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Halloween : le remake

Notre avis
8 10

C'est en tout cas ce qui élèvera le dernier chapitre, reprenant fidèlement le fil conducteur du film original, au-delà d'un simple pastiche de Vendredi 13. Des massacres en règle dépeints avec une sécheresse éprouvante, une illustration poussiéreuse de l'enfer, des mises à mort viscérales, et un rythme particulièrement soutenu qui trouve le moyen de rendre cette tragédie gothique aussi trépidante qu'envoûtante. Même pour ceux qui connaissent l'œuvre de Carpenter jusque sur le bout des ongles. Et Zombie de mieux conclure son film avec le parfait nihilisme jalonnant sa carrière de cinéaste : ce qui a débuté dans la sauvagerie doit s'achever dans la sauvagerie... Fort !


Critique Halloween : le remake

Bien que la brèche soit largement ouverte depuis près de cinq longues années, on s'étonne encore et toujours de voir débarquer des remakes de films d'horreurs classiques qu'on pensait intouchables. Halloween, de John Carpenter, est bien évidemment de ceux-là puisque au-delà du terme classique, il demeure à l'origine d'une véritable industrie de genre. Enormément de slashers lui doivent effectivement une reconnaissance éternelle, il a posé les bases indéracinables d'un style bien particulier et il reste, trente ans après son premier coup de manivelle, la pièce majeure en matière de films de Boogeyman. Celui qui nous intéresse ici, c'est Michael Myers, jusque là cantonné au rôle de l'increvable raclure de service caché derrière son livide masque blanc et son grand couteau, à qui les suites n'ont pas porté bonheur. "Yes he's back, the man behind the mask !", comme disait Alice Cooper dans l'une de ses chansons. Mais il prend ici une dimension nouvelle. Halloween version 2007, s'impose non seulement comme un bon remake, voire un très bon film d'horreur, mais il propose bien plus que cela...

 

Critique Critique Halloween : le remake : le remake

 

Les jeux étaient faits, et il suffisait de suivre au pas les dernières tendances pour accoucher d'un film réussi ou raté, aimé, mal aimé, ou porteur d'un succès relatif. L'intérêt ne se situait de toute façon dans aucun de ces objectifs, si ce n'est de reproduire la mouvance. Toujours est-il que les frères Weinstein ont cette fois-ci misé sur le bon cheval en proposant le projet à Rob Zombie. Un bonhomme hautement recommandable sur un plan musical mais également en matière de mise en scène puisqu'on lui doit, avec La Maison des 1000 morts et Devil's Rejects, deux des meilleurs films étranges de ces dernières années. Zombie est un mec doué, assurément, mais c'est aussi quelqu'un va puiser son potentiel dans une indépendance de ton, et dans l'art de totalement posséder ce qu'on a bien voulu lui confier : il ne dit pas oui à tout, et lorsqu'il accepte, c'est lui le maître à bord. Une hérésie à une époque où les studios forment sur le tas de gentils cinéastes qui acceptent de courber l'échine à la moindre pression...

 

Critique Critique Halloween : le remake : le remake

 

Rob Zombie reprend donc les manettes de A à Z, et fait très rapidement table rasse sur le produit formaté qu'on lui a confié. Fasciné par le culte psychotique et les mentalités de ceux qui incarnent le mal à différentes échelles, il s'empare de l'œuvre de Carpenter pour mieux l'autopsier. Ni une suite, ni un prologue, et pas totalement un remake décalqué, sa relecture est en fait un mélange de tout cela. Et s'il s'évertue à livrer un film d'horreur pas gore mais d'une violence extrême, c'est pour mieux semer ce trouble glacial dans les tenants de la folie meurtrière. Dans son gravissement, dans ses non-dits, dans sa gratuité, mais également dans ses motivations les plus incompréhensibles. Quitte à s'éloigner des postulats légèrement fantastiques du film original pour lui préférer un aspect "fait divers" plus terre-à-terre. Et par conséquent, plus sordide. Alors non, Halloween n'est plus une histoire de baby-sitters obligées de se défendre contre un indestructible malade mental venu décimer le quartier, mais bien celle d'un enfant, puis d'un homme, découvrant et succombant à sa propre démence.

 

Critique Critique Halloween : le remake : le remake

 

Le réalisateur étire ici en trois longs actes ce que le mythe d'origine se contentait de suggérer. Les deux premiers segments justifient assurément à eux seuls la mise en chantier du remake puisqu'ils s'attardent sur un semblant d'explication. Cet Halloween là reste bien évidemment un slasher, mais traité avec une gravité saisissante. Il transcende le crime dans la violence visuelle, certes, mais surtout dans le psyché infantile le plus sordide. Déjà enfant, Michael Myers ne peut retenir ses pulsions et tue. Sans âme, sans retenue, comme si la mise à mort était un réflexe capricieux qu'on ne pourra jamais changer. La séquence la plus malsaine du métrage étant sans doute cette incarnation difforme du mythe : ce petit corps d'enfant déambulant un couteau à la main avec cette énorme tête en latex disproportionnée...Tout était écrit, et l'on assiste à un drame familial fataliste qui glace le sang à lui seul, avant d'évoluer peu à peu dans une inéluctable, une immorale injustice. A partir de son second acte, Rob Zombie réalise un film d'horreur, non pas effrayant pour ses images (quoique), mais surtout pour les complaintes de proies qui ne méritent pas leur sort. Rien qu'en cela, le slasher a bien changé...



Par Arnaud Mangin Réagir


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