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Prometheus

Le 29/05/2012 à 17:38
Par
Notre avis
9 10

Si le Huitième Passager restera pour beaucoup le métrage emblématique et surtout intouchable d'une saga légendaire, l'annonce de Prometheus avait largement excité les fans de l'univers d'Alien. A force d'annonces, d'explications mystérieuses et d'informations bancales, préquelle ou œuvre autonome, on ne savait plus quoi penser de ce projet aussi fou qu'alléchant... Très très très très très attendu par les spectateurs, le retour de Ridley Scott à ses premiers amours nous offre une œuvre qui, bien qu'imparfaite, remplit son contrat de façon magistrale. Découvrez ci-dessous notre critique de Prometheus...


Prometheus : Critique

Prometheus : Critique

 

Le vaisseau Prometheus atterrit sur une planète aux confins de l'univers, avec à son bord une équipe de scientifiques partie à la découverte des origines de l'Humanité. Sur place, c'est une bataille pour la survie de l'espèce humaine qui prend place ... Annoncé comme une préquelle au chef d'oeuvre de 1979 Alien, le Huitième Passager, Prometheus nous embarque dans cet univers légendaire mis en place par le même réalisateur, Ridley Scott. Avant de proclamer le retour du maître et de se prosterner devant cette fresque épique, magistrale et ô combien réussie (car c'est le cas), il faut néanmoins en noter les principaux défauts. Les personnages secondaires sont ce qu'ils sont : secondaires. Là où le nombre de personnages offrait de vastes possibilités quant au scénario, la quasi totalité de l'équipage passe à la trappe. Même Charlize Theron, pourtant juste dans la peau de son complexe personnage, ne parvient pas à crever l'écran. Il en ressort un scénario un peu creux par moment mais aussi parfois incohérent dans ses (trop) nombreuses tentatives de se rattacher à la saga initiale. On parie que la director's cut remplira ce vide ? En effet, c'est une impression très claire : celle que les scènes centrales - qui dessinaient un équipage complexe et affinaient ces ficelles scénaristiques - ont été coupées au profit d'une durée totale regardable (un peu plus de 2h) et d'un focus sur les événements et les personnages principaux. Dommage, même si ces écarts n'enlèvent en rien l'excellence du film. Ces rôles secondaires permettent aux deux têtes d'affiche, Noomi Rapace et Michael Fassbender, de tirer leurs épingles du jeu et de nous offrir des performances ravageuses. Noomi Rapace/Elizabeth Shawn se révèle à la fois la digne successeur en même temps que prédécesseur de Sigourney Weaver/Ellen Ripley – femme guerrière, survivante, terrifiée - et Michael Fassbender/David renouvelle complètement les bases mises en place par Ian Holm/Ash – androïde impassible, malgré tout infiniment expressif, et bien plus complexe que ceux qu'on a vus jusqu'ici.

 

Prometheus : Critique


Ce duo de tête porte un film visuellement parfait. La 3D, loin d'être indispensable, est malgré tout une franche réussite, apportant au décor profondeur, précision et contraste. Une image qui peint avec brio un univers autant familier que dérangeant, un environnement autant organique que mécanique, des paysages désertiques ou non tout simplement éblouissants, des effets numériques excessivement maîtrisés... Les qualités visuelles du film n'ont tout simplement pas de limites, de la beauté de l'image à la construction des plans, on ne peut peut-être pas parler de perfection dans le détail (un deuxième visionnage s'impose...), mais on serait bien couillon de pinailler devant une œuvre aussi sublime. Ses qualités esthétiques sont au service d'une mise en scène toujours claustrophobe, haletante, effrénée et viscérale, mais qui n'entre pas dans une vague répétition du Huitième Passager : on retrouve une tension palpable, un suspens quasi constant, mais on ne retrouve pas la même angoisse. Scott revient à la science-fiction pure, il allège un de ses aspects pour en creuser un autre et échappe ainsi au risque de la redite. La mise en scène de la peur, le côté horrifique d'Alien s'estompe pour laisser place à une violence, une action, et une réfléxion métaphysique plus profonde. Là où le premier épisode de la saga nous foutait clairement les miquettes, Scott développe autour de ce scénario une atmosphère plus nuancée qui lui permet de reprendre et d'appronfondir des thèmes qu'il avait déjà abordés dans le Huitième Passager ou dans Blade Runner. Mais sans jamais tourner en rond.

 

Prometheus : Critique


C'est la beauté de l'oeuvre que Ridley Scott nous propose ici : répondre aux questions en en posant de nouvelles. Là où le scénariste et le réalisateur se devaient de répondre aux attentes et d'offrir une explication sur les Space Jockey ou encore sur ces charmantes bébêtes visqueuses, ils n'oublient jamais de laisser, plutôt de créer une part de mystère ô combien nécessaire pour continuer à nous faire adhérer au mythe : eh oui, Prometheus n'est heureusement pas le mode d'emploi d'Alien, car Alien avec son mode d'emploi, où est l'intérêt ? Ridley Scott a eu la bonne idée d'en arracher les pages clefs pour nous tenir encore sous son joug. Et, pour arrêter avec cette métaphore bancale, Prometheus est bien plus qu'un mode d'emploi auquel il manquerait des pages : les questions métaphysiques que Scott abordent, en plus de faire écho à ses précédentes œuvres, sont posées avec une profondeur nouvelle qui donne autant de réponses qu'elle ne laisse de doutes et de possibilités quant à la suite des événements (difficile d'être plus claire sans spoiler !).

Bien que les rattachements à Alien ne soient pas toujours dans la finesse et créent irrémédiablement quelques incohérences (on attend encore la director's cut pour pallier  cette faiblesse) loin de ternir la mythologie initiale, Ridley Scott remonte aux origines sans prendre de pincettes et pose avec intelligence et rigueur un nouveau mythe aux allures d'épopée démesurée loin de se cantonner à ce premier épisode. Car oui, Prometheus laisse bien sûr la porte ouverte à la suite de cette aventure, déjà souhaitée par le réalisateur depuis plusieurs mois. Une suite qui résoudra peut-être les incohérences malgré tout présentes, une suite qui germera dans vos esprits piqués de curiosité mais aussi probablement dans celui de Ridley Scott et peut-être des quelques uns qui auraient le courage de prendre la relève, à la façon de James Cameron, David Fincher et Jean Pierre Jeunet en leurs temps. En somme, Prometheus est un film hybride et sublime, bâtard et magistral, où se confondent les origines d'une saga plus que mythique, en même temps que les prémices d'une autre légende dont on attend beaucoup.

 


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