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L'Assaut

Notre avis
5 10

En 1994, face aux images sanglantes de l'issue de la prise d'otage de l'A300, nous nous disions que forcément, un film verrait le jour tôt ou tard. Dix-sept ans plus tard, on se rend compte que l'idée n'était pas forcément bonne bonne, l'opération de sauvetage en question ne prêtant finalement pas à une véritable histoire humaine, mais plutôt à une manœuvre militaire expéditive, visant à régler une situation de crise froide et mécanique. Ne parvenant pas à restituer tout l'aspect tragique de ce spectaculaire fait divers, que nous ressentions pourtant devant nos postes de télévision, Julien Leclercq a fait de L'Assaut un film manquant d'intérêt.

Découvrez ci-dessous la critique de L'Assaut


Critique L'Assaut

Critique L'Assaut

 

Dans les intentions, L'Assaut est probablement l'une des meilleures façons d'aborder les films de genre à grand spectacle français, en conjuguant les codes d'un cinéma normalement attribué à nos voisins américains et une histoire populaire touchant intimement le pays et donc autant de spectateurs potentiels. Un peu comme le fut le diptyque Mesrine en 2008. Dans les intentions seulement puisque malheureusement, si cette tragique histoire survenue lors du noël 1994 à la fois sur le sol algérien et français a irrémédiablement marqué les mémoires avec ses retransmissions télévisées, on se rend très vite compte qu'elle n'était pas spécialement conforme avec les possibilités et les exigences du grand écran, du moins en tant que telle. Si ce n'est s'imposer comme une sorte de devoir de mémoire plus pédagogique qu'artistique. En ciblant son intrigue sur trois axes distincts (les terroristes, les membres du GIGN et le gouvernement français) Julien Leclercq ne met qu'en exergue les tenants et aboutissants du drame : l'attaque de l'airbus à Marignane n'est pas tant une histoire humaine qu'une manœuvre politique et médiatique comme tant d'autres, si ce n'est qu'elle a coûté la vie à des innocents. Absout de toute attache, de toute émotion, de toute humanité et donc d'un quelconque élément retenant la sensibilité du spectateur, L'Assaut s'impose comme une démonstration d'une froideur mécanique.

 

Critique L'Assaut

 

Cette herméticité, c'est irrémédiablement ce qui fait qu'on n'adhère à pas grand-chose pendant son heure et demie, d'autant plus que l'histoire étant encore très fraiche dans les mémoires, rien ne donne spécialement envie de savoir comment tout ceci va se finir. Parce qu'on le sait déjà. Et ce ne sont pas les rares tentatives d'incursion familiale dans la vie privée du personnage de Vincent Elbaz - d'une transparence embarrassante à chacune de ses apparitions - qui insuffleront un semblant d'attention. Marie Guillard n'est qu'une caricature de faire valoir (la femme au foyer qui passe son temps devant la télé à attendre que son mari se fasse descendre) encerclée par les "ouin-ouin" du bébé. Une ligne de dialogue qui, avec "Allah Akbar", demeureront d'ailleurs l'essentiel des conversations du métrage. On devine aisément qu'il s'agit d'une volonté lourdement étudiée afin de coller au plus près à la réalité des évènements, mais à force de ne proposer aucun personnage charismatique ou même attachant, pour privilégier l'esthétisme poseur, on a déjà quitté la salle à titre cérébral.

 

Critique L'Assaut

 

Même s'il est flagrant que Julien Leclerq a tenté de faire son propre Vol 93, il n'arrive jamais à distiller le moindre sentiment d'angoisse ou de suspense, si l'on excepte peut-être l'exécution de l'otage français... Bref, pendant 1h20 on comble le nécessaire à combler lorsque l'on veut raconter une histoire qui n'a finalement duré qu'une dizaine de minutes tout au plus et arrive donc le fameux assaut-titre. Là encore, c'est un peu la déconfiture. Ok, ça flingue pas mal, ça reste réaliste, chaotique, rentre-dedans et plutôt efficace dans une certaine mesure (le garçon a démontré suffisamment qu'il avait un potentiel technique certain) mais on se rend compte que cette reconstitution de la sauvagerie n'arrive jamais à la cheville des véritables images percutantes et effrayantes que l'on connait tous. Elles figurent d'ailleurs dans le film et ont bien plus d'effet que tout ce qui se déroule dans la carlingue, un peu trop graphique pour l'occasion.

 

En somme, même si l'on se trouve devant un produit honnêtement calibré, pavé de bonnes intentions et à la production value évidente (un minimum pour un film d'action), L'Assaut a peut-être tout simplement fait l'erreur d'exister : les faits, rien que les faits, n'ont rien de cinématographique.

 

Date de première publication : 15 février 2011 à 8h23



Par 2 commentaires


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Derniers commentaires
Par Alain de Georgie il y a 7 an(s)
Parfaitement dit.
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Par Sinefil il y a 9 an(s)

likeSmall 67
"Ok, ça flingue pas mal, ça reste réaliste, chaotique, rentre-dedans et plutôt efficace dans une certaine mesure (le garçon a démontré suffisamment qu'il avait un potentiel technique certain) mais on se rend compte que cette reconstitution de la sauvagerie n'arrive jamais à la cheville des véritables images percutantes et effrayantes que l'on connait tous. Elles figurent d'ailleurs dans le film et ont bien plus d'effet que tout ce qui se déroule dans la carlingue..." Tout est dit !
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