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15mns d'Avatar : Nos Impressions

Le 22/08/2009 à 14:33
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Nos impressions à chaud sur les 15 minutes d'Avatar dévoilées le 21 août Nous faisons partie des chanceux qui ont pu découvrir quinze minutes du très attendu Avatar. Quinze minutes introduites par James Cameron lui-même et qui se présentent comme un enchaînement de 6 extraits appartenant selon les dires du cinéaste à la première partie du film et suivis d'une petite bande-annonce donnant un avant-goût de la suite. Des images nous invitant à entrer progressivement dans l'univers du film et à découvrir avec un oeil neuf le miracle de la 3D.
La rédaction de FilmsActu s'est déplacée pour assister à cette mise en bouche. Voici nos impressions à chaud :


ELODIE LEROY

Un choc ! Depuis Titanic, il aura fallu dix ans à James Cameron pour réaliser un nouveau long métrage mais l'attente en valait la chandelle. La démonstration de ces 15 minutes incroyables laisse déjà entrevoir la révolution qui est sur le point de s'opérer en termes d'expérience du cinéma par le spectateur. Jusqu'alors, nous n'avions vu que des films utilisant la 3D comme un procédé dispensable destiné à ajouter un peu de piment à des films résolument conçus pour la 2D. Avec Avatar, tout ce que nous avons vu jusqu'à présent dans le domaine devient immédiatement obsolète : James Cameron nous ouvre une porte, nous fait pénétrer un nouvel espace, une nouvelle dimension restée - on s'en rend compte à présent - inaccessible auparavant. A ce niveau, plus besoin de multiplier les effets-gadgets destinés à créer le frisson, tels que les objets fonçant dans notre direction : dans Avatar, nous sommes "dans" l'action, littéralement, une impression qui ne s'explique pas uniquement par la réussite technique mais aussi par une mise en scène complètement repensée en fonction de l'espace illimité offert par la 3D (là où les prédécesseurs du cinéaste se contentaient de greffer de la 3D sur une mise en scène classique). Nous entrons dans une nouvelle ère, celle de l'immersion totale. Sachant que la définition de l'image atteint un niveau bluffant, la sensation peut s'avérer assez vertigineuse lorsque la profondeur de champ entre en jeu (scène où Jake Sully dompte une créature en haut d'un précipice), ou encore merveilleuse lorsque les décors déploient des trésors d'imagination (sublimes plans nocturnes dans la jungle). Qu'en est-il du film lui-même ? Difficile d'émettre une opinion définitive à partir de 15 minutes seulement, mais ces images alléchantes permettent d'ores et déjà de découvrir un monde féerique, peuplé de créatures étranges aux designs réussis. Sur le plan artistique, James Cameron met le paquet : qu'il s'agisse de l'animation, très fluide, de la photographie créatrice d'ambiance ou des choix graphiques osés (le bleu de la peau des aliens est splendide), ces quelques minutes laissent présager à coup sûr d'une vraie claque visuelle, et certainement d'un film d'aventures riche et imaginatif. Verdict en décembre prochain.

 

Nos impressions à chaud sur les 15 minutes d'Avatar dévoilées le 21 août

 


CAROLINE LEROY

Il est évidemment difficile à ce stade de se prononcer sur la qualité du scénario d'Avatar. La compilation d'extraits qui nous est proposée n'a d'autre vocation que de nous introduire à un univers et de nous faire la démonstration des avancées d'une technique révolutionnaire. Et sur ces deux points, force est de constater que le pari est réussi. Les premiers plans, purement introductifs, servent de brève explication à ce qui va suivre mais aussi de préparation psychologique pour le spectateur. Car une fois projeté dans le monde extraordinaire d'Avatar, il ne semble pas y avoir de retour possible : à la froideur et à la banalité des couleurs du début succèdent d'un seul coup des plans sur des décors d'une incroyable richesse visuelle, dotés d'une profondeur de champ telle qu'on n'en a encore jamais vue au cinéma. L'utilisation de la 3D prend tout son sens au vu de ces images dans lesquelles on est totalement immergé, émerveillé par ces couleurs chatoyantes, les multiples scintillements discrets qui fusent ici et là. Les personnages, dont le design est à la fois déroutant et gracieux, achèvent de livrer cette rare impression de dépaysement total. Là où l'utilisation de la 3D peut s'avérer moins convaincante, c'est sur les scènes d'action où les mouvements rapides de caméra rendent les gestes des protagonistes peu lisibles sur certains plans. Un défaut qui tient peut-être à l'écran lui-même ? Ce qui est certain, c'est que James Cameron nous ouvre les portes d'un monde nouveau, à tous points de vue. Vivement décembre.

 

Nos impressions à chaud sur les 15 minutes d'Avatar dévoilées le 21 août

 


ARNAUD MANGIN

''Claque'', ''bouleversement'', ''expérience unique'' et ''jamais vu'' ne sont probablement pas les termes les plus adéquats pour définir l'expérience Avatar - du moins, telle qu'on nous l'a présentée dans des conditions techniques bien éloignées des salles IMAX américaines. Si les habitués de la 3D qui se sont essayés aux films qui envahissent peu à peu nos écrans depuis quelques mois n'y décèleront rien de concrètement différent (même si la sensation de relief est bien là, au point que certains éléments de l'image chevauchent carrément les sous-titres) ce sera encore et toujours le facteur artistique qui prendra le dessus. En relief ou en aplat, un bon ou un mauvais film ne véhiculera guère plus d'émotions et celui qui signe le retour de James Cameron se fond fort heureusement dans la première catégorie. Les réflexes fascinés et fascinants du cinéaste sur le relationnel entre les personnages humains et la technologie qui les entoure sont bien là (impossible de ne pas penser au début de Titanic ou d'Abyss) dans cette histoire de corps aliens utilisés par procuration par des humains paraplégiques. Un contexte, un univers à part que Cameron utilise avec suffisamment de malice pour plonger le spectateur de manière intrusive dans un monde rare, ou unique, au cinéma. Comme si les créatures de Moebius prenaient vie, au croisement de mille genres, dans ce qui s'imposera malgré quelques scènes ''live'' comme le premier vrai film d'animation du réalisateur. Mais ce que l'on en retiendra le plus, finalement, c'est la fidélité à ses habituelles épopées thématiques où, sous les effets spéciaux, les batailles cataclysmiques, les catastrophes à grande échelle, c'est l'union entre les personnages qui prédomine. Les liens, d'amour ou de fraternité entre un sauvé et son sauveur, qui se créent (Terminator 1 et 2, Titanic) ou se recomposent (Abyss, True Lies) dans l'adversité, face au danger...  Si claque il doit y avoir, elle surgira probablement de là !

 

Nos impressions à chaud sur les 15 minutes d'Avatar dévoilées le 21 août

 

 

YANN RUTLEDGE

James Cameron a remporté haut la main son pari. Après un teaser qui en laissa quelques uns sceptiques, déçus de ne pas y trouver la "révolution" promise, les 15 minutes projetées ont conquis sans exception tout le petit monde qui s'est déplacé. Inutile de resservir les louanges exprimées plus haut (je n'aurai pas mieux dit), j'aurais simplement quelques petites remarques.
Le design très Jar Jar Binks des avatars tout d'abord. Tant décrié par certains devant le teaser, il s'avère finalement totalement justifié. Cameron semble proposer un univers décalé aux influences très BD franco-belge (on pense à Moebius mais surtout au Valerian de Mézières et Christin) et ne cherche en aucun cas à proposer des créatures photo-réalistes. Deuxième remarque : le format. Les 15 minutes nous ont été projetées en 2.35 et non en 1.77 contrairement à ce qu'avait annoncé James Cameron il y a quelques semaines. Troisième remarque : les sous-titres. La difficulté sur les films 3-D est que ceux-ci doivent être calés en fonction de la profondeur de champ du plan où ils apparaissent. Dans le cas contraire, les sous-titres se retrouveraient alternativement trop en retrait ("dans le décor") ou beaucoup trop en avant par rapport aux éléments du premier plan de l'image (au "ras du nez"). Leur lecture peut alors devenir désagréable sur la longueur, nos yeux devant pouvoir les lire sans constamment naviguer au sein de l'image et faire le point. Un souci rencontré deux ou trois fois au cours de la projection... Dernière remarque : les limites pour les films en 3-D de la projection à 24 images/seconde. En effet, lorsque la caméra effectue un panoramique ou un travelling, les éléments des premiers plans se transforment parfois en une sorte de bouille floue désagréable. Ce phénomène (dû à la persistance rétinienne ?) ne pourrait-il pas être éliminé en élevant la vitesse de projection à 60i/s ? Le projection cinéma atteindrait ainsi le niveau de fluidité des jeux vidéo ce qui augmenterait par la même son pouvoir hypnotique.

Malgré ces deux dernières petites remarques, ne nous leurrons pas : la 3-D n'en est qu'à ses balbutiements, les cinéastes qui s'y frottent ne maîtrisant pas encore pleinement la technique. Ce qui ne nous interdit pourtant pas de penser que James Cameron apporte ici au cinéma une révolution comparable à celle de Rouben Mamoulian (Applause, 1929) pour le cinéma sonore : une gestion de ce qui n'était auparavant qu'un simple gimmick comme élément essentiel à la narration. J - 119 !

 

 

Nos impressions à chaud sur les 15 minutes d'Avatar dévoilées le 21 août

 









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