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Inglourious Basterds

Notre avis
2 10

Projet vieux de huit ans, Inglourious Basterds avait de quoi attiser notre curiosité, non seulement par la présence de Quentin Tarantino au scénario et à la réalisation, mais aussi par son concept de soldats juifs américains partis pour dérouiller du nazi en France pendant la seconde guerre mondiale. Au final le film surprend car il ne correspond pas à ce à quoi on s'attendait, notamment en s'inscrivant comme un film de... dialogues. Les assassinats de nazis sont quasiment absents (les fameux « scalps » de Brad Pitt se limitent à 2-3), l'action est presque intégralement présente dans la bande-annonce, et le film ne se compose au final que d'une dizaine de scènes, 4-5 prédominant largement par leurs extrêmes longueurs et se résumant à des discussions autour d'une table. Même le final, où tout est censé « péter », déçoit par sa rapidité, son manque d'inspiration, et même sa fantaisie puisque des personnages historiques se font tuer alors que le film jouait la carte du réalisme jusqu'à présent. Un étrange film, loin des attentes, mais surtout loin de la consistance qu'on pouvait en espérer. Nous nous attendions à un film de guerre, ou d'action, ou les deux, et nous voilà face à un film très creux, loin d'être aussi exaspérant que Boulevard de la Mort, mais anodin et qui s'oublie pratiquement dès la sortie de la salle. Un triste sort lorsqu'on parle d'un film de Quentin Tarantino...


Critique du film Inglourious Basterds

Si tout le monde s'attendait avec Inglourious Basterds à un film d'action, un film de vengeance, bref à un film « bad-ass » mâtiné de scènes de guerre, Quentin Tarantino surprend avec une approche au final radicalement opposée. La bande-annonce promettait de l'action à gogo, il n'y en aura que 4-5 minutes dans ce film qui affiche pourtant au compteur une durée de 2h28. Les fameux « scalps » que Brad Pitt réclame à ses soldats se limiteront au nombre de 3-4, découpés en général sur des nazis tués avant même le début de la scène en question, tandis que les Basterds du titre n'écopent finalement que d'un temps à l'écran très minime, se résumant à environ 20-25 minutes sur tout le film ! Mais que contient alors Inglourious Basterds ? Des dialogues ! Si l'on devrait grossièrement résumer le film, il se limiterait à 5-6 scènes principales, d'une durée de 20 minutes environ chacune, ce qui est très long, où des personnages sont assis à une table et discutent en tournant autour du pot avant qu'il arrive enfin quelque chose dans les 30 dernières secondes. Voilà, Inglourious Basterds, c'est ça.

 

Critique du film Critique du film Inglourious Basterds

 

Sur le plan des dialogues, il faut d'ailleurs souligner une sacrée audace : les trois-quarts du film sont tournés en langues française et allemande, ne laissant à la langue anglaise que très peu de place. Des demi-heures complètes de dialogues se déroulent ainsi dans la langue de Molière ou de Gutenberg, apportant au film un souci de réalisme historique. Mais étrangement ce souci est abandonné dans le quart d'heure final puisque, sans aucune explication, Tarantino se permet de tuer des personnages historiques qui ont pourtant vécus plus longtemps et surtout ont eu une incidence dramatique sur la seconde guerre mondiale. Fable ou film de guerre réaliste ? Le film ne sait pas trop sur quel pied danser, affichant certes un « Once Upon a Time » en guise de titre de son premier chapitre (le film est chapitré comme Kill Bill, à la différence que sa linéarité ne rendait pas cette idée nécessaire), mais n'assumant jamais cet aspect sauf dans sa conclusion. A partir de là il est impossible de qualifier Tarantino de révisionniste, mais sa démarche laisse tout de même dubitatif.

 

Critique du film Critique du film Inglourious Basterds

 

Mais le plus dérangeant reste la structure du film en elle-même. Certes un film avec plusieurs personnages nécessite de découper son scénario de façon à tous les faire exister. Cette mission était remplie haut la main dans Pulp Fiction ou Jackie Brown, mais l'approche est tout à fait différente ici. Pour commencer, les Basterds du titre brillent par leur absence à l'écran, le principal (Brad Pitt) n'écopant d'ailleurs que de six scènes éparpillées sur toute la longueur du film, sans presque aucun dialogue en dehors de son discours à ses soldats au début de l'histoire (celui vu dans la bande-annonce, à peine plus long dans le film). Les autres Basterds sont en arrière-plan, Tarantino préférant se concentrer sur le méchant de l'histoire, un général nazi « chasseur de juifs » interprété par Christopher Waltz (inconnu au bataillon), sur les épaules duquel on peut dire que le film repose presque intégralement. Les personnages féminins (qui ne sont PAS des Basterds contrairement à ce qu'annoncent les affiches), à savoir Mélanie Laurent et Diane Kruger, sont également mis en avant, mais au beau milieu de seconds rôles inexistants. Difficile alors de les mettre en valeur, leurs personnages ne devenant jamais attachants.

 

Critique du film Critique du film Inglourious Basterds

 

Il ne reste alors dans Inglourious Basterds que des dialogues autour de tables (on le répète, c'est 90% du film !) et une scène finale très vite expédiée, où Tarantino se permet une audace hallucinante (tuer deux personnages historiques, comme dit plus haut), qui n'est même pas exploitée dans sa mise en scène. Résumons alors : les rares scènes d'action ne sont pas marquantes, le principal ingrédient du film est ses dialogues, lesquels ne sont absolument pas mémorables (même si beaucoup d'entre eux concernent le cinéma !), et les personnages sont beaucoup trop inexistants, le meilleur d'entre eux, le méchant, étant juste un « méchant réussi » (ce qui le hisse au-dessus de tous) sans être pourtant à tomber par terre.

 

Critique du film Critique du film Inglourious Basterds

 

On s'attendait à un grand film de guerre et d'action, nous voilà finalement face à un « film de tables » autour desquelles les personnages discutent, certes plus inspiré que Boulevard de la Mort, mais loin, très loin des standards tarantinesques d'un Pulp Fiction, d'un Jackie Brown ou même d'un Kill Bill. L'impression d'avoir vu du vide prédomine à la sortie de la salle, nos mémoires commençant déjà à l'oublier au début de son générique de fin pour passer à autre chose. C'est ce qu'on appelle une sacrée déception.

 

Première publication le 20 mai 2009 à 15h31



Par Kevin Prin 54 commentaires


Derniers commentaires
Par leo il y a 7 an(s)
Les gars, commencez par apprendre l'anglais et à mater les films dans leurs versions originale avant de faire des critiques. Vous avez rien compris au film
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Par kentin il y a 7 an(s)
Les gens n'ont pas compris que ce n'était pas le but de tarantino de faire un film d'action. Je trouve les scene de se film a couper le souffle , la pression est terrible comme dans la premiere scene ou dans le bar , l'humour est excellent , les images magnifique et les acteurs en or . Si vous préféré l'action allez voir Die Hard ou Rambo , Tarantino sa parle sa parle et sa parle a la woody allen et si vous n'avez pas compris sa , laisser tomber vos critique a la con
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Par wilbur il y a 8 an(s)
Marion a écrit:(...)En voyant, ce film j'ai été [b:1cu5w550]subjugué par le talent de tous les acteurs[/b:1cu5w550], principaux et second rôles.(...) ( je suis juste [b:1cu5w550]décu de ne pas l'avoir vu en version originale[/b:1cu5w550] vivement la sortie en dvd <3 )

Subjugué par le talent d'acteurs vus en VF = EPIC FAIL

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Par wilbur il y a 8 an(s)
Cette critique est l’une des plus justes que j’ai lue sur ce navet.
Le scénario d’abord : la question de la fidélité historique n’a pas de sens, on s’en fout, c’est du Tarantino, je n’en parlerai donc pas. La question est de savoir si c’est intéressant, et là, ça coince. Le scénar sans originalité ressemble à celui d’un gosse qui refait le monde tout seul dans son coin avec ses GI-Joe. Quand une histoire se finissait mal, on la réécrivait le lendemain à notre sauce dans la cour de l’école. Puéril, donc.
Les personnages : bon là c’est du grand n’importe quoi, dès le début.
Le paysan français des années 40 qui ressemble à "Charles Ingalls" et fume la pipe déjà, ça sentais mauvais.
Le jewhunter, forcément raffiné, cultivé et diablement intelligent, préfère boire du lait et discuter 3 plombes au sujet d’agriculteurs juifs (MOUHA-HA-HA-HA-HA !) avant de passer à ce qu’il comptait faire de toutes façon en arrivant : buter tout le monde.
Le chef des basterds est complètement idiot, imprévisible et ultraviolent, mais c’est pas grave : on lui confie LA mission la plus importante et la plus secrète du Front de l’Ouest, non sans l’affubler d’équipiers au moins aussi cons et tarés que lui.
Shoshana, habillée par Coco Chanel et son insipide petit copain ne sont pas crédibles une seconde. Comment une orpheline fugitive devient gérante d’un ciné dans un Paris occupé où manger des patates et se loger sont un luxe ? D’où tire-t-elle sa "classe naturelle" et sa culture cinématographique, elle, pauvre fille d’agriculteurs juifs (MOUHA-HA-HA-HA-HA !) ? Où a-t-on vu une fille, Juive ou pas, prénommée Shoshana en France ? La scène où elle torture un projectionniste était-elle indispensable ? Et celle ou elle se maquille ? Et celle où… Enfin bref, à quoi sert ce personnage à la con ?
Hitler : il est de bon ton dans les films de le présenter comme un hystérique survolté et grimaçant, vociférant la bave aux lèvres, histoire qu’on comprenne bien que c’est le chef des méchants, mais dans Inglorious Basterds il atteint le niveau d’interprétation du Colonel Klink dans Papa Shultz. Même chose pour Goebbels, ridicule.
Les personnages de l’Anglais, de l’Allemand psychopathe et de l’actrice sont à peine plus crédibles, même s’ils sont les seuls à être à peu près bien interprétés.
Oui, car le jeu est atroce lui aussi.
Christoph Waltz est un virtuose, qui passe de l’allemand au français, puis à l’anglais et enfin à l’italien avec allégresse, certes. Deux problèmes : premièrement on ne lui fait dire que des conneries à base de phrases-choc « they called me the jew hunter !» ; deuxièmement, sa façon de jouer la comédie à un nom : ça s’appelle ducabotinage. Même dans une pièce de boulevard le jeu d’acteurs est plus sobre.
Mélanie Laurent se croit dans un Klapisch, et son copain se paye le luxe de jouer encore plus mal qu’elle, je ne savais même pas que c’était possible. Non franchement, à part dans « Je vais bien, ne t’en fais pas », dans quoi joue-t-elle correctement ?
Brad Pitt a confondu entre "interpréter un personnage con" et "interpréter un personnage comme un con", ses acolytes ayant pour leur part un style très série américaine (oui désolé, les séries, c’est à chier, toutes.). Mention spéciale à Eli Roth : ce type est une blague ? Non, sérieux ?
Daniel Brühl, acteur le plus moche de sa génération, réussit à être plus agaçant que le personnage qu’il interprète.
Là encore les trois seuls qui s’en sortent à peu près sont l’Anglais, l’Allemand psychopathe et, surtout, Diane Kruger.
Pour la mise en scène il m’a fallu lire les interviews pour comprendre que c’était censé être tourné à la mode western spaghetti. Et effectivement, en y repensant je me suis rendu compte que… non rien à voir.
La scène de la taverne aurait pu être intéressante sans le côté ridicule apporté par le jeu des petits papiers et surtout sans l’intervention de Brad Pitt qui casse toute l’ambiance oppressante mise en place laborieusement.
En bref, on part d’un scénar vachement mature et hyper original dans lequel les victimes vont massacrer leurs bourreaux, on se retrouve avec une bande d’abrutis lâches et pervers, qui affrontent des méchants intelligents et subtils. La scène la plus emblématique de ce naufrage moral : les basterds qui, à 10 contre 1, s’en prennent à au nazi interprété par Richard Sammel, lequel les envoie se faire foutre avant de se faire massacrer. Par cette seule séquence, Tarantino réalise le rêve de tout négationniste, en faisant des nazis de valeureux guerriers que l’on persécute et massacre, et qui restent dignes face à des résistants réduits à l’état de barbares sanguinaires sans cervelle. Chapeau !
Finalement, Tarantino avait pris un bon tremplin avec Reservoir Dogs, qui l’a propulsé au sommet de son art avec Pulp Fiction, lequel a permis ce léger flottement avec Jackie Brown. Après ça il a entamé sa chute irrésistible jusqu’à son ultime navet, chacune de ses œuvres étant moins bonne que la précédente. Avec Inglorious Basterds, Tarantino touche le fond. Reste plus qu’à creuser, des fois qu’il trouve une pépite…

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Par RRoland il y a 8 an(s)
Un joli navet avec de gros moyens... Ce film m'a ennuyé et fait rire aussi (mais pas où c'est supposé faire rire). En effet, les ficelles sont grosses comme les cordes de la marine marchande, et le film n'arrive jamais à décoller... Dommage.
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Par Copyright il y a 9 an(s)
Encore un qui n'a pas connecté son cerveau avant de regarder le film. Pour information : un film, si l'on a la prétention de le "critiquer", doit avant tout être aborder pour ce qu'il est, par pour ce qu'on voudrait qu'il soit et encore moins pour les attentes que l'on souhaiterait qu'il satisfasse. Il n'existe aucune recette pour analyser un film alors comment pourrait-il exister des règles et dogmes à respecter ?
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Par Sinefil il y a 9 an(s)

likeSmall 16
Tarantino-- Raine a écrit:J'ai trouver le film très bien excepté la scène du bar un peu trop longue et ennuyeuse!


Au contraire, la scène du bar est une scène épique..dommage que des personnages aussi charismatiques qu'attanchants y trouvent la mort...pauvre Maximilien !

Ah oui, l'une des choses que j'ai apprises dans cette scène : le fait que je n'ai jamais(ou du moins pas consciemment) assimilé la déportation de King Kong à l'histoire des esclaves Noirs. Ce qui aurait dû paraître évident dans mon esprit, aussi naturellement que cet officier SS répondit à l'enigme, était alors pour moi une lointaine perspective. Au lieu de voir en King Kong cet humanité nègre, mon entendement se fixait sur cet être extraordinaire arraché à sa terre natale à cause de sa différence nourissant la cupidité des hommes. C'est un point de vue !

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Par Playmo il y a 9 an(s)
Je trouve ta critique très mauvaise et sans aucun argument.Je pense qu'il faut que tu revois TOUT les films de Tarantino et peut-être comprendras-tu que ces films sont loin d'être "réaliste" ou de respecter les plans historiques ou même les codes du cinéma.Ce film est du Trantino tout craché tu le critique comme si tu voulais du spilberg ou du peter jackson. Le faite qu'il tue deux personnages historique autrement que les livres d'histoires nous l'apprennent n'est que la signature de tarantino. Et Christopher Waltz, même si comme tu dis est inconnu au bataillon est tout simplement un très grand acteur qui joue son personne avec une justesse démesuré mais bon tu préférai peut-être un mec connu? comme je sais pas moi Johnny Deep? Bref quand on s'éssaye a la critique encore faut-il avoir de bons arguments et ne pas resté cloitré dans les films d'actions a énorme Budget qui ne sont là que pour du spectacle. Pour mon avis personnel, Le film ce fini sur cette phrase "je crois que celui là c'est mon chef-d'œuvre" et Bien je pense que tarantino ici nous signe un Chef-D'œuvre. Comme il dirait "VIVE LE CINEMA!"
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Par Vivetarantino il y a 9 an(s)
NTM KEVIN ce film est trop pur! Christopher Waltz est juste LA révélation de l'année alors qu'il te soit inconnu au bataillon nous passe par dessus la tête face de zgeg. Le pseudo manque de réalisme que tu dénonces montre bien TON manque d'imagination gros plouc.
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Par Tarantino-- Raine il y a 10 an(s)
J'ai trouver le film très bien excepté la scène du bar un peu trop longue et ennuyeuse!
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