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Sucker Punch

Notre avis
5 10

Le Pour : 4 étoiles

 

Zack Snyder a toujours divisé. Hormis peut-être pour son premier coup de maître, L'Armée des Morts. Mais 300, déjà, était passé à la moulinette des critiques, avec ses hommes en jupettes et ses plans truqués jusqu'au ciel. Watchmen avait fait sauter certains fans du comics au plafond, et même son film d'animation du Royaume de Ga'Hoole avait fait couler un océan d'encre noir. Tantôt érigé en exemple, tantôt décrit opportuniste et indigeste, le cinéma de Zack Snyder a toujours fait parler. C'est évidemment encore le cas avec Sucker Punch, son premier scénario original, qui lui permet d'y mettre tout ce qu'il est. Et tout ce qu'il aime. Et pour peu que l'on adhère au concept, Sucker Punch est une vraie claque visuelle ultra jouissive, portée une bande-son rock tout bonnement hallucinante, un choc fun au possible qui pioche dans la SF, l'heroic fantasy, les jeux vidéos et même la comédie musicale à la Chicago pour nous offrir des combats titanesques, des filles ultra sexy et des rêves dans le rêve à la Christopher Nolan. C'est clair, Sucker Punch ne plaira pas à tout le monde, mais ceux qui aiment vont adorer.

 

Le Contre : 1 étoile

 

Pas de doute, nous sommes face à un film de Zack Snyder, avec tout ce que cela implique. D'un côté, une certaine générosité pour tenter d'offrir au public des séquences graphiques jamais vues avant. De l'autre, une certaine tendance à privilégier la forme par rapport au fond. Sauf que quatre ans après 300, ce qui pouvait apparaître comme fun et audacieux dans le cinéma de Snyder semble aujourd'hui démodé, pompeux et redondant. L'exception ne fait pas la règle, hélas. Son expérimental péplum new-age aurait dû rester un one shot percutant et ne pas devenir une marque de fabrique déposée pour ce réalisateur qui aujourd'hui semble s'auto-citer en permanence. Car en l'état, Sucker Punch n'est qu'une version girly et outrancière de son adaptation de Frank Miller. A peine sorti, déjà ringard.


Sucker Punch : Critique du film

LA CRITIQUE FAVORABLE

 

Aurélie Vautrin : 4 étoiles

 

Ses précédents films ont fait de lui l'un des cinéastes les plus recherchés d'Hollywood, mais peut-être aussi l'un des plus décriés. Une chose est sûre, si voir des nanas en décolletés et talons hauts fighter des zombies nazis, des robots futuristes, des orcs version Seigneur des Anneaux ou des dragons tout droits sortis de jeux vidéos comme World of Warcraft : Cataclysme, le tout sur fond vert pour un résultat d'1h50 complètement truqué, ne vous bottent pas plus que ça, passez votre chemin. Mais résumer Sucker Punch à ça serait une erreur. Car si Christopher Nolan étalait son concept du rêve dans le rêve dans Inception, Zack Snyder en remet une couche avec Sucker Punch, offrant les délires imaginaires d'une jeune fille dont seuls les rêves peuvent l'aider à s'évader de sa réalité cauchemardesque. Comme Matrix, comme Inception ou même Eternal Sunshine of the Spotless Mind dans un autre genre, il faut accepter le postulat de départ. Que l'on est dans un rêve. Voir dans un rêve imbriqué dans un autre. Et que tout est permis. Une sorte d'Alice au pays des merveilles avec tous les flingues possibles et imaginables. Alors, le film emporte comme une comédie musicale, une sorte d'opéra rock orchestré d'une main de maitre. D'ailleurs la bande-son, proposant des remix et des reprises explosives de titres comme I want it all ou Where's my mind, de Bjork ou Skunk Anansie, joue un rôle majeur dans l'ambiance fantasmée du film. Du gros son, donc, pour faire briller la fine fleur des jeunes actrices hollywoodiennes - sublimes Emily Browning, Abbie Cornish, Jena Malone... Des drôle de dames à la Dead or Alive mixées à la sauce Lara Croft et l'héroïne de Kill Bill qui se battent pour survivre dans un monde de brutes. Mais Sucker Punch n'est pas misogyne pour autant. Oui, ces filles sont sexy et sont fringuées comme des poupées du Quartier Rouge. Elles sont même diablement attirantes, et servent d'esclaves à un Oscar Isaac à frémir. Mais Sucker Punch est un film certes érotisant, mais ne tombe ni dans la facilité, ni dans le voyeurisme. Elles sont belles et court-vêtues comme pouvaient l'être les filles de Chicago ou de Nine. Il faut pouvoir aller au delà, au delà de la réalité, au delà du rêve. 

 

Sucker Punch : Critique du film : Critique du film

 

Car à la frontière des mondes épiques et fantasmagoriques, Snyder nous offre un florilège du meilleur de la SF et de l'heroic fantasy, et nous propose finalement plusieurs films dans le film. Encore une fois, il y a mis tout ce qu'il aime voir au cinéma, ce qui le fait tripper et que ses fans vont aimer. Les combats sont titanesques, les scènes de fight toujours explosives et si savamment orchestrés. Car on a beau connaître son aisance à nous embarquer dans un monde imaginaire (300, Watchmen, on y revient), on ne peut qu'avoir le souffle coupé devant l'introduction de Sucker Punch, qui nous résume en quelques plans, sans dialogues, les raisons de l'arrivée de Babydoll dans l'hôpital psychiatrique. Une beauté à couper le souffle qui nous cloue dans notre siège dès les premières secondes, bercé par un Sweet Dreams murmuré par Emily Browning elle-même. Le voyage commence et pour peu, encore une fois, que l'on accroche au concept, on s'en réveillera 1h50 plus tard. Visuellement, Zack Snyder nous offre une nouvelle fois ce qu'il sait faire de mieux, à grand renfort de ralentis, des plans impensables et de couleurs toujours ultra contrastées, quelque part entre le jeu vidéo, le cinéma et le rêve, comme seul Snyder le propose aujourd'hui. Jamais ces effets spéciaux, pourtant à outrance, ne nous feront sortir du film. Seul une petite longueur au 2/3 pourra quelque peu ralentir le rythme effréné du voyage. Mais encore une fois, ce méga trip vaut le coup d'oeil si on se laisse emporter par le délire d'un esprit si prolifique. Alors, comme dirait Babydoll... So... Fight !

 

Aurélie Vautrin


 


 

 

LA CRITIQUE DEFAVORABLE

 

Maxime Chevalier : 1 étoile

 

Zack Snyder a cela en commun avec Quentin Tarantino que, quoiqu'ils disent et quoiqu'ils fassent, il y aura toujours des gens pour applaudir leur travail, ou au contraire, pour le décrier. Et aujourd'hui, après cinq films - dont un seul est parvenu à faire l'unanimité, son premier, L'Armée des morts - reprocher à Snyder ses tics visuels et son incapacité à créer de l'émotion serait presque aussi incongru que de pointer du doigt le cinéma du papa de Pulp Fiction, en critiquant ses (trop ?) nombreux clins d'œil au 7e Art, et ses dialogues bavards. Snyder, c'est simple, on aime ou on n'aime pas. Depuis 300, nous savons ce qu'a à proposer Zack Snyder. Nous savons, parfois même avant de les avoir vus, quels seront les qualités et les défauts de ses films. Dès lors, pourquoi donc s'étonner lorsqu'au sortir de Sucker Punch, les seuls constats que nous pouvons faire sont qu'il s'agit là d'une œuvre avant tout formelle, assez froide, basée sur un script prétexte et puéril, et où le seul intérêt est de découvrir les nouvelles idées de plans "de ouf" que le maître ès-SFX Snyder a pu avoir ? Pour pas grand chose en effet.

 

Sucker Punch : Critique du film : Critique du film

 

Alors, on pourra s'épancher longuement sur ce scénario qui semble avoir été écrit par un ado rebelle qui vient tout juste d'ouvrir son premier Métal Hurlant, où une sinistre histoire d'orpheline sert de prétexte malsain à un mauvais script de jeu vidéo. On pourra se gausser des choix artistiques de Snyder, qui avec sa direction artistique outrancière et de mauvais goût (avec ses filles fringuées vulgairement ; ses SFX d'un autre âge qui - un an après Avatar - n'étonneront personne ; sa lumière bling-bling et sans âme) pourrait faire passer Watchmen pour une peinture naturaliste. On pourra une fois encore regretter que Snyder n'ait toujours pas appris à raconter correctement une histoire, et que son Sucker Punch, comme ses précédents films, soit autant plombé par des sautes de rythme indigestes. Mais cela aurait-il beaucoup d'intérêt ? Dans ce cas là, autant avouer que le cinéma de Snyder ne nous intéressera pas tant qu'il n'aura pas autre chose à proposer que ses fantaisies visuelles. Car à nos yeux, le soucis majeur de Snyder est que depuis quatre ans, il n'évolue pas. Que ce dernier, solidement ancré sur ses acquits, ne cherche pas assez à surprendre son monde, hormis avec Le Royaume de Ga'Hoole, son film avec des animaux qui, ironiquement, est sans doute le plus "humain" de toute sa filmo. Mais ce reproche bien subjectif n'est hélas que coup d'épée dans l'eau, puisque c'est pour toutes les raisons évoquées ci-dessus que Zack Snyder dispose d'une solide base de fans. C'est pour eux qu'il fait des films, alors, pourquoi leur gâcher ce plaisir ?

 

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