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The Northman : "Il y a beaucoup de Conan dans ce film." interview Robert Eggers

Troisième film de l'américain Robert Eggers après The Witch et The Lighthouse, The Northman est son oeuvre la plus abordable et épique à ce jour. Cela n'enlève rien à sa noirceur, sa violence, et sa soif de magie noire. Car The Northman et son histoire de vengeance au temps des Vikings est sacrément costaud, animal, viscéral et brutal.
 
Un trip aussi hallucinant que frontal avec un Alexander Skarsgård massif comme jamais. Entre le blockbuster et le film d'art et d'essai, The Northman impressionne et ne manque pas de généreux morceaux de bravoure. De quoi en faire une future oeuvre phare de la "vikingsploitation".
 
The Northman
 
L'histoire : Le jeune prince Amleth vient tout juste de devenir un homme quand son père (Ethan Hawke) est brutalement assassiné par son oncle qui s'empare alors de la mère (Nicole Kidman) du garçon. Amleth fuit son royaume insulaire en barque, en jurant de se venger. Deux décennies plus tard, Amleth (Alexander Skarsgård qui passe de Eric Northman de True Blood à The Northman) est devenu un berserkr, un guerrier viking capable d'entrer dans une fureur bestiale, qui pille et met à feu, avec ses frères berserkir, des villages slaves jusqu'à ce qu'une devineresse lui rappelle son vœu de venger son père, de secourir sa mère et de tuer son oncle.
 
Avec aussi Nicole Kidman, Willem Dafoe, Anya Taylor-Joy et Björk.
 
Filmsactu a eu le plaisir de discuter avec Robert Eggers de passage à Paris.
 
The Northman
 
The Northman est un rêve de longue date ?
Robert Eggers : Absolument pas. Ce n’est pas quelque chose que j’avais en tête. Je n’ai aucune fascination pour les vikings. Mais je suis allé en Islande avec ma femme il y a quelques années et le paysage m’a vraiment inspiré. Ce qui ne surprendra pas ceux qui ont eu la chance d’y aller. Je me suis intéressé aux sagas islandaises et j’ai commencé à imaginer qu’un jour je pourrais réaliser un film sur les vikings. Quelques années plus tard, j’ai déjeuné avec Alexander Skarsgård qui m’a confié vouloir faire un film de Vikings. De là, l’idée a commencé à se concrétiser. Il a ensuite fallu deux ans et demi avant que l’on commence à tourner.
 
Aviez-vous certains films en tête en écrivant ? Il n’y a finalement pas tant de bons films de Vikings.
J’ai regardé beaucoup de films mais peu de films de Vikings. J’ai quand même revu Les Vikings de Richard Fleischer avec Kirk Douglas qui est un bon film. Même si Kirk Douglas se serait fait massacrer par les vrais vikings pour être rasé de près comme il était.
 
The Northman
 

"Je peux dire sans hésitation que c’est le film de vikings le plus réaliste jamais tourné."

 
The Northman est votre plus gros budget à ce jour (70 millions de dollars). Pensez-vous que le succès d’une série comme Vikings a permis à ce film d’exister ?
Oui totalement. L’appétit des spectateurs pour les vikings au cinéma est énorme. Quand je suis allé voir les studios avec le premier jet du scénario, qui était bien plus bizarre que le film fini, je leur ai dit « j’essaie de faire le film de Robert Eggers le plus commercial possible et c’est un film de vengeance chez les vikings ». Il me semblait que cela pouvait fonctionner.
 
Y a-t-il des choses que vous avez voulu éviter à tout prix en filmant un film aussi épique ?
Il y a des stéréotypes que je voulais éviter. Je peux dire sans hésitation que c’est le film de vikings le plus réaliste jamais tourné. Juste parce que l’on est resté aussi fidèle que possible à nos recherches et que l’on a voulu physiquement représenté aussi authentiquement que possible le monde extérieur des vikings mais aussi intérieur. On s’est débarrassé de pas mal de stéréotypes comme du casque à cornes qui est présent dans les séries ou les jeux vidéos. Mais cela n’appartient pas aux Vikings.
 
Vos films sont réputés pour être précis dans les détails historiques. N’avez-vous jamais songé à tourner The Northman en langue nordique à l’instar de Mel Gibson sur Apocalypto avec la langue maya ?
J’aurais préféré le tourner en langue nordique. Mais Mel Gibson finance lui-même ses films épiques et coûteux et je ne peux pas faire ça. Malheureusement.
 
The Northman
 

"Il y a beaucoup de Conan dans ce film. Peut-être un peu trop (rires)."

 
Alexander Skarsgård a expliqué que ce tournage avait été le plus difficile de sa carrière. Le ressentiez-vous ?
Oui. Alex est dans toutes les scènes du film. La plupart du temps, à part ses scènes de grognement, le travail exigé est physique. On en a beaucoup parlé. C’est un film tourné avec une caméra et avec des longues séquences filmées d’une traite. Cela nécessite de répéter des scènes d’action intenses vingt-cinq fois de suite. Et je peux vous dire que pour Alexander, rien que de bouger ce corps aussi massif bâti pour le film, demande de l’énergie. Avec sa taille, il est impressionnant.
 
On pense forcément à Conan le Barbare.
Il y a beaucoup de Conan dans ce film. Peut-être un peu trop (rires). Je me rends compte que les gens dans ma tranche d’âge ont beaucoup d’amour pour Conan. On partage tous ça.
 
The Northman
 
Avez-vous demandé à Alexander Skarsgård de se préparer d’une certaine manière ?
J’ai dessiné Amleth, son personnage, et Alexander m’a dit « je crois que je vais devoir manger mes céréales » (rires). Il a travaillé la transformation de son corps avec son coach Magnus. Ce physique, c’est lui qui l’a amené. Mes directives étaient « ne bouge pas tes sourcils, ne cligne pas des yeux, ne bouge pas ton visage ». Ce qui peut paraître simple mais est extrêmement difficile.
 
La dernière fois qu’Alexander Skarsgård a joué face à Nicole Kidman, ils étaient mari et femme pour Big Little Lies. Là ils sont mère et fils. Vous y aviez pensé en la castant ?
Oui, on le savait. Ce casting n’est pas innocent. Je ne veux pas en dire plus. Il faut voir le film. Mais Nicole Kidman doit jouer sa mère jeune puis plus âgée. Sa tranche d’âge le permettait.
 
The Northman

La violence du film est très brute et crue.
A cause de la nature de cette histoire, la violence doit parfois être excitante et divertissante mais je ne voulais en aucun faire un film qui rend la violence attrayante. Je comprends en quoi le parcours d’Amleth et la mort qu’il sème sont importants pour lui mais pour moi c’est juste un gâchis de vies.

C’est votre second film avec Anya-Taylor Joy, le premier ayant été votre premier  The Witch qui l’a révélée et vous a révélé. L’avez-vous retrouvé changer en tant qu’actrice ?
Oui. En même temps, c’est pareil pour moi. Tous les deux nous nous sommes améliorés dans nos domaines. Anya est une actrice incroyable. Elle a une facilité phénoménale avec les langues. Il n’y qu’à voir comment elle parle ukrainien dans ce film. Elle sait influer tant de densité et de sous textes aux lignes de dialogue les plus basiques. Retravailler ensemble permet de sauter des étapes. On se fait confiance d’emblée. Cela a été la même chose avec Willem Dafoe. C’est le genre de chose qui facilite tellement mon tournage. On peut pousser nos limites plus facilement car on se connait. Anya est impressionnante. Elle est vraiment professionnelle et est une vraie leadeur sur le plateau. Ce tournage a été dur physiquement. Les conditions étaient rudes. De plus, elle joue parmi les esclaves qui portaient des haillons dans le froid. Impossible de faire semblant, elle avait réellement froid et ne s'est jamais plainte.

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