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L'Illusionniste

Notre avis
9 10

Sitôt sorti du moule, L'Illusionniste s'impose déjà comme une œuvre majeure de 2010, qui, non contente de rendre hommage à l'une des heures de gloire du 7ème art dans ce qu'il pouvait avoir de plus sensitif au point de jongler avec nos émotions, brille par une performance technique qui mettra tout le monde d'accord. Dans cette histoire de magicien dont le plus grand tour consiste à rendre plus belle la vie de sa fille d'adoption, tout appelle à une forme de perfection. S'il faut que le fond et la forme trouvent le compromis idéal pour atteindre ce statut, nous sommes ici en plein dedans...

Découvrez ci-dessous la critique du film L'Illusionniste


Critique L'Illusionniste

Critique L'Illusionniste


L'Illusionniste est une sorte de film-fantasme. Un rêve inavoué, une impossible pépite qui fait comme ressurgir d'outre-tombe l'œuvre qui n'aurait probablement jamais dû voir le jour... Au-delà de ses indéniables qualités propres qui en font une magnifique pièce d'animation techniquement déroutante de perfection (on en parle plus bas), le nouveau film de Sylvain Chomet démontre surtout que les œuvres existent bien au delà de leurs propres créateurs et trouvent le moyen de poindre en dépit de la vie, de la mort et du temps là où l'on n'espérait même pas les imaginer. En l'occurrence Jacques Tati, cinéaste pivot, intemporel et surtout historiquement majeur nous ayant quitté il y a presque trente ans, signe son grand retour d'une façon spectrale. Ce que le bonhomme nous avait caché, c'est qu'il avait gardé sous le coude durant de longues années un scénario qui aurait dû être son quatrième long-métrage et qu'il n'a jamais eu l'audace d'adapter par peur d'être annonciateur de mauvaise nouvelles. De tuer sa bonhommie Hulotèsque et l'aura positive qu'il s'attirait. Un projet mort avec lui et qui aurait dû le rester. Un poème tout en simplicité, trop personnel et qui renaît, comme un vieux tour de magie, entre les mains d'un autre créateur de rêves.

 

Critique L'Illusionniste


Il faut dire que sur le papier, un scénario inédit de Jacques Tati mis en scène par le réalisateur des Triplettes de Belleville, c'est déjà suffisamment alléchant pour se vendre de lui-même. Mais au-delà de ce carrefour de talents qui semblait à priori unir un amour pour le burlesque envoutant, L'Illusionniste n'est pas tant une comédie décalée mais plutôt une forme d'autobiographie romancée sur tout ce que l'art, le spectacle et les gens peuvent avoir d'éphémère. C'est d'ailleurs bien là le thème principal. Les choses qui vont, qui viennent et qui finissent par s'évaporer. Un foulard disparait dans une poche pour réapparaitre dans une manche. Une enfant grandit, gambade et finit par s'éloigner... En adressant son scénario comme une déclaration d'amour à sa propre fille, Jacques Tatischeff pose une parabole entre l'art délicat d'être père et celui du faiseur de passe-passe. Un public ou une enfant nécessitera le même effort créatif pour poser dans ses yeux ce qu'il faut d'émerveillement ou de rêve pour capter son attention le plus possible, non sans constater que le temps passant, les gimmicks les plus éculés ne font plus recette et que, quoi qu'il arrive, les regards finissent par se détourner.

 

Critique L'Illusionniste

 

Une culture de la mélancolie qui atteint parfois un degré de paroxysme particulièrement poignant (les cœurs d'artichauts ne réchapperont pas aux dernières minutes) et que Sylvain Chomet entretient avec une sobriété confondante. Moins farfelu que Les Triplettes de Belleville, avec ses caractères principaux qui arborent des silhouettes réalistes (le personnage de l'illusionniste n'est autre que la version cartoon de Tati, tant dans sa dégaine que dans sa tenue et sa gestuelle), le film contrebalance son design à travers les nombreux éléments secondaires, où la dégénérescence physique appuie les traits psychologique (les petits sont petits, les marmoneuses parisiennes sont rachitiques là où les cantatrices du terroir sont énormes) en posant une douceur de ton qui absorbe la gentillesse comme une éponge. Avec ses traits à la fois épurés et complets (le terme "dessin" retrouve son sens sur ses magnifiques plans larges) qui ne vont que dans le sens du film et la simplicité de son propos, L'Illusionniste se pose une fois encore une fois comme une vitrine sentimentale - au bon sens du terme, dans son mutisme.

 

Chose illustrée par la rareté de ses dialogues et un jeu de la barrière de la langue où, pour l'occasion, l'anglais prend l'aspect d'un baragouinage improbable. Comme pour nous dire que tout ceci n'a aucune importance lorsque l'essentiel est à l'image. Parce que la beauté n'a pas besoin de commentaire. On n'a pas ressentit ça depuis Wall-E...

 

Article publié le 3 juin 2010





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