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Quartet de Dustin Hoffman : la critique du film

Notre avis
5 10 Pour sa première réalisation, l'acteur américain signe un film classique, sans grandes surprises, mais agréable à regarder. Et puisque – comme le rappelle un personnage "les œuvres d'art sont d'une infinie solitude, rien de pire que la critique pour les aborder. Seul l'amour peut les saisir" - laissons donc de côté toute critique acerbe ou non, et laissons nos cœurs s'emballer au gré des airs d'opéra... Découvrez ci-dessous notre critique de Quartet.

Critique : Quartet de Dustin Hoffman

Après avoir tenu les rôles de ténors dans d'éminents films (Rain Man, Macadam Cowboy...) Dustin Hoffmann passe derrière la caméra et revêt, pour l'occasion, le costume en queue de pie du chef d'orchestre. Quartet, adapté d'une pièce de théâtre écrite par Ronald Harwood, raconte le quotidien des pensionnaires de Beacham House, maison de repos pour personnes âgées au cœur de la campagne anglaise, qui accueille des musiciens et des chanteurs d'opéra à la retraite. La paisible tranquillité de ses habitants va être troublée par l'arrivée d'une nouvelle pensionnaire : Jean Horton, une diva dont l’ego n'a d'égal que ses succès. Cette arrivée va raviver des douleurs et des amertumes que certains pensionnaires pensaient digérées...

 

Quartet

 

A première vue, ce film se présente comme une déclinaison vieillie du film Les Choristes, voire même, pour pousser l'analogie plus loin, du film Amour, dont il partage quelques thèmes : la musique et la vieillesse. Seulement, ces trois films ne peuvent souffrir davantage la comparaison. Là où Haneke souhaitait montrer la vieillesse par le prisme de la maladie, de la démence et du délitement d'une relation amoureuse, Dustin Hoffman parcourt le chemin inverse. Loin de montrer la vieillesse sous un angle déprimant, il la dépeint comme un handicap certes, mais qui ne doit pas contraindre les personnes à attendre passivement leur mort. La vieillesse comme la mort sont la toile de fond de ce film. Elles rôdent dans l'ombre, interviennent par instants, mais sont rarement plaintives et jamais pathétiques. Au contraire, la vieillesse est montrée dans sa nudité la plus crue, mais on la supporte d'autant mieux qu'on en rit. Et c'est justement le pari qu'on fait nombre de pensionnaires de Beacham Housse, à l'image de Billy Connolly, sur qui repose les plus grands traits d'humour de ce film. Cette invitation au rire face aux corps qui abandonnent la volonté de ses propriétaires est un défi difficile. Il est réussi. Et si on ne rit pas franchement, on sourit souvent aux facéties de Billy Connolly qui campe un septuagénaire dragueur et séduisant, bien conscient d'avoir passé l'âge de courir les jupons, mais qui ne semble pas s'y résoudre.

 

Quartet

 

Le point fort de ce film est sa capacité de faire passer du rire aux larmes. Certaines séquences font pincer les lèvres. Car sous son aspect de comédie, Quartet aborde également des thèmes plus graves : la solitude et les amours déchus. L'arrivée de la diva Jean Gordon (magnifique Maggie Smith) ravive les douleurs d'un pensionnaire, son ex-mari, qui n'a toujours pas digéré leur rupture et qui l'aime comme au premier jour. En somme, cette pension est un prélude à la mort. Bien éveillés, ses habitants sont contraints de se remémorer avec nostalgie les succès passés et leur vie presque achevée. Ce qui peut être douloureux de constater les conséquences de ce dilemme, tranché des années plus tôt : le sacrifice de sa carrière au profit d'une fin heureuse ou l'art au profit d'une solitude annoncée ? Options incarnées par les protagonistes de ce film. Car "quiconque fait deux cents mètres sans amour va à ses funérailles vêtu de son linceul"... Chaque personnage porte un regard bien à lui sur sa carrière et sur sa façon de vieillir. La confrontation de ces personnalités bien trempées donnent des dialogues bien ficelés et de belles scènes.

 

Si le fond l'emporte sur la forme, Dustin Hoffmann signe toutefois un joli film à la réalisation simple et soignée. John de Borman, le directeur de la photographie, a particulièrement soigné le travail sur la lumière pour un rendu automnal qui colle au poil avec le sujet. Si le film n'échappe pas à quelques longueurs, la musique et les nombreux airs d'opéra savent redonner du rythme et regagner l'attention du spectateur. La scène qui ouvre le film est particulièrement réussie : de vieux doigts s'agitent sur un piano, une voix entonne un air connu et nous parcourons les diverses pièces de cette pension. Une belle entrée en matière qui nous fait parcourir ce lieu qui nous semblera si familier lorsque le générique tombera. L'attachement aux personnages est immédiat (mention spéciale pour Pauline Collins, attachante vieille dame atteinte de démence). Dustin Hoffmann semble savoir quels procédés utilisés pour donner de l'écrin à ses personnages.


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Par 1 commentaires


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Par senze il y a 8 an(s)
Dustin Hoffman ? VENDU !
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