Preview - Le Monde selon Tim
Le 17/03/2009 à 14:51Par Arnaud Cuirot
Diffusé sur la HBO, Le monde selon Tim (The life and times of Tim) a débarqué en France sur Orange Cinéma Séries le 13 mars à 20h30 (Orange Cinenovo). Chouchouté par les médias américains, Le monde selon Tim est précédé d'une flatteuse réputation de série subversive à l'humour politiquement incorrect. Petits fours à l'appui, Orange Cinéma Séries se lançait donc dans une opération séduction des journalistes pour présenter sur grand écran les deux premiers épisodes de la série (la première saison en compte dix). Chaque épisode de 26 minutes est constitué de deux histoires distinctes de 13 minutes. Langage vulgaire, situations scabreuses et nombreuses références sociétales, Le monde selon Tim est une série d'animation exclusivement destinée aux adultes.
Synopsis :
Pour Tim, un jeune New Yorkais d'une vingtaine d'année, la vie serait parfaitement normale et tranquille si il n'avait pas le chic de côtoyer personnes étranges, bizarres et hors-normes. Ces rencontres vont l'entraîner dans des situations absurdes, des quiproquos inextricables et des enchevêtrements de circonstances avec effet boule de neige à la clef. Voisine, policier, prêtre, patron...tous semblent avoir pris Tim pour cible. Et pourtant, sa fiancée ne rêve que d'une chose : qu'il soit comme tout le monde. Voici le monde de Tim, un jeune homme ordinaire dont la vie est une confusion générale et où chaque décision du quotidien devient un dilemme existentiel.
Après la visionnage des deux premiers épisodes, la réponse à la question « Cette série mérite-t-elle sa réputation ? » doit-être nuancée. Annoncée comme subversive et très critique de l'American Way of Life, Le monde selon Tim demeure pourtant très sage de ce côté. Pas de remise en cause de la société et la série n'appuie pas vraiment là où ça fait mal. A défaut de critique révolutionnaire, on se contentera donc de quelques piques dans les dialogues sur la famille, le travail ou la télévision.
En revanche, les déboires du malchanceux Tim font mouche, l'humour est irrévérencieux, souvent vulgaire mais suffisamment décalé pour attirer les amateurs du genre. C'est plaisant, ça se consomme comme un gâteau apéro et chaque histoire condense en 13 minutes des situations improbables fonctionnant toutes sur l'effet boule de neige. Effectivement, Tim est malchanceux, fait souvent les mauvais choix en partant d'un bon sentiment et a le chic pour rencontrer des personnalités improbables (Que ce soit un curé bourré ou une grand-mère lubrique). On ne s'ennuie jamais et c'est bien là l'essentiel!
Cet humour pince-sans-rire, résolument adulte et habilement situé à la limite de l'absurde est servi par un graphisme ultra minimaliste. On aime ou pas, question de goûts, mais ce graphisme s'adapte quand même plutôt bien à l'univers urbain de Tim et à son esprit décalé. Plus gênant, l'animation n'est même pas minimaliste, elle est carrément médiévale et risque de rebuter plus d'un spectateur. Les personnages ne bougent quasiment pas et quand ils le font, on a plus l'impression de voir l'animation d'un jeu vidéo sur Amstrad CPC 6128 qu'une série animée du 21ème siècle. Dommage, même si le visuel n'est pas le cœur de la série.
Le Monde selon Tim n'est ni une merveille visuelle, ni une merveille d'animation (c'est le moins qu'on puisse dire) ni la bombe subversive annoncée. Une fois ce constat fait, demeure malgré tout une belle originalité et un ton ironique à confirmer dans les prochains épisodes. Surtout, l'écriture loufoque transforme chaque sketch en une perpétuelle surprise et en un grand rendez-vous du n'importe quoi et le spectateur se prend facilement au jeu en compatissant avec le malchanceux Tim. Il reste maintenant au créateur Steve Dildarian à faire le lien entre les histoires, les personnages et à savoir exploiter l'univers décalé progressivement mis en place. Une série à découvrir et dont HBO vient de confirmer la prolongation pour une seconde saison.



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