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1917 - Le Soldat Ryan détrôné ? - critique du premier gros choc de 2020

Notre avis
9 10 Autant le dire tout de suite : si vous n’aimez pas stresser au cinéma, 1917 de Sam Mendes n’est pas fait pour vous.  Audacieux, virtuose et techniquement irréprochable, ce (faux) plan séquence de 2 heures s’impose immédiatement comme une claque magistrale. Un voyage au bout de l’enfer, une expérience palpitante, puissante et viscérale, qu’on n’est pas prêts d’oublier et qui rappelle le choc qu’a été Il Faut Sauver le Soldat Ryan à sa sortie. Si le film de Spielberg reste pour beaucoup le film de référence sur la seconde guerre mondiale, celui de Sam Mendes est de loin le film le plus prenant et le plus réaliste à ce jour sur l’enfer de la guerre des tranchées.

1917
 

France, 6 avril 1917. Deux soldats anglais, Schofield (George MacKay vu dans 22.11.63) et Blake (Dean-Charles Chapman, Lannister puis Baratheon Game of Thrones) sont envoyés en mission impossible. Sur leurs frêles épaules reposent les vies de 1600 soldats.


Pour éviter à tout un régiment de tomber dans un piège mortel, Blake et Schofield vont devoir traverser les lignes ennemies afin de délivrer une lettre d’une importance capitale.

 

1917

 

Une course contre la montre qui prendra l’allure d’une traversée du Mordor. Une traversée de tous les dangers qui n’est pas sans rappeler le voyage entrepris par Martin Sheen dans Apocalypse Now, en beaucoup, beaucoup plus haletant.


Plongées dans l’obscurité (les séquences de nuit sont sublimes), nage au milieu des cadavres, et confrontations glaçantes avec ce que la guerre entraîne de pire chez l’être humain… Ponctué d’envolées oniriques, 1917 demeure pourtant de bout en bout un film d’un réalisme saisissant.


1917


 

Le recours à la technique du plan séquence (ici artificiel mais parfaitement géré, les rares coupures étant habiles et quasiment indétectables pour le grand public) créé une proximité inédite avec les deux protagonistes.


Avec eux, on rampe dans la boue et le sang, on essuie les pluies de balles, on piétine dans les tranchées et on traverse ces paysages glauques et apocalyptiques l’estomac noué.




Autre prouesse : dans cet enfer, Sam Mendes parvient à déceler des éclats de beauté, à y souligner une certaine poésie mélancolique qui chatouille nos glandes lacrymales en montrant ces soldats impuissants face à la grotesque absurdité de cette guerre qui les dépasse et les pousse vers la mort.

 

1917

 

Une réussite éclatante dont on ne ressort pas indemne, et qui fait prendre conscience que cet enfer n’est pas si lointain. Loin de glorifier la guerre, Sam Mendes (qui dédie le film à son ancêtre Albert Mendes mort sur le champ de bataille) nous en montre toute l’horreur, d’une façon encore rarement vue. Si vous avez l’estomac bien accroché et les nerfs solides, plongez dans ces tranchées pour profiter de la première claque cinématographique de 2020.


1917, dès le 15 janvier 2020 au cinéma

 

1917

 




Par Pierre Champleboux 4 commentaires


Derniers commentaires
Par POL il y a 1 mois

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Prés grand et trés bon film, un sommet ne se compare pas à un autre sommet.
pour l’apprécier encore faut-il dépasser le premier choc visuel et les aspects techniques qui peuvent captiver (trop) ou rebuter. Pour ne pas passer à côté il faut se demander au service de quelle histoire Mendes a-t-il fait ce film et les moyens mis en oeuvre servent-ils cette narration ?
Nous suivons un jeune soldat, un homme humble, sensible, courageux qui va devenir un héros méconnu. Nous pouvons être capté par la mission officielle et son importance, la tension créé par l'urgence, l'importance de l'enjeux (1600 vies), la dangerosité de la mission en territoire ennemi, la pression affective par l'implication de la vie même du frère de l'ami. Mais si tout cela est bien fait, si les décors sont de alités, si le rythme est bien mesuré, alternant accélération et moment de pause, il ne faudrait pas que tout cela masque à nos yeux et à nos émotions l'histoire au service de laquelle tout cela sert de support, de prétexte, de mise en scène.
Cette histoire est celle d'un chemin personnel, un parcours du combatant intérieur qui se vit sur un champ de bataille du 6 au 7 avril 1917. Comme tout chemin de vie intérieure il se fait dans la continuité et la plan séquence (vrai ou faux mais qu'importe) en est ici la parfaite mis en scène qui ne sera d'ailleurs intentionnellement interrompu que pour la perte de connaissance du soldat Schofield. Toute vie intérieure se manifeste de manière subtile et la claque étourdissante, visuelle et immersive d'un premier visionnage ne permet pas toujours d'être attentif à ces délicats signes de piste qu'il faut suivre alors qu'on est projeté de force sur le macabre champ de bataille pressé par une course contre la montre, saisi par l'horreur cadavérique, le vice de l'ennemi, la mort injuste de l'ami généreux ...
Alors pour ne pas passer à côté de ce chef d'oeuvre il faudrait le revoir ou le regarder avec une attention portée dès les premières images sur celui qui deviendra le héros. On pourra alors percevoir à travers les brefs dialogues, un jeu d'acteur qui sert à merveille le personnage, la délicatesse, la grandeur d'âme de cet homme jeune et alors on pourra mesurer à sa juste valeur l'héroïsme dont il fait preuve ultimement en sortant le premier de la tranchée avant la première vague d'assaut. On mesurera d'autant plus la grandeur de l'acceptation du sacrifice et de la mort très probable de sa vie pour celle de 1600 inconnus qu'on découvrira à la dernière minutes ce qui est cher à son cœur et qui donne sens à sa vie. Son héroïsme touche alors au sublime et bien au delà des aspects techniques de la réalisation du film, cela en fait un oeuvre émouvante, saisissante et grandiose.
Bon re-visionnage.

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Par jean brunet il y a 1 mois
un gros navet prétentieux loin de la réalité, dans l'air du temps, excessif, invraisemblable, épuisant, musique inutile, le plus mauvais film que j'ai vu dans cette décennie et quelle différence avec le soldat Ryan et les Clint eastwood ….On ne sait plus quoi inventer pour frapper l'imagination de ce XXième siècle...ça fait peine à voir ...mieux est d'aller voir les films des grands compositeurs-cinéastes comme Polanski ( j'accuse ! le pianiste etc) oh la la la ce film vise les oscars ? encensé par les critiques ??????
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Par bennn il y a 1 mois
C'est pas mal. Mais on est loin du Soldat Ryan et de Hacksaw Ridge. Pose réellement la question des avantages et limites du plan séquence. A mon sens le film aurait été plus réussi en ne se limitant pas à une technique.
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Par LeMoi il y a 2 mois

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Hâte !
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