Disons le franchement : ce nouveau transfert du chef d'œuvre de Francis Coppola enterre dans les grandes largeurs le précédent, qui était déjà quelque peu décevant lors de sa sortie et qui a aujourd'hui pris un sérieux coup de vieux comparé aux standards de perfection actuels. Premier constat : un nettoyage total du master a été opéré par Paramount, qui a réussi à enlever une grande partie des poussières et rayures qui venaient troubler la vision du Parrain première partie. Alors, il en reste encore quelques unes (souvent lors des nombreux fondus enchainés du film), mais dans l'ensemble, c'est une copie impec' qui nous est proposée ici.
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Ensuite, deuxième point de comparaison, cette nouvelle édition nous propose une version recadrée du film, nous faisant gagner un peu d'image à gauche, à droite et en haut de l'image. On remarque en effet avec stupeur en découvrant ce nouveau transfert que la précédente édition avait été « croppées » sur les bords, et légèrement écrasée à l'horizontale. Défaut corrigé ici, puisque l'on retrouve l'intégralité du format 1,85 du film, et un paquet de détails sur les bords du cadre.
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Enfin, dernière amélioration et pas des moindres, la colorimétrie du film dans cette nouvelle édition semble enfin digne de la magnifique photographie de Gordon Willis, là où l'ancienne édition nous paraissait bien fade et délavée. On retrouve donc des tonalités bien plus travaillées, les couleurs oscillant naturellement entre l'orangée et le bleuté, venant souligner des contrastes poussés mais pas outranciers. On appréciera par exemple de découvrir enfin un beau ciel bleu lors de la fameuse scène du champ de blé, ou encore le fait que les luminaires de la séquence de l'hôpital aient gagné un peu en puissance, redonnant à l'image du film un peps qui avait été perdu lors du premier transfert. De plus, l'encodage étant fait aux petits oignons, ce n'est que très rarement que l'on ressent la compression du DVD (alors que le film dure quand même 2h48), ce qui nous laisse profiter du grain unique de la pellicule des années 70. Seul souci, ce nouvel étalonnage fait quelque peu perdre en définition, en particulier sur les visages, souvent « lissées » par les aplats de couleurs. Un défaut corrigé dans la version HD ? Peut-être, lorsque celle-ci sera d'actualité...
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Les fans du film le savent bien : ce n'est pas avec le Parrain que notre petit kit 5.1 sera mis à rude épreuve. Pourtant, dès lors que la musique se fait un peu plus présente (on pense par exemple au début de la partie où Mike Corleone est en Italie), on ressent pleinement la beauté de la musique de Nino Rota et le charme opère immédiatement. Mention spéciale bien sûr à la scène du baptême, qui avec sa montée en puissance (les basses et les arrières augmentant crescendo jusqu'à l'explosion finale) nous a laissé des frissons pendant plusieurs minutes. L'univers sonore du film étant minimaliste, difficile de faire une comparaison flagrante avec la précédente édition, les pistes Anglais 5.1 et Français mono nous semblant même être les mêmes qu'avant. Quant à la petite nouvelle piste Française 5.1, elle nous a semblé un peu moins punchy que sa grande sœur, avec des voix un peu étouffées sur les avants et de nouveaux doublages peu convaincants. On préférera la piste mono d'origine qui nous permet de redécouvrir dans de bonnes conditions la VF du film qui a bercé notre enfance et qui restent encore sublimes plus de 30 ans après.
Commentaire audio de Francis Ford Coppola
Déjà présent sur le précédent coffret, ce commentaire est sans doute le plus passionnant qu'il nous ait été donné d'entendre. Source intarissable d'anecdotes en tous genres, Coppola nous dévoile, avec beaucoup de recul et de pertinence, d'une part sa vision du cinéma en général, et de l'autre ses différents choix de mise en scène, son travail avec les acteurs et surtout la perception du film par les spectateurs lors de sa sortie. Dommage que le cinéaste fasse souvent de longues pauses pour écouter le film, car on aimerait en avoir encore plus. A la fin de ce bonus, on comprend mieux Sofia Coppola lorsqu'elle dit que c'est en entendant son père parler de cinéma que lui est venue l'envie d'être réalisatrice !