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Mammuth

Notre avis
6 10

Sous la coupe des auteurs de Groland, Gérard Depardieu se lance dans un road-movie à la recherche de ses anciennes fiches de paye pour profiter dignement de sa retraite et, comme à leurs habitudes, les cinéastes lui font traverser quelques détours à la fois cahoteux et envoutants. Sorte de poésie sociale, tant tragique que drôle, Mammuth souffre pourtant de n'être que le quatrième film du duo et de raisonner comme un bis repetita de ses œuvres précédentes. Charmant mais dénué de vraies surprises. Mince, alors...

Découvrez ci-dessous la critique du film Mammuth.


Critique du film Mammuth

critique Mammuth

 

La sortie d'un film du duo Benoit Delepine  et Gustave Kerven est toujours attendu au tournant, tant pour la vivacité d'esprit de leur propos que pour l'anticonformisme de leur esthétique, souvent épurée au possible. Après un dytique Aaltra/ Avida qui transpirait sans mal l'admiration pour l'expressionisme figé façon Kaurismäki et un Louise Michel un peu plus punchy dans sa forme et léger dans sa narration (on lorgnait clairement vers la comédie), Mammuth s'imposerait plutôt comme un tampon entre ces deux variantes. Ni trop cloitré dans un élitisme artistique, ni trop rigolard. D'ailleurs l'utilisation du format super 8 (franchement ravissant) raisonne un peu comme le compromis entre les deux, comme une sorte de noir et blanc en couleur. En résulte un enchevêtrement sinueux de la poésie baroque culturellement inaccessible qui prendrait part au populaire, représenté par ses têtes d'affiche et son thème qui transpirent bon la France. Il faut dire que Gérard Depardieu et Isabelle Adjani dirigés par les trublions de Groland sont un peu la symbolisation d'un état d'esprit tellement aérien qu'il côtoie des stratosphères inexplorées.

 

Critique du film Critique du film Mammuth

 

Pour qui s'est déjà essayé au cinéma du duo, le résultat n'est pas nouveau. Mammuth s'impose essentiellement comme un road-movie initiatique au prétexte social parfois alarmant (ici la galère des sexagénaires qui ont longtemps vécu de petits boulots non déclarés, confrontés à la retraite) pour finalement bifurquer sur la quête identitaire planante et la remise en question de toute une vie. Après tout, c'est le concept même du Road-Movie (partir à la recherche d'un McGuffin pour finalement se trouver soi-même) et l'aventure de notre rabougri Gégé national n'échappe donc pas à la règle. Un peu en mode Mickey Rourke dans The Wrestler (impossible de ne pas y penser pendant toute la première partie, en particulier dans une scène de supermarché) son personnage comprendra alors que s'il veut être en règle avec l'administration, il devra récupérer les fiches de paye et les attestations de plus de quarante années de boulot ! Mais il comprendra ensuite, via son périple aux quatre coins du pays sur sa vieille mammuth (d'où le titre du film) qu'il est surtout passé à côté d'innombrables choses, que les fantômes sont fait pour être fuis et que la vie commence à soixante ans.

 

Critique du film Critique du film Mammuth

 

Dans l'absolu, le résultat est franchement chouette, à la lisère du fou rire et du malaise mais deux problèmes se posent néanmoins : d'une part, Delepine et Kerven commencent à se répéter dans certaines thématiques (l'individu faisant face à l'écrasant pouvoir administratif, le spirituel affrontant le matérialisme) et ça se ressent considérablement au point d'annihiler la fraicheur de leurs premiers films. Ensuite, à force d'être trop insistants dans les symboles ésotériques de la pureté de l'âme et le retour aux valeurs simples, le film semble partir sur des rails clairement autres (Depardieu en Djellaba et les bras en croix sur une mobylette) sans qu'on ne puisse l'arrêter ni être invités à bord. Element qui entretient en plus cette sensation  de répétition cyclique dans la filmographie des réalisateurs alors que leur précédent raisonnait pourtant un peu comme une variante.

 

Des ''défauts'' qui ne sont finalement pas intrinsèques (il faut prendre une œuvre pour ce qu'elle est, pas comme la partie d'un ensemble) mais Mammuth, malgré son charme indéniable et quelques séquences franchement rafraichissantes ne demeure qu'un film "qui se regarde" plus qu'il ne se "découvre". Qui s'observe plus qu'il ne se ressent.

 

Article publié le 4 avril 2010





Par Arnaud Mangin 2 commentaires


Derniers commentaires
Par embardoux il y a 9 an(s)
Glauque, sordide,déprimant et même prétentieux dans son style et son format. Passez votre route !
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Par nono54 il y a 9 an(s)

likeSmall
Et la moto en question, la Munch Mammuth était connue pour avoir la plus grosse cylindrée du monde, d'où son nom...fin de la paranthèse mécanique..
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