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GLASS : on a parlé de Bruce Willis, Marvel et d'un Glass 2 avec M.Night Shyamalan

Glass est actuellement dans nos salles. La suite tant attendue de Split et d'Incassable réunit donc Bruce Willis, Samuel L. Jackson et James McAvoy, 19 ans après la première apparition de David Dunn et Elijah Price.

On a eu l'occasion de discuter quelques minutes avec M.Night Shyamalan lors de sa venue à Paris.

Glass
  

Qui était au courant que Bruce Willis figurait à la fin de Split ?

M.Night Shyamalan : Personne (rires). C’était un énorme secret. Ce n’était pas indiqué dans le script. On a tourné sa scène indépendamment du tournage du film. Cette petite scène a été réalisée avec une équipe réduite. Je n’ai même pas dit à l’équipe ce que l’on tournait. Dès que Bruce est arrivé, j’ai demandé à ce que l’on aille vite. Il n’a été là que 1h50. Pas plus. Il s’est assis et on s’est dépêché. L’équipe me demandait « mais qu’est-ce que l’on fait là ? ». Je leur répondais : «non, je n’en parlerais pas. » (rires).

On n'a pas vu Bruce Willis aussi investi dans un rôle depuis de nombreuses années. Comment vous êtes vous débrouillé pour le remotiver ?

On est amis. On est resté proche après le Sixième Sens. Je lui dois beaucoup. Il m'a fait confiance à cette époque alors que j'étais inconnu et que le studio ne voulait pas  que je réalise le film. En dehors des plateaux, je le vois comme un père et comme quelqu’un qui s’occupe de sa famille. C’est cette version de Bruce Willis que je voulais transposer sur l’écran. Je sais qu’il est ainsi dans la réalité. Mais c’est ce que je voulais montrer.

Glass


Quel est votre film de super-héros préféré ?

J’ai trouvé le premier Iron Man excellent. La performance de Heath Ledger dans The Dark Knight est incroyable... j’ai comme un trou mais je sais qu’il y en a des quantités d’autres films de super-héros que j’adore bien qu’ils ne me viennent pas en tête tout de suite.


Avec Glass, vous vous détournez du spectaculaire au profit d'une approche plus cérébrale. C’est un peu de l’anti Marvel dans un sens non ?

Oui parce que ce n’est pas là où mon esprit vadrouille. Je ne sais pas faire du cinéma bourré d’effets spéciaux. Ce n’est pas là que j’ai envie d’aller et ce n’est pas ce qui m’intéresse. Ce sont plus les détails qui m’intéressent. Les insinuations, l'histoire, les personnages. Mais les grandes scènes d'action ne sont pas mon cinéma. Je ne pourrais pas travailler pour Marvel. 

Comment percevez-vous Incassable presque vingt ans après sa sortie ?

Comment un film super gonflé, couillu avec une tonalité audacieuse, J’ai relu le scénario il n’y a pas longtemps et il y a plus d’humour que dans le film. Mais à 26, 27 ans, je n’étais pas doué pour insuffler de l’humour dans mes film. Tous les instants comédie du script ont disparu lors du tournage. C'est un peu mon regret. Si je pouvais ramener les 5% de cet humour, Incassable gagnerait en qualité.

Incassable

Monter Glass aujourd'hui a dû être nettement plus facile qu'Incassable il y a 20 ans...

Oui. Bien sûr. L’idée est immédiatement acceptée aujourd’hui. A l’époque, les studios ne pensaient pas que les spectateurs seraient aussi friands de comic book movies. Aujourd’hui, aucun spectateur ne mettra en doute le fait que des personnages sont capable d’avoir des pouvoirs extraordinaires. Tous les studios veulent leurs film de super-héros. On est dans un monde où il est admis que Spider-Man ou Iron Man existent. Et justement l’idée de Glass est de dire : « et si Marvel n’était pas un mythe mais se basait sur des faits réels ? ». C'est pour cela que j'ai voulais placer mes personnages dans un asile psychiatrique. Et s'ils souffraient d'un trouble psychologique en s'étant auto-persuadés qu'ils étaient des superhéros ? 

Quels influences ont eu les comic books sur Glass ?

Une influence énorme. Mais plus que les comic books en eux-mêmes, ce sont les manière de raconter des histoires des comic books qui m’ont influencé pour Glass. Les cases, la manière dont elles sont assemblées, pourquoi dans cet ordre, et pourquoi est-ce que je passe de case en case avant de soudain m’arrêter plus longuement sur l’une d’entre elle. Pourquoi est-ce que celle-ci m’a fait m’arrêter ? Pourquoi est-elle aussi puissante ou intrigante ? Qu’est-ce que l’artiste est parvenu à capturer dans son dessin ? Vous participez quand vous lisez un comic book. Et c’est ce que je cherche à provoquer avec mes films. Vous pouvez aller aux toilettes pendant un de mes films mais vous pouvez être certain que vous allez louper quelque chose. Et que vous serez obligé de demander à la personne assise à côté de vous ce qu’il s’est passé.

Glass


Les bandes-annonces de vos films ont toujours préservé le secret de leur contenu. On va les voir au cinéma sans savoir ce qui nous attend. Cependant pour Glass, c’est la première fois que l’on connaît l'univers dans lequel on va se plonger. Comment faire pour monter une bande-annonce sans trop en dévoiler à une époque où elles ne se privent pas de révéler un film en entier ?

Les bandes-annonces sont toujours un challenge pour moi. Comment vendre son film sans rien montrer (rires). J’ai donné des indications aux studios, je leur ai demandé de ne pas montrer ceci ou cela et de ne surtout pas s’approcher de certains moments. Eux de leur côté me demandaient "s’il te plait, juste une image de ça". On a eu ces conversations. Mais je leur disais "vous ne pouvez pas vendre mon film en leur en montrant trop. Laissez les venir le découvrir au cinéma". Quand je tourne, j’essaie de penser aux images que je laisserai échapper pour la bande-annonce. Mais l'idéal est bien sûr que les spectateurs aillent au cinéma sans rien savoir du film. L'expérience sera plus forte.

Glass pourrait-il avoir une suite ?

Deux choses. Oui, il pourrait y avoir une suite. Mais non, je n’en ferai pas (rires). J’ai adoré cette histoire. Je suis ravi d'avoir pu la développer sur trois films mais qu’elle se termine ici, c'est parfait.

Est-ce vrai que dans la première version du script d’Incassable figurait déjà des élèments de Split et de Glass ?

Absolument. Les trois films étaient inclus dans la première version d’Incassable. Elijah Price venait trouver David Dunn seul survivant d'un effroyable accident ferroviaire pour le convaincre qu’il était un super-héros et le pousser à affronter la Bête, qui venait de kidnapper trois jeunes filles. Mais au final, cela m’a semblé trop complexe pour un seul film. J’ai supprimé le personnage de Kevin pour me concentrer sur Elijah Price et David Dunn, faisant ainsi de Glass le méchant.







Par Olivier Portnoi Réagir


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