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Jesse Eisenberg : "J'ai régulièrement des cauchemars d'acteur" Vivarium interview

Jesse Eisenberg est à l'affiche du cauchemardesque et perturbant Vivarium avec Imogen Poots (Green Room, Black Christmas).

Le Mark Zuckerbeg de The Social Network, le Lex Luthor de DC ou encore le Columbus de Bienvenue au Zombieland est passé à Paris afin de défendre le film. Comme on s'en doutait, il parle très vite !

Vivarium

Dans Vivarium, Jesse Eisenberg et Imogen Poots sont un jeune couple de bobos à la recherche de leur maison de rêve dans un quartier résidentiel en banlieue irlandaise.
 
Mais la visite d'un lotissement un peu spécial va tourner au cauchemar. Les voici pris au piège dans un labyrinthe qui semble infini et où toutes les maisons sont identiques. Un cauchemar digne d'un épisode de Black Mirror ou de la Quatrième Dimension.



Quelle a été ta réaction en découvrant le scénario de Vivarium ?

Jesse Eisenberg : Plusieurs choses me sont venues à l’esprit en lisant le script. Je venais d’avoir un bébé, je m’étais tout juste marié, je me sentais bien, certain d’avoir pris les bonnes décisions. Puis je reçois ce scénario à propos de ce type qui est marié, a un bébé et est coincé dans cet enfer de banlieue pour l’éternité. Je me suis questionné sur mes choix de vie en lien avec ce que je lisais. Mais j’ai trouvé que c’était un concept génial car c’est autant un commentaire sur la vie moderne qu’une réaction cauchemardesque à la vie moderne. Ce n’est pas un film pensé comme une métaphore lourde et évidente sur les travers maléfiques des multinationales en banlieue. C’est une vision dadaïste infernale d’un rêve fiévreux et cauchemardesque. C’est tellement bien conçu. Et quand j’ai vu comment il construisait le décor en Irlande dans cette ville, j’ai trouvé cela incroyable. Surtout avec un budget aussi modeste. C’est remarquable.

Vivarium

Vivarium pourrait presque s’apparenter à un épisode de Black Mirror ou de la Quatrième Dimension.

Oui. Mais la raison pour laquelle je l’ai préféré à un épisode de la Quatrième Dimension ou de Black Mirror c’est que… ces séries développent des métaphores très précises sur les dangers de la technologie. Or Vivarium n’a pas de finalité politique. Il est plus proche d’un film de Buñuel que d'un épisode de Black Mirror. Black Mirror est bien sûr génial mais Vivarium a plus en commun avec le cinéma surréaliste.

As-tu parfois des cauchemars qui ressemblent à Vivarium ?

Je fais des cauchemars d’acteur mais pas des cauchemars de banlieue. Pour moi, la vie en banlieue me paraît un rêve. Parce que ma vie est tellement étrange. Je suis sans cesse en déplacement. J’ai un métier très publique ce qui est nerveusement exténuant. Pour moi vivre pour toujours dans une banlieue tranquille passe pour un soulagement.


Quels sont tes cauchemars d’acteurs ?

Ce sont les mêmes pour tous les acteurs. C’est de ne pas connaître son texte. J'en fais constamment. Tu montes sur scène et tu ne te souviens pas de ton texte. Sauf d’une petite partie. C’est ce qui rend ces rêves tellement réalistes et si effrayants. Ils contiennent un élément de réalité. Tous les acteurs les font. Par chance dans un film comme Vivarium, il n’y a pas tant de texte. Ce n’est pas comme dans un film de Woody Allen ou les personnages font (il imite Woody Allen) « c’est dingue que nous soyons assis dans cette maison etc » . Ce film n’est pas comme ça.


Tu creuses un trou dans la grande majorité du film..

Je creuse un trou, je balance un enfant, il n’y a pas tant de dialogues (rires).

Vivarium


Comment était-ce de pouvoir insulter un enfant comme tu le fais ?

Mon personnage pense que cet enfant est un démon. Alors que le personnage d’Imogen (Poots) le perçoit comme un fils. Je deviens une sorte de père abusif dans un sens. C’est un feeling étrange car mon propre enfant était sur le plateau de tournage et parce que le jeune acteur qui joue cet enfant est le gosse le plus mignon au monde. Il est tellement gentil. Ce n’est pas l’un de ses gosses qui déteste les plateaux de tournage. C’était un crève-cœur de devoir être violent avec lui. Je ne cessais de lui demander "Tu es certain que ca va ? Je vais te soulever et te jeter. Tu es sûr que ça va ? » Il répondait : « Oui je vais bien. Tu peux me jeter plus fort ». Quelle personne dit cela à une autre ?

Vivarium

 

Vivarium est déstabilisant et poisseux On y repense bien après la fin de la projection. Quels sont les films qui t’ont suivi de la sorte ?

Je viens de voir Parasite, qui de toute évidence est un succès international. Il reste longtemps ancré en toi et te mets face à tes contradictions… Tu te retrouves du côté des parasites car c’est inhérent à nous tous de rejeter les riches. Je viens d’une famille de juifs marxistes. Tu n’aimes donc pas ces gens mais tu ne veux pas pour autant que leurs vies soient détruites parce que cela va ruiner la vie civilisée. Ce film réussit si bien que tu soutiens les parasites mais en même temps, tu espères qu’ils ne vont pas détruire la société.

Y a-t-il un chef d’œuvre supposé du cinéma que tu ne comprends pas ?

J’ai un cursus de cinéma surréaliste à la fac. Je n’appréciais pas ces films au début. On regardait Bunuel, Man Ray. Il m’a fallu un moment avant de les apprécier. Je suis quelqu’un de logique. J’ai besoin de comprendre la signification de tout ce que je vois. Pourquoi ces animaux courent-ils pendant ce diner ? Mais plus j’ai suivi ces cours, plus j’ai pu comprendre l’intérêt de cette forme d’art surréaliste. J’ai fait des films surréalistes depuis comme The Double basé sur un roman de Dostoevsky, l’histoire d’un type qui échange avec son double. J’ai appris à aimer ces films cauchemardesques ou d’hallucinations qui installent plus des sensations qu’une réelle histoire.

Vivarium


Apprécies-tu les films d’horreur ?

Je n’aime pas vraiment les regarder mais j’aime jouer dedans car ils permettent aux acteurs de tester un jeu qui va vers les extrêmes. Je me souviens quand j’étais en cours de théâtre, le prof me disait "crie plus fort, crie pour moi qui suis au bout de la pièce". Sur un plateau de cinéma, personne ne te demandera ça. Cela parait absurde. Mais quand tu es sur un film comme Vivarium, tu es dans une forme de performance proche du cours de théâtre. C’est-à-dire amplifiée, extrême qui tend vers le surréalisme.


Que te dit-on dans la rue ?

J’ai tourné dans deux films Zombieland. Je n’ai jamais vu des réactions aussi fortes autour d’un de mes films. Les gens adorent ces deux films. Il y a d’autres acteurs célèbres dans Zombieland comme Woody Harrelson, Emma Stone, Abigail Breslin. Nous sommes tous amis. On tourne tous dans d’autres films. Mais pour je ne sais quelles raisons, les gens adorent tellement ces films. C’est étrange… Ils ne me paraissent pas si personnels, ce sont des comédies horrifiques. Mais les gens ont été touchés par eux d’une manière inhabituelle. C’est sans précédent pour moi.

Vivarium


Te confond-on parfois avec d’autres acteurs ?

Oh oui. Un jour j’ai signé un autographe en tant que Andy Samberg. Essentiellement parce que j’étais près des studios de Saturday Night Live. J'ai signé mais je ne sais pas quoi… Michael Cera aussi. Mais je comprends, on se ressemble. Une fois je suis tombé sur une photo de lui et j’ai cru que c’était moi.

 

Pourrait-on te revoir en Lex Luthor chez DC ?

J’adorerai rejouer ce personnage. Mais cela dépend du prix des actions. Cela n’a rien à voir avec moi. Mais oui j’adorerai rejouer ce personnage. Ma formation en tant qu’acteur est le théâtre où tu rejoues la même pièce 300 fois. J’aime l’idée de rejouer les personnages. Cela ne devient jamais ennuyeux. Mais encore une fois cela n’est pas de mon ressort. Cela dépend de Warner Brothers.

Vivarium

 

Comment gères-tu les crises et le stress ?

Je ne suis calme uniquement dans les situations de crise. Dans le reste de ma vie, je suis anxieux. Quand il y a une crise, je me sens comme chez moi. Je viens d’une culture de personnes déplacées à travers le monde. On est tous préparés à une crise à tout moment. Mais comme je vis en Amérique dans la classe moyenne là où j’ai été élevé, dans la banlieue du New Jersey, il n’y a pas eu de crise. D’un sens je suis très préparé aux crises mais elles ne viennent pas. Alors lorsque je me retrouve face à une crise même infime, je sais réagir et je suis très efficace.

Vivarium au cinéma dès le 11 mars 2020.

Thriller



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