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Les Hauts Murs

Le 30/04/2008 à 22:46
Par
Notre avis
6 10

Premier long métrage de Christian Faure, Les Hauts Murs nous immerge dans la froideur et la rigidité des maisons de correction des années 30, pour dresser un portrait juste et sensible de l'adolescence. On reprochera à l'œuvre de se reposer sur une mise en scène et une narration trop classiques, qui lui confèrent parfois un style un peu désuet. Mais l'histoire et les personnages distillent une émotion vraie, réveillant l'adolescent blessé qui sommeille en nous, faisant de ces Hauts Murs une belle métaphore sur le passage à l'âge adulte et surtout un film très attachant.


Critique Les Hauts Murs

Critique Critique Les Hauts Murs

 

Inspiré d'un roman autobiographique d'Auguste Le Breton, Les Hauts Murs marque les débuts sur le grand écran de Christian Faure. Construit comme un huis clos, le film recrée l'atmosphère austère des maisons de correction des années 30 et suit le parcours d'Yves (Emile Berling), jeune garçon rebelle et introverti connu pour son caractère fugueur. Fraîchement transféré dans l'un de ces centres, le garçon va devoir se plier à des règles quasi militaires mais aussi se confronter à ses semblables, les jeunes avec lesquels il partage son quotidien. Fort d'une documentation solide sur les conditions de vie et les traitements de rigueur dans ces "maisons d'éducation surveillée", Les Hauts Murs ne fait pas l'impasse sur l'indifférence des familles, qui ont pour la plupart renoncé leur progéniture, ni même sur la violence des rapports entre les jeunes, qui s'exprime le temps de quelques scènes assez dures. Une violence sèche qui n'empêche pas la certaine chaleur humaine d'émerger, donnant lieu à des séquences poignantes jouant la carte du lyrisme. Maîtrisant les codes de son univers, Christian Faure parvient plus d'une fois à toucher la corde sensible, quitte à se réfugier dans un style un peu trop classique. Son film manque d'audace dans sa narration, très linéaire, et souffre d'une mise en scène un tantinet académique. On ne lui en tiendra cependant pas trop rigueur, les personnages se révélant suffisamment justes et bien écrits pour emporter l'adhésion, dans la tragédie comme dans les moments plus légers. Le jeune Emile Berling porte à ce titre littéralement le film sur ses épaules et révèle une présence et une intensité remarquables, tandis que Catherine Jacob apporte quelques pointes d'humour bienvenues dans cette grisaille.

 

 

Critique Critique Les Hauts Murs

 

Si l'histoire cruelle contée dans Les Hauts Murs est bel et bien ancrée dans un contexte historique, on pourra aussi y voir une belle métaphore sur le passage à l'âge adulte. On y retrouve ainsi des thèmes aussi universels que l'apprentissage de la violence, la découverte de l'amitié et de la sexualité, la résistance et l'incompréhension des jeunes face aux règles rigides qu'on leur impose. Les hauts murs dont il s'agit ne représentent peut-être pas uniquement les remparts de la prison mais aussi les carcans sociaux et contre nature qui enferment ces jeunes aspirant à la liberté. Sur ce plan, Les Hauts Murs atteint incontestablement son but en parlant directement au cœur, parvenant à réveiller l'adolescent blessé qui sommeille en chacun de nous. La toute première séquence du film, tentative d'évasion du garçon aboutissant à sa capture sur une plage, n'est d'ailleurs pas sans évoquer un autre premier film sur l'adolescence et réalisé par un cinéaste ayant lui-même expérimenté les centres de redressement : Les Quatre Cent Coups de François Truffaut. Christian Faure a encore du chemin à faire pour se mesurer au maître mais ses débuts méritent largement que l'on s'intéresse à ses projets futurs.

 

Critique Critique Les Hauts Murs








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