Hollywood truquerait-il ses chiffres ?
Le 07/07/2010 à 15:51Par Yann Rutledge
Une déclaration des bénéfices nets de Warner Bros. pour Harry Potter et l'Ordre du Phénix indique qu'après trois années d'exploitation tous supports confondus, le film n'est toujours pas rentable. Pourquoi ?Le budget des films augmentant de façon exponentielle depuis une vingtaine d'années, les studios proposent depuis quelques temps à ses créatifs (comédiens, réalisateurs, scénaristes) une réduction de salaire, compensée par un pourcentage sur les résultats du film. Ainsi, le signataire n'est plus un simple salarié mais devient un véritable collaborateur qui participe et profite du succès du long-métrage, puisqu'il gagne un pourcentage sur les résultats (en salles, en vidéo et à la télévision). Tandis que certains gros bonnets d'Hollywood parviennent à négocier un pourcentage sur les recettes (Steven Spielberg, Michael Bay ou plus proche de nous, Gérard Jugnot pour Les Choristes et Les Bronzés), d'autres signent un accord portant sur les bénéfices nets du film. Petit rappel d'économie : les bénéfices nets sont la différence entre les produits (ce qui est gagné) et les charges (d'exploitation, financières et exceptionnelles) ainsi que l'impôt sur les sociétés.

Lorsqu'il est question d'une énorme machine estivale telle que Harry Potter et l'Ordre du Phénix, il semble évident que le studio parviendra à rembourser tous ses investissements. C'est sans compter l'armée de financiers employée par les majors qui savent mieux que quiconque jongler avec les chiffres. Une déclaration des bénéfices nets de Warner Bros. pour le cinquième volet de la franchise du magicien de Poudlard indique que depuis sa sortie en salles au mois de juillet 2007, le film n'a toujours pas atteint son seuil de rentabilité.
Ne nous faites pas dire ce que nous n'avons pas écrit, il n'y a bien entendu rien de frauduleux caché dans ces chiffres, il est simplement étonnant qu'un film qui engrange près d'un milliard de dollars dans le monde ne parvienne pas à être rentable. Soyons réaliste, à l'heure de la spéculation à court terme, si le cinéma ne rapportait pas d'argent, il y a bien longtemps que les studios cotés à Wall Street auraient mis la clef sous le paillasson...
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