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Jappeloup avec Guillaume Canet

Notre avis
5 10 Malgré quelques ratés dans son rythme, Jappeloup franchit l'obstacle du biopic exhautif pour se concentrer sur son sujet, sincère et maitrisé : la relation affective d'un cheval et de son propriétaire pour un grand spectacle qui n'a rien à envier aux productions américaines. Retrouvez ci-dessous notre critique complète de Jappeloup.

Critique : Jappeloup avec Guillaume Canet

Avis aux amateurs d'équitation, de compétitions hippiques, de selles cirées, d'écrin de chevaux, avis aux nostalgiques des grandes heures de l'équitation française, Jappeloup sort en salle le 13 mars prochain. En s'inspirant de la vie du cavalier français Pierre Durand et de son célèbre cheval Jappeloup de Luze, Christian Duguay s'éloigne radicalement des productions américaines qu'il avait coutume de réaliser (Planète Hurlante, Suffer Island) pour renouer avec l'une de ses passions de jeunesse : l'équitation.

 

Ancien membre de l'équipe d'équitation du Canada, Pierre Duguay partait avec un avantage considérable : la connaissance de son sujet. De plus, en confiant le scénario et le rôle-titre à Guillaume Canet, le réalisateur s'entourait d'un casting dont la légitimité ne serait pas remise en cause. Car qui d'autre que Guillaume Canet pouvait interpréter ce cavalier, vilipendé sévèrement aux Jeux Olympiques de Los Angeles après une mauvaise chute, puis porté aux nues après sa médaille d'or aux JO de Séoul ? Guillaume Canet a, en effet, renoncé à une carrière de cavalier pour privilégier celle d'acteur, décevant ainsi son père, propriétaire d'un haras. Pierre Durant a longuement hésité entre une carrière d'avocat et sa carrière de cavalier, puis sous l'influence de son père, a repris la compétition. C'est donc un film intime qui nous est à priori proposé. Pierre Durant est le Guillaume Canet qui ne serait pas devenu acteur.

 

Jappeloup

UNE TRAME SOLIDE POUR UN CANASSON FEBRILE

 

Pourtant le film se présente également comme un Rocky – référence revendiquée – au parfum équestre, ce qui laissera plusieurs spectateurs circonspects. L'histoire de Jappeloup et de Pierre Durant est cinégénique et tient presque à un conte de fée, avec ce qu'il faut de moments difficiles pour nourrir un drame. Abandonnant une carrière d'avocat, Pierre Durant délaisse une vie bien rangée pour celle plus tumultueuse des compétitions de saut d'obstacles. Aimant la difficulté, il mise tout sur un cheval sur qui personne ne parierait un kopeck, car trop petit, trop caractériel et trop imprévisible. 

 

Pourtant, ses qualités sont nombreuses. Pierre Durant gravit un à un les échelons, se fait connaître, intègre l'équipe de France et ... chute à Los Angeles, devenant la risée et l'objet de nombreuses critiques. Après de longues hésitations, il décide de reprendre l'entraînement qui le mène à Séoul, en 1988, avec le succès que l'on connaît. Une histoire maintes fois rebattue d'une ascension, suivi d'un coup dur – préambule nécessaire à une rédemption et à la consécration certes-, mais qui a l'avantage de constituer une trame solide pour un film. Trame alimentée également par quelques interrogations familiales centrées sur la relation parfois conflictuelle du père et de son fils. Évidemment, il ne faut pas être trop imperméable aux interrogations pseudo-métaphysiques que cette histoire nous impose. A savoir : « Pourquoi devrais-je vouer ma vie à l'équitation et ne pas profiter de la vie confortable d'un avocat débonnaire et consciencieux ? Est-ce mon père et la peur de le décevoir qui m'y oblige ? ». Déclinaison souvent pathétique du complexe oedipien qui nous est imposée par plusieurs séquences du film. Heureusement, le père meurt, un enfant naît.

 

Jappeloup

 

UN FAUX DÉPART DRAMATIQUE...


Cette tristesse vite digérée, l'une des faiblesses du film se dévoile : son rythme. Qui trop embrasse, mal étreint. Faisant visiblement fi de cet adage et voulant parcourir (presque) entièrement la vie sportive de Pierre Durant, le film perd en rythme, ce qu'il gagne en exhaustivité. La première séquence montre la chute du petit Pierre Durant, âgé d'une dizaine d'années, que son père remet aussitôt en selle. On aura compris que cette scène souhaite indiquer la pression induite par le père. Seulement, tout se succède à un rythme effréné – les premières séquences s'enchaînent et nous laissent haletant devant l'écran. Le film passe vite – trop vite – sur l'hésitation du héros entre une vie bien rangée et celle d'un cavalier promis à un grand avenir. De la même façon, la rencontre avec sa future épouse (interprétée par Marina Hands) est lapidaire et n'apporte pas grand chose – sinon l'exhaustivité – au film. Délaissant peu à peu ce rythme, le réalisateur semble bien plus intéressé par la relation qui va peu à peu se lier entre le cavalier et Jappeloup – ce cheval si rétif à sauter les obstacles dressés. Il délaisse ainsi les rôles secondaires, ne leur offrant qu'un rôle de faire-valoir au héros. C'est dommage, car le film se serait nourri d'une complexité intéressante, en cherchant du côté du père ou de l'épouse. Les quelques scènes en huis clos n'y peuvent pas grand chose – les regards sont censés en dire davantage que les dialogues – seulement on reste hermétiques aux enjeux familiaux. Ce qui semble intéresser le réalisateur, ce sont les compétitions hippiques.

 

Jappeloup

 

On pourra difficilement reprocher l'absence de technique du réalisateur, qui a un certain don pour y mettre autant de vigueur et de suspense que dans un très bon film d'action. Seulement, c'est également là que le film déroute son spectateur : par sa cohérence stylistique. En bénéficiant d'un confortable budget, le réalisateur ambitionnait visiblement de faire un grand film d'action. Seulement, le mariage de séquences intimistes et les grands plans d'ensemble – ainsi que les vues aériennes des stades – forment une alliance souvent surprenante – laissant le spectateur perplexe. Pourtant de ce mélange de genres assumé, mais parfois maladroit, le réalisateur ratisse large et saura ainsi plaire à beaucoup. Car paradoxalement, cette faiblesse est également l'un des avantages. En effet, le film fonctionne et parfois plutôt bien.

 

Jappeloup

...POUR UNE VICTOIRE INCONTESTABLE


Parcourir la vie du cavalier français et introduire du suspense dans une vie déjà connue pouvait relever de la gageure. Les résultats aux compétitions sont déjà connus et la victoire de Pierre Durant est de notoriété publique. Il fallait donc relever le défi d'impliquer le spectateur. Pari réussi. Nous nous mettons ainsi à trembler en 1984, devinant la chute qui se profile, mais priant pour qu'elle ne se produise pas. Nous enrageons à l'idée que le cavalier puisse se séparer de son cheval, espérant un regain de lucidité (que pourtant nous connaissons). Enfin, nous cramponnons frénétiquement nos sièges, angoissés à l'idée que la médaille d'or lui échappe. Ce film saura donc ravir les spécialistes qui apprécieront sa rigueur technique et enthousiasmer les néophytes qui trouveront dans cette histoire, bien plus qu'une succession de compétitions, certes reproduites avec brio, sinon et surtout l'histoire d'une relation affective qui unit un cheval et son propriétaire.


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