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Tolstoi, le Dernier Automne

Le 08/12/2010 à 14:37
Par
Notre avis
8 10

Adapté du roman biographique The Last Station de Jay Parini, Tolstoi, le Dernier Automne s'intéresse aux derniers mois de la vie de l'écrivain et moraliste russe à travers son conflit avec sa femme, qui tente de sauver l'héritage de ses enfants, qu'il veut céder au peuple russe. Entre ironie cinglante et drame conjugal, Tolstoi, le Dernier Automne excelle dans le registre de la tragi-comédie et dans l'utilisation des enjeux dramatiques pour exprimer la quête de vérité et les contradictions d'un philosophe tiraillé entre idéalisme et réalité. A la fois émouvant et passionnant, le film de Michael Hoffman souffre d'une réalisation quelque peu académique mais dessine avec subtilité les portraits hauts en couleurs de protagonistes qui s'opposent et se déchirent, interprétés par des acteurs inspirés parmi lesquels Helen Mirren et Christopher Plummer nous livrent un face-à-face d'acteurs mémorable.

Découvrez ci-dessous la critique de Tolstoi, le Dernier Automne


Critique Tolstoi, le Dernier Automne

Cent ans après la mort de Léon Tolstoï à Astapovo, Tolstoi, le Dernier Automne, le nouveau film de Michael Hoffman (Songe d'une nuit d'été), s'intéresse aux derniers mois de la vie du célèbre écrivain russe en adaptant le roman biographique The Last Station de Jay Parini, roman inspiré des journaux intimes de proches et amis de Tolstoï. Nous sommes en 1910. L'auteur d'Anna Karénine et de Guerre et Paix réside dans son domaine campagnard entouré de sa famille et de ses disciples. Philosophe et moraliste, précurseur de la non-violence, Tolstoï (Christopher Plummer) veut libérer le peuple russe et glorifie la loi de l'amour. C'est justement l'amour qui est au centre de Tolstoi, Le Dernier Automne puisque l'homme y est abordé à travers son mariage avec Sofya Andreïevna (Helen Mirren), son épouse depuis 48 ans. Un angle intime et particulièrement intéressant en ce qu'il révèle toutes les contradictions du personnage, qui prône l'amour alors qu'il s'apprête à compromettre l'avenir de sa famille en signant un testament cédant les droits de son œuvre au peuple russe. Au cœur du film, un affrontement sans merci entre deux proches de Tolstoï : Sofya, l'épouse dominatrice et dévouée prête à tout pour sauver l'héritage de ses enfants, et Chertkov (Paul Giamatti), le disciple sectaire qui tente d'influencer l'écrivain pour satisfaire sa soif d'absolu.

 

Critique Critique Tolstoi, le Dernier Automne

Critique Tolstoi, le Dernier Automne

 

Pour servir cette lutte entre idéalisme et réalité incarnée par ces deux protagonistes, l'histoire adopte le point de vue de Valentin Bulgakov (James McAvoy), le fervent admirateur fraichement engagé comme secrétaire et qui fait figure d'observateur. A son arrivée, le jeune homme récite naïvement les leçons de son maître comme un écolier. Mais il se retrouve bientôt pris dans la tourmente du drame conjugal dont le domaine de Tolstoï est le théâtre suite aux manœuvres de Chertkov. Avec une habileté indéniable, Michael Hoffman nous plonge avec un humour cinglant dans les conflits personnels qui entourent l'écrivain, tiraillé entre un idéalisme qui confine au dogmatisme et son sentiment de trahison envers sa femme. Avec une certaine subtilité, le film utilise les ressorts dramatiques pour rejoindre les préoccupations du philosophe en quête perpétuelle de vérité et saisi par l'absurdité de la vie. Le tout dans un univers conforme à l'image que l'on se fait de Tolstoï, qui évolue entouré de paysans dans des contrées verdoyantes mais qui mène un mode de vie aristocratique, à peine offusqué de la présence de journalistes voyeurs. C'est dans l'expression des contrastes que Tolstoï, le Dernier Automne excelle le plus, notamment lorsque le comique s'invite dans la tragédie, comme lors de l'intrusion de Sofya dans une pièce où se prépare le complot visant à déshériter ses enfants - une séquence où Helen Mirren provoque à la fois le rire et l'émotion.

 

Critique Critique Tolstoi, le Dernier Automne

 

Car l'un des points forts du film réside dans l'excellence de son casting. Helen Mirren, plus imposante que jamais, interprète Sofya, qui suscite une empathie immédiate de par son acharnement à défendre sa cause mais aussi ses imperfections, ses travers. L'actrice exprime son immense talent à travers un face-à-face d'acteur impressionnant avec Christopher Plummer, formidable dans son portrait de l'écrivain, à la fois lâche et attachant. Les acteurs secondaires ne déparent pas, entre James McAvoy, excellent en disciple naïf qui découvre la relativité de la pensée de son maître, et Paul Giamatti qui cultive les ambigüités dans le rôle de Chertkov, dont on ne sait s'il agit au nom de ses intérêts personnels ou d'une interprétation radicale et déformée de la philosophie de son école. La réalisation de Michael Hoffman aurait parfois gagné à se montrer moins académique, notamment dans la dernière demi-heure qui sombre un peu trop dans le mélodrame, mais les qualités d'écriture et d'interprétation font de Tolstoï, le Dernier Automne une œuvre à la fois passionnante et émouvante.

 

Critique Critique Tolstoi, le Dernier Automne





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