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Betty saison 2 : on a discuté avec Camille et Indigo (Rachelle & Ajani) - interview

Betty
 
Betty est de retour avec une saison 2 de 6 épisodes diffusée à partir du 12 juin 2021 sur OCS (et HBO aux US).
 
Filmsactu a eu la possibilité de discuter lors d'une table ronde virtuelle avec deux des skateuses de la team Skate Kitchen : Rachelle Vinberg qui incarne Camille et Ajani Russell aka Indigo.
 
Les deux filles nous ont parlé de skate, de New York, de leur vie changée depuis l'arrivée de la série, de leur nouvelle carrière d'actrice, de skate pendant la pandémie, de la place des filles dans le skate ou encore de masculinité toxique, l'un des grands thèmes de cette merveilleuse saison 2.
 

Rachelle Vinberg & Ajani Russell - Betty

 
Betty
 

"Betty est une série pour ceux qui ont peur de monter sur un skate et d’être eux-mêmes."


Que signifie Betty ?
Ajani Russell : Betty était le nom utilisé dans les années 90 pour désigner les filles qui traînaient dans les skateparks et autour des skateurs. C’était un terme péjoratif. On a voulu redéfinir le sens de Betty avec la série et casser ces stéréotypes. Notre envie est qu'aujourd'hui grâce à la série, Betty désigne qui sont réellement les skateuses.
 
Avez-vous hésité avant de faire cette série ? Betty vous est si personnelle.
Rachelle Vinberg : Il n'y a pas eu d'hésitation. On avait déjà tourné Skate Kitchen (film indépendant de Crystal Moselle avec les mêmes personnages et actrices que Betty -ndr).
 
N’aviez-vous peur que les gens ne comprennent pas ?
Rachelle : Non mais c'est arrivé. Après Skate Kitchen, on a été blessées de découvrir que certaines de nos connaissances nous cassaient du sucre sur le dos. Mais on a vite compris que Betty n’était pas une série pour eux. C'est une série pour ceux qui ont peur de monter sur un skate ou qui ont peur d’être eux-mêmes. Ou pour celles et ceux qui se passionnent pour un sport alors qu'on leur dit qu’ils n’y ont pas leurs places.
Ajani : L’envie de partager cette histoire était plus forte que la peur de me retrouver vulnérable et attaquer sur les réseaux sociaux. Je n’ai pas eu de souci à être aussi personnelle à l’écran.
 

 

"On a rencontré la réalisatrice dans le train. On avait 17 ans, on terminait notre dernière année de lycée."


Vous percevez Betty comme une "coming of age story" (une histoire de passage à l'âge adulte) ?
Rachelle : Oui. Je perçois vraiment Betty saison 1 et 2 et Skate Kitchen comme une coming of age story. On a commencé à tourner Skate Kitchen quand on avait 17 ans. On va avoir 23 ans cette année. La série capture précisément qui nous sommes au moment du tournage. On peut vraiment nous voir grandir au fur et à mesure que les problèmes auxquels on fait face se compliquent.
Ajani : Plus on avance, plus on s’implique dans la série, dans ses histoires. Et on apprend à mieux se connaître en même temps. Depuis Skate Kitchen, on a beaucoup appris sur la vie, sur nous-mêmes.
 
Où s'est faite votre premiere rencontre avec la réalisatrice Crystal Moselle ?
Rachelle : On a rencontré la réalisatrice dans le train. On avait 17 ans, on terminait notre dernière année de lycée et on préparait nos entrées à l’université. Cet été là, on est devenu amies avec elle. Elle a commencé à traîner avec nous et notre groupe de skateuses.
Ajani : Elle a commencé par nous demander si elle pouvait nous regarder skater au skatepark. On se disait que jamais elle ne viendrait. Mais elle est venue. Et souvent !
Rachelle : Elle nous apportait des donuts. La meilleure manière de conquérir une ado, c’est de lui payer des cafés et des encas (rires). Puis aussi d’être à l’écoute. On a pris l’habitude de l’avoir avec nous et comme elle était plus âgée, on a commencé à se confier. « Ma mère m’a fait ci ou ça ». Elle devenait notre confidente, notre grande soeur.
Ajani : Elle voulait vraiment s’immerger dans notre univers. Crystal est une documentariste. On a commencé à simplement filmer ce que l’on faisait en y ajoutant des improvisations. Elle nous donnait des lignes directrices et des idées de scénario et on imaginait la suite. C’est ce qui fait que Skate Kitchen tout comme Betty reste authentique et spontané. Elle nous laisse guider nos personnages.
 
Betty

 

"Il est plus facile de commencer le skate en étant une fille aujourd’hui qu’il y a quelques années".

 
Comment est-ce que Betty a changé vos vies ? Beaucoup de filles viennent-elles vous voir en se disant inspirées par la série ?
Rachelle : Betty et Skate Kitchen ont indéniablement changé nos vies. Cela nous a notamment offert plus de possibilités de faire de skate. Ce qui est génial. Je n’ai pas à chercher un autre boulot. Je peux faire celui-ci qui est compatible avec le skate. C’est inespéré. Puis, oui beaucoup de filles viennent nous voir…
Ajani : Si Betty a changé quelque chose, c’est de nous offrir plus de possibilités d’apprendre aux filles comment skater. On s’est associé avec différentes marques et compagnies de skate et on organise des sessions pour les filles. Il y a beaucoup d’échanges entre les filles et des rendez-vous pris dans les skateparks qu’importe les niveaux.
Rachelle : Effectivement, il est plus facile de commencer le skate en étant une fille aujourd’hui qu’il y a quelques années. Beaucoup de filles nous reconnaissent et nous disent : « Je te reconnais de la série ». On leur demande : « Tu skates ? » « Non, j’ai trop peur ». « Mais vas y viens, monte sur ma planche, essaie ». Beaucoup de filles n’osent pas mais en ont envie. On essaie de les motiver.
Ajani : Quand j’ai commencé le skate, les seules filles que je croisais étaient Rachelle et Nina (Moran, Kirt) puis les autres filles de Skate Kitchen. Il devait y en avoir cinq autres, pas plus. Aujourd’hui, j’en croise tout le temps. Je vois des filles dans la rue, dans le métro avec leur skate. C’est fou.
Rachelle : J’ai croisé deux filles de 12 ans skatant à Washington Square Park. C’était génial. Je n’avais pas ma planche sinon je les aurais rejoins. Mais cela m’a fait quelque chose de les voir. Elles étaient là et n’avaient pas peur de se faire critiquer ou rabaisser. Aujourd’hui à New York, c’est la norme. On voit aussi des groupes de filles et de garçons skatant ensemble.  J’adore ça.
 
Betty
 

"La musique fait partie intégrante de la culture skate."

 
La musique est partie intégrante de Betty. La B.O est composée des chansons que vous écoutez en skatant ?
Rachelle : Sur le tournage malheureusement, tout doit être silencieux. Mais dans la réalité, on écoute constamment de la musique. La musique fait partie intégrante de la culture skate. Si tu vas à un skate event, il y a toujours de la musique. Il y a toujours quelqu’un avec une enceinte. Honeybear est notre enceinte. Elle a toujours cette petite enceinte autour du cou. On participe à la bande originale de la série. On partage avec Crystal les chansons que l’on aime.
Ajani : On envoie nos playlists pour les scènes de skate. Comme cela Crystal peut choisir parmi les sons que l’on écoute réellement en skateboardant.

Rachelle, tu as co-écrit Sweet Tooth, l'épisode 4 qui est l'un des plus audacieux et magique de cette saison 2. Qu'as-tu retiré de cette expérience ?
Rachelle : C’est l’épisode où tout part en vrille. Sweet Tooth (aimer les sucreries), c’est pour dire que tout est bien avec modération. Une fois que tu en fais trop, tu te chopes une carie. Tu te perds. A la fin de cet épisode, tout le monde est en descente. C’était génial de pouvoir écrire car je connais mes amis bien mieux que les scénaristes ne les connaîtront jamais. Pouvoir aider à écrire les dialogues, les nuances amusantes, les situations… c’était une superbe expérience. J’aimerai en faire plus. Puis il y a un anime dans cet épisode. Le thème de réalisme magique emmène cette saison.
 
Betty
 

"J’adorais les vidéos de skate ou les X-Games. Mais il n'y avait que des hommes blancs. Je me voyais pas là dedans."


Cette saison 2 aborde de nombreuses thématiques compliqués qui hantent les ados.
Ajani : C’est une des raisons pour laquelle je m’investis corps et âme dans cette série. En grandissant, je n’avais pas de modèle qui pouvait me ressembler. Ma seule référence de fille sur un skate était un personnage de dessin-animé. Puis j’ai rencontré Nina qui m’a dit "ne dis pas que tu ne sais pas skater. Prends un skate et va skater". La voir elle avoir cette confiance en moi m’a autorisé à commencer à avoir confiance en moi. J’ai compris que je voulais être ce modèle à mon tour, servir de Nina à toutes ces petites filles qui ne savent pas vers qui se tourner et qui veulent faire du skate. J’adorais les vidéos de skate ou les X-Games. Mais il n'y avait que des hommes blancs. Je me voyais pas là dedans. Je ne pensais même pas que c’était possible. Je n’avais pas d’exemple de skate amateur féminin avec des débutantes. Il y a différents niveaux de skateboard. C’est important de le montrer. Tu ne pratiques pas un sport pour être champion du monde. C’est autre chose qui nous attire dans le skate, cette sensation de liberté.
Rachelle : J’aurai aussi aimé avoir des modèles à l’école. Dans Betty, nous ne sommes pas parfaites. Loin de là. Souvent, on fait de la merde. Comme dans nos vies. Mais c’est ce qui est intéressant. Je ne me considère pas comme un modèle. Je sais à peine ce que je fais et je tombe régulièrement de ma planche. Mais cela parti de la vie. Je n’ai pas de problème à montrer cette facette de moi. Je ne suis pas parfaite et c’est normal. Je ne le serai jamais.
 
Betty
 

"La toxicité masculine affecte les filles mais aussi les garçons. Je me sens parfois mal pour les mecs, pour ceux qui ne savent plus comment agir. Certains souffrent de cette toxicité autant que nous."

 
Comment avez-vous vécu ce confinement à New York ?
Rachelle : Honnêtement, pour les skateurs, la pandémie n’a pas été si terrible. Des tonnes de lieux se retrouvaient fermés, vides, sans sécurité, donc accessibles pour nous. Les rues étaient vides, personne pour te dire de ne pas skater sur le trottoir, les flics avaient d’autres soucis, les kids n’avaient plus école… C’était plutôt fun. On passait notre temps dehors à skater. Et on a pu skater dans des endroits où cela nous est interdit en temps normal. Je ne veux pas paraître horrible, cette pandémie est horrible. Mais l'été dernier, j’ai rencontré tellement de monde à New York en skatant pendant le confinement.
 
Betty
 
Le rôle des garçons est différent dans cette saison 2. Ils sont plus présents mais aussi plus solidaires.
Rachelle : On a beaucoup réfléchi à ce que l'on allait faire avec les garçons dans ces épisodes. Pour la saison 1, ils n’étaient pas solidaires. On s’est basé sur notre expérience à nos débuts. Pour la saison 2, notre vision a changé. Désormais, il y a plus de garçons qui soutiennent et acceptent les filles que l’inverse. On a voulu représenter ces garçons. Ce sont tous des types biens.
Ajani : On a voulu aussi montrer des gentils garçons faisant des trucs stupides ou ayant des attitudes de merde avec les filles. Mais au lieu de les persécuter, il faut leur faire comprendre où sont leur erreur afin qu’ils apprennent à être plus correct avec les filles. C’est cette critique constructive plutôt qu’agressive que l’on cherchait. Parce que dans la réalité, ce n’est jamais les filles contre les garçons. On doit chacun apprendre à écouter et comprendre les autres.
Rachelle : La toxicité masculine affecte les filles mais aussi les garçons. Je me sens parfois mal pour les mecs, pour ceux qui ne savent plus comment agir. Certains souffrent de cette toxicité autant que nous. Betty est une série sur le dialogue. On est pas là pour dénoncer tous les mecs, juste les attitudes de certains.

Une saison 3 est-elle possible ?
Rachelle : Oui on en parle déjà avec Crystal. On échange des idées. Si Betty peut suivre l’évolution progressive de nos personnages dans l’âge adulte, cela ne peut être qu’intéressant.
 
Betty saison 1 et 2 sur OCS.
 
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