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1917 - Le Soldat Ryan détrôné ? - critique du premier gros choc de 2020

Le 14/05/2020 à 16:26
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Notre avis
9 10 Autant le dire tout de suite : si vous n’aimez pas stresser au cinéma, 1917 de Sam Mendes n’est pas fait pour vous.  Audacieux, virtuose et techniquement irréprochable, ce (faux) plan séquence de 2 heures s’impose immédiatement comme une claque magistrale. Un voyage au bout de l’enfer, une expérience palpitante, puissante et viscérale, qu’on n’est pas prêts d’oublier et qui rappelle le choc qu’a été Il Faut Sauver le Soldat Ryan à sa sortie. Si le film de Spielberg reste pour beaucoup le film de référence sur la seconde guerre mondiale, celui de Sam Mendes est de loin le film le plus prenant et le plus réaliste à ce jour sur l’enfer de la guerre des tranchées.

1917
 

France, 6 avril 1917. Deux soldats anglais, Schofield (George MacKay vu dans 22.11.63) et Blake (Dean-Charles Chapman, Lannister puis Baratheon Game of Thrones) sont envoyés en mission impossible. Sur leurs frêles épaules reposent les vies de 1600 soldats.


Pour éviter à tout un régiment de tomber dans un piège mortel, Blake et Schofield vont devoir traverser les lignes ennemies afin de délivrer une lettre d’une importance capitale.

 

1917

 

Une course contre la montre qui prendra l’allure d’une traversée du Mordor. Une traversée de tous les dangers qui n’est pas sans rappeler le voyage entrepris par Martin Sheen dans Apocalypse Now, en beaucoup, beaucoup plus haletant.


Plongées dans l’obscurité (les séquences de nuit sont sublimes), nage au milieu des cadavres, et confrontations glaçantes avec ce que la guerre entraîne de pire chez l’être humain… Ponctué d’envolées oniriques, 1917 demeure pourtant de bout en bout un film d’un réalisme saisissant.


1917


 

Le recours à la technique du plan séquence (ici artificiel mais parfaitement géré, les rares coupures étant habiles et quasiment indétectables pour le grand public) créé une proximité inédite avec les deux protagonistes.


Avec eux, on rampe dans la boue et le sang, on essuie les pluies de balles, on piétine dans les tranchées et on traverse ces paysages glauques et apocalyptiques l’estomac noué.




Autre prouesse : dans cet enfer, Sam Mendes parvient à déceler des éclats de beauté, à y souligner une certaine poésie mélancolique qui chatouille nos glandes lacrymales en montrant ces soldats impuissants face à la grotesque absurdité de cette guerre qui les dépasse et les pousse vers la mort.

 

1917

 

Une réussite éclatante dont on ne ressort pas indemne, et qui fait prendre conscience que cet enfer n’est pas si lointain. Loin de glorifier la guerre, Sam Mendes (qui dédie le film à son ancêtre Albert Mendes mort sur le champ de bataille) nous en montre toute l’horreur, d’une façon encore rarement vue. Si vous avez l’estomac bien accroché et les nerfs solides, plongez dans ces tranchées pour profiter de la première claque cinématographique de 2020.


1917 (le 15 janvier 2020 au cinéma et depuis le 15 mai 2020 en VOD)

 

1917

 







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