oshii ambiguë. Un supplément intéressant qui offre un bon complément au précédent.
Comparaison story-board / film (2'00)
Les dix modules proposés, que l'on peut visionner séparément ou à la suite, consistent à chaque fois en un court extrait du story-board suivi de la scène du film correspondante. Le tout va un peu vite mais n'en reste pas moins percutant, l'animation rough sur story-board étant très dynamique.
Croquis du film
Ce bonus comprend quatre galeries : personnages, armes, véhicules et armures. On pourra regretter que ces croquis soient présentés de façon aussi peu avantageuse (en négatif sur l'écran) ainsi que la pauvreté de la galerie consacrée au personnages (trois model sheets du visage pour chacun, c'est peu).
Pour finir, le DVD bonus comprend une galerie de six fonds d'écran, et s'achève sur la bande-annonce cinéma (1'48) du film.