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Man of Steel : notre critique du film Superman de Zack Snyder

Le 20/10/2022 à 20:47
Par
Notre avis
8 10

L'annonce d'une collaboration Snyder / Nolan pour redonner sa lettre de noblesse à l'homme que l'on identifie d'un simple 'S' avait de quoi surprendre de prime abord. Comment les accointances pop et clinquantes du premier allaient s'accommoder du réalisme méthodique du second ? C'était sans compter le poids du mythe Superman sous lequel l'un comme l'autre s'efface. En résulte une œuvre bâtarde, pas un grand Snyder ni de l'excellent Nolan mais un somptueux Superman. Retrouvez ci-dessous notre critique complète de Man of Steel de Zack Snyder !


Man of Steel : La Critique

Superman : Man of Steel

 

Critique publiée le 19 juin 2013.

 

Il aura fallu attendre sept ans et une trilogie Batman couronnée de succès pour que l'autre figure emblématique de l'écurie DC Comics pointe à nouveau le bout de ses collants. La réalisation de ce reboot est confiée à Zack Snyder, d'après un scénario de Christopher Nolan (également producteur de Man of Steel) et David Goyer, les deux artisans du retour en grâce de l'homme chauve-souris.

 

Superman passe donc de la caméra de Singer à celle de Snyder, et comme il fallait s'y attendre de la part du réalisateur de 300 et de Sucker Punch, sa version des aventures du kryptonien encapé est... décapante.

 

D'une superbe introduction aux allures de space opera se déroulant pendant les dernières heures de Krypton - et portée par les personnages de Jor-El (Russell Crowe) et Lara (Ayelet Zurer), les parents biologiques de Clark Kent - Snyder passe à un segment plus intimiste mettant en scène un Clark barbu, poussé à l'errance par la crainte des soupçons autant que par sa propre quête identitaire, pour conclure sur un dernier tiers épique, à la (dé)mesure des pouvoirs du héros. L'histoire de Superman, c'est comme le coca ou le McDo, tout le monde connait. Intéressons-nous plutôt à celui que nous aimerons détester tout au long de ces 2h20...

 

Superman : Man of Steel

 

Zod, dans un bon jour...


Un bon film de super-héros, c'est d'abord un bon super-vilain !

De la chute de Krypton aux grattes-ciel de Metropolis, c'est donc un condensé des Superman I et II de Richard Donner (et Richard Lester) qui nous est proposé mais sans Lex Luthor ni kryptonite (trop associés au souvenir cuisant de Superman Returns ?). Ce qui n'est pas plus mal car la mythologie Superman a bien d'autres personnages à offrir que l'éternel mégalomane atteint de calvitie. Le général Zod (incarné par Michael Shannon, LA révélation de ce Man of Steel malgré l'excellente performance de Henry Cavill sous les muscles de Clark Kent), compatriote de Kal-El (alias Clark Kent alias Superman) ayant lui aussi survécu à la destruction de leur planète, est un antagoniste de choix à plus d'un titre.

 

Superman : Man of Steel

 

Zod est un être qui a tout perdu, l'un des derniers représentants de sa planète à qui est offerte l'opportunité de la recréer (sur Terre, pas de chance). Plus nuancé que Luthor, il n'est motivé ni par la soif de richesse ni par la quête d'influence mais par la survie pure et simple de son espèce. Bon d'accord c'est un nationaliste guerrier doublé d'un eugéniste convaincu, mais le désespoir de sa cause et la conviction du jeu de Shannon garantissent au personnage l'empathie du public.

 

D'un point de vue plus pragmatique, Zod et ses sbires sont l'occasion de voir Superman faire autre chose que d'influer sur la chute des corps (avions, astéroïdes, Lois Lane ou autres globes du Daily Planet). Ici le kryptonien est aux prises avec du gros gibier et aura besoin de lâcher un peu le frein dans les combats dantesques, à la Dragon Ball Z, qui l'opposent à ses pairs.

 

Du pain béni pour la grandiloquence d'un Snyder qui, une fois n'est pas coutume, y est allé mollo sur les ralentis stylisés. D'un point de vue scénaristique enfin, le conflit qui oppose Zod à Jor-El offre, via une course poursuite musclée, un regard inédit sur un Krypton travaillé à l'esthétique inspirée de l'heroic fantasy (et donne au passage à Russell Crowe l'occasion de briller dans le rôle d'un Jor-El à des année-lumières de celui de Marlon Brando mais tout aussi convaincant.)

 
Superman : Man of Steel

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Super, pas parfait

Mais voilà, Man of Steel n'est pas exempt de défauts à commencer par son rythme inégal et sa manière de ne faire qu'effleurer son sujet pour mieux céder aux sirènes de l'action. Et ce n'est pas la multitudes de symboles messianiques ou "l'aspect Terrence Malik" des scènes à la ferme des Kent qui parviendront à masquer la vacuité des trop rares dialogues. A tel point que le film prend par moments des allures de patchwork sans âme de scènes plus ou moins mémorables (la structure morcelée du récit, faite de flashbacks non chronologiques, n'arrangeant pas les choses). Déception également du côté du personnage de Lois Lane (Amy Adams) dont la relation avec Clark est presque anecdotique et vraiment mal amenée (cela dit, le film se déroulant avant que celui-ci n'intègre le Daily Planet, tout reste possible dans une très certaine suite). Ces menues faiblesses ne sauraient nuire pour autant à la démonstration de force effectuée ici.

 

Man of Steel n'est pas la réussite incontestée que fut Batman Begins mais il serait irréaliste de réclamer de l'extraterrestre Clark Kent l'ambivalence trop humaine du Dark Knight. Snyder a apporté ce qu'il convenait de fournir à un film Superman, un univers cohérent, détaillé et par dessus tout ce sentiment jouissif d'une infinie puissance.

 

Man of Steel 2

 
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