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Armando Iannucci, réalisateur d'In the Loop

Inteview d'Armando Iannucci, réalisateur d'In the Loop

A l'occasion de la sortie d'In the Loop sur nos écrans cette semaine, nous avons rencontré le réalisateur Armando Iannucci.

 

Alors, que signifie exactement In the Loop ?

Cela pourrait se traduire par : être au courant. Tout le film parle de cela. Des personnages qui pensent être au courant de choses - parce qu'ils ont parlé avec des gens censés être dans la confidence - et qui finalement vont se rendre compte qu'ils ne savaient rien du tout !

 

Le film est très sarcastique sur le monde de la politique, mais sonne très juste. Quelle est la part de fiction là-dedans ?

Vous savez, j'ai fait énormément de recherches sur la manière dont fonctionnent les politiques, en plus particulièrement à Washington, puis je me suis servi de ce que j'avais découvert pour écrire mon scénario. J'ai été tellement surpris de voir autant de jeunes gens de moins de 25 ans en charge de dossiers importants que j'ai décidé d'en faire un des rouages principaux de mon film. Je trouve sidérant de voir que ces gens-là doivent prendre des décisions qui peuvent influer sur la vie de millions de personnes !

 

Est-ce que beaucoup de politiciens britanniques ont vu les films ?

Oui bien sûr. Ce qui est drôle, c'est que tout ceux qui l'ont vu ont dit publiquement que le film n'était pas drôle et que les situations étaient totalement fictives. Mais en privé, leur discours était totalement inverse ! Et le pire dans cette histoire, c'est que parfois, en écrivant des scènes, nous pensions exagérer la réalité, juste pour créer une situation comique. Or, à la sortie du film, certains hommes politiques sont venus me voir pour me parler de ces scènes et m'ont demandé : "Comment êtes-vous au courant de cela ? Nous pensions avoir gardé ça secret !". C'est effrayant !

 

Inteview d'Armando Iannucci, réalisateur d'In the Loop

 

Vous considérez-vous comme un réalisateur politique ?

Non, je suis un réalisateur de comédie. J'aime faire rire les gens. Le hasard a fait que pour mon premier film, j'ai abordé le monde de la politique. Mais pour mon prochain, j'imagine vraiment quelque chose de plus "stupide".

 

Les deux ne sont pas incompatibles !

(rires) C'est vrai ! Loin de là ! Il y a même beaucoup de similarités entre les deux.

 

Jamais dans le film on ne voit le Président américain ou le Premier Ministre Britannique. Vous êtes-vous posé quelques limites sur ce que vous aviez le droit de montrer ?

Ce n'est pas une question de ligne jaune, mais plutôt de ce que cela pourrait laisser sous-entendre. Si j'avais du montrer des personnages si haut-placés et si médiatiques, j'aurais dû faire des choix qui allaient à l'encontre de ma volonté de départ. On aurait pu vite tomber dans la "reconstitution historique", avec des acteurs grimés en Bush ou en Blair, ce que je ne souhaitais pas, puisque mon idée de base était de garder une certaine ambigüité. Est-ce la réalité ? Est-ce de la fiction ? Est-ce que cela s'est passé il y a 6 ans ou est-ce que cette histoire est encore d'actualité ? Voilà les questions que je voulais que les spectateurs se posent en voyant mon film.

 

Comment avez-vus choisi vos comédiens ?

Je voulais des comédiens à la fois talentueux et intelligents, capables d'avoir du recul sur leur personnage et doués en improvisation. C'est assez compliqué au final, de trouver des gens qui n'hésiteront pas à rajouter une ligne de dialogue lorsqu'ils le sentiront. Heureusement, je connaissais déjà plusieurs comédiens britanniques avec lesquels j'avais déjà travaillé et dont je savais qu'ils combleraient toutes mes attentes.

 

Et pour ce qui est du cast américain ?

Je me suis énormément amusé à recruter des comédiens américains, à essayer de créer des couples qui fonctionneraient parfaitement à l'écran. C'est étrange, avant que les Anglais et les Américains ne se retrouvent ensemble sur le plateau, il y avait beaucoup d'appréhension des deux côtés. Les Anglais étaient intimidés à l'idée de donner la réplique à James Gandolfini et James se demandait quant à lui s'il serait à la hauteur du niveau d'improvisation des Anglais. Au final, ils se sont tous mis sur la même longueur d'onde et ce fût très drôle à regarder !

 

Inteview d'Armando Iannucci, réalisateur d'In the Loop

 

Il paraît que vous avez une manière bien particulière de tourner vos scènes !

Oui, c'est vrai, c'est une méthode que j'avais testée sur ma série télé et que j'ai réutilisée ici. En fait, je demande à mes comédiens de jouer d'abord la scène telle qu'elle est écrite et ensuite de la refaire en rajoutant de l'impro. Or, si cette impro me plait, ce qui est souvent le cas, je me vois mal leur demander de refaire une autre prise identique. C'est très compliqué de ré-improviser de la même manière deux fois de suite ...

 

Oui, ce n'est plus de l'impro en fait !

(rires) Exactement ! C'est pourquoi je tourne toujours a deux caméras, toujours à l'épaule et sans aucune contrainte de déplacement pour les comédiens. Je veux qu'ils soient les plus libres possibles et c'est pourquoi je ne leur impose aucune marque au sol ou ce genre de choses. Il me semble que c'est aux cadreurs de s'adapter aux comédiens, et non le contraire. C'est cela qui donne le côté "documentaire" de la mise en scène du film.

 

Quelles sont les principales différences pour vous entre la série télévisée et le long-métrage ?

Je pense qu'on ressent principalement cette différence au stade de l'écriture. Dans une série télévisée, sur un épisode de 25 minutes, on est contraint d'introduire tous les personnages en 5 minutes maximum. C'est assez frustrant. Alors que sur un long métrage, comme on bénéficie de 90 minutes ou plus, on peut se permettre de prendre son temps sur la caractérisation. On peut "dévoiler" les personnages au fur et à mesure que le film avance, ce qui est vraiment intéressant.

 

Inteview d'Armando Iannucci, réalisateur d'In the Loop

 

Le film a été projeté aux festivals de Dinard et de Sundance : est-ce que les publics ont réagi de la même manière en France et aux Etats-Unis ?

C'est drôle en fait. Dans le film, il y a vraiment deux clans : les Américains et les Anglais. Le public américain a eu tendance à soutenir les Américains et le public anglais, les Anglais. Et les Français ... et bien d'abord je pense qu'ils étaient heureux de ne pas être impliqués dans cette histoire et ils ne se gênaient pas pour rire des deux camps ! Mais pour en revenir à Sundance, j'ai été vraiment surpris de la manière dont le public a réagi. C'était vraiment la première fois que je voyais mon film dans une salle pleine à craquer et j'appréhendais énormément. Au final, le film a été applaudi, les gens ont ri. Je pense qu'aux Etats-Unis, le public est soulagé d'avoir tourné une page de son histoire et qu'aujourd'hui, il a le recul nécessaire pour pouvoir se moquer gentiment des années Bush. Comme on dit : "dans quelques années on en rira tous !"

 

Parlez-nous un peu de toutes ces insanités proférées tout au long du film !

(Rires) Et bien vous savez, quand j'ai fait mes recherches, je me suis rendu compte que les politiciens juraient beaucoup. Hélas, ce qu'ils disent est souvent répétitif et peu inspiré. Notre travail a donc été d'imaginer des insultes marquantes et surtout des menaces de violence physique qui parviendraient à choquer les gens. Nous nous sommes énormément amusés à écrire tout ça et je pense que le public apprécie ces jurons. Cela devient même une sorte de running gag : les gens attendent la prochaine grossièreté en espérant qu'elle soit encore plus énorme que la précédente.

 

Y en a-t-il une qui vous fait rire plus que les autres ?

Celle du lapin Play-boy ! (ndlr : allez voir le film pour la découvrir !)

 

Propos recueillis par Pierre Delorme

 

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