5 centimètres par seconde : rencontre avec le réalisateur du live-action
Le 26/02/2026 à 19:48Par Olivier Portnoi
18 ans après la sortie de l’anime originel qui a fait pleurer toute une génération, Yoshiyuki Okuyama donne vie à une nouvelle adaptation tout aussi poétique, personnelle, sensible et nostalgique. Au centre de cette histoire universelle : la vie, les amours inabouties, les regrets et le temps qui passe.
2008. Takaki (Hokuto Matsumura), jeune informaticien bientôt trentenaire, vit une existence banale et monotone à Tokyo. Parfois lui reviennent les bribes d’un temps où il était différent, enjoué, passionné par l’espace, curieux de la vie et des autres.
Il se souvient de l’année 1991 et de sa rencontre à l’école avec celle qui devient très vite son alter ego, Akari (Mitsuki Takahata). La vie les éloigne mais malgré la séparation et les années, malgré les occasions ratées, un lien invisible les unit…
Interview du réalisateur Yoshiyuki Okuyama
Tout d’abord, je me reconnaissais dans les sentiments de Takaki adulte. Je me sentais capable de mettre en scène ce personnage. Cela a été l’élément déclencheur qui m’a donné envie de réviser cet anime.
En ce qui concerne ce que je voulais apporter de supplémentaire, je tenais à souligner l’influence que peut avoir une rencontre dans notre vie. Puis j'ai ajouté divers éléments pour épaissir la matière. Pour le personnage du professeur, par rapport à l’anime original, j’ai rajouté des scènes. Comme le golden record. Le disque qui enregistre les messages n’était pas présent dans l’anime original. Je voulais aussi que le son de ce golden record soit comme un refrain qui traverse les époques et qu’il ait un sens différent au fil des années.
Pourquoi avez-vous tenu à rencontrer les acteurs avant le tournage afin qu’ils partagent avec vous des souvenirs personnels ? Pour les incorporer dans le film ?
C’est vrai que l’on a fait beaucoup de réunions avec tous les membres du casting avant de commencer le tournage. Ils m’ont partagé des histoires un peu gênantes à raconter mais qui ont en même temps une grande place dans leurs vies personnelles. Le mot clef que j’employais était « paysage originel ». On a tous des images en nous depuis tout petit. Et c’est ces images que je souhaitais intégrer dans le film. J’espère être parvenu à faire quelque chose de très personnel même si c’est un vrai travail d’équipe. Mon ambition était que chaque spectateur puisse ressentir le parfum des expériences personnelles de chaque personnage.
Au sujet de l’anime originel, qu’est ce qui fait selon vous qu'il soit toujours aussi culte des années plus tard ?
L’anime originel est un film où son auteur, Makoto Shinkai a insufflé beaucoup de sentiments très personnels et ceci sans complexe, sans rien cacher. Mais cet anime n’a pas rencontré le succès commercial à sa sortie. Il a fait 100 millions de yens de recettes, ce qui est 1/20 du succès de ma version en prises de vues réelles qui a connu un gros succès au Japon. La version originale a touché un public restreint mais ce public a été très touché et marqué par ce que proposait Shinkai. 5 centimètres par seconde les accompagne depuis.
C’est la première fois que Makota Shinkai donne son accord pour l’adaptation d’un de ses films en prises de vues réelles. Comment a-t-il réagi en découvrant votre film fini ?
Makoto Shinkau a été profondément ému en découvrant le film. Il ma dit : « J’ai l’impression que mon anime est la graine qui a permis de donner naissance à ce film et que pour la première fois je vois mon projet qui prend sa forme définitive ». Ça a été un grand honneur d’entendre ces paroles.
Merci à Miyako Slocombe pour la traduction.
Merci à Alexis Rubinowicz et Eurozoom.
FilmsActu.com





