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Machete

Le 23/09/2010 à 19:10
Par
Notre avis
5 10

En se targuant d'offrir aux geeks le film qu'ils méritent mais en s'asseyant quand même grassement sur ses lauriers, Robert Rodriguez livre avec Machete la version rallongée de sa fausse bande annonce portant le même nom. En résulte une broderie moyennement fagotée, enorgueillie d'un casting qui se voudrait délirant mais totalement sacrifié sur l'autel d'un bazar global d'une efficacité toute relative. Les blagues les plus courtes étant les meilleures, il n'y avait aucune raison d'étirer celle-ci.

Découvrez ci-dessous la critique de Machete...


Critique Machete

Critique Machete

 

Ce qui devient de plus en plus inquiétant dans le cinéma de Robert Rodriguez, c'est que ce dernier est passé du statut de petit génie inventif sur El Mariachi à celui du pape autoproclamé des œuvres pour fanboys, installé peinard les pieds dans une paire de pantoufles molletonnées et les doigts croisés derrière la tête. Predators, dont il était producteur exécutif, faisait encore récemment retentir la sonnette d'alarme où, sous couvert du divertissement méga bourrin décomplexé over the top par des mecs qui connaissent tout sur tout, le film brillait essentiellement par sa fainéantise d'inspiration et son néant artistique absolu. Sans prétendre qu'on pouvait voir le coup venir, Machete se risquait un peu à un sort similaire ("on fait le film pour les fans qui me le réclament tout le temps et pour Danny Trejo mon grand copain") et plonge effectivement à pieds joints dans la marre de facilité qui s'étendait devant lui.

 

Critique Critique Machete

 

En même temps, on était prévenu : il s'agit de la version longue d'une fausse bande annonce... d'un film, qui, à l'origine, n'aurait jamais dû exister. Parce que le mieux est l'ennemi du bien, Robert Rodriguez a tiré sur la corde une fois de trop en jouant avec ses propres petits mythes au point d'oublier ce qui faisait l'intérêt de son trailer. A savoir que les bandes annonces de séries Z sont la plupart du temps plus fun que les films eux-mêmes et que c'est pour cette unique raison que la version béta de Machete existait. Faisant fît de règles qu'il devrait être le premier à cerner, le réalisateur sort son fameux passe-droit du "C'est pour déconner" qui lui autorise tout, mais surtout n'importe quoi. Il a tout d'abord un mal de chien à relier tous les petits délires du dit trailer de façon cohérente pour en faire un fil rouge homogène, limitant son intrigue à deux séquences qui se répètent à l'infini : Machete arrive quelque part et tue tout le monde, ou Machete fait une sieste et se réveille rapido pour tuer ses agresseurs. Rameutant au passage deux ou trois pièces de puzzles supposées reconstruire l'intrigue. Seuls les cadres varient ou les protagonistes, même si ces derniers sont également des as du carnage facile en fonction de l'outil qu'ils ont à portée de main. Sur une heure quarante-cinq, c'est vite soulant.

 

Critique Critique Machete

 

En parlant de protagonistes, c'est là que repose l'autre déconvenue. Histoire de créer l'évènement, Rodriguez a voulu jouer la boutade à fond les ballons en mélangeant une brochette de comédiens qui n'auraient jamais du se croiser, là encore parce que "Merde, on est là pour déconner, les gars". Semonce ultime, alors que certains confinent sensiblement au has-been qui s'offre un léger revival simili-prestigieux, le réalisateur leur sert sur un plateau d'argent la pichenette qui les enfonce encore plus bas ! Don Johnson est jeté en pâture au cabotinage des voisins (DeNiro et Jeff Fahey, les seuls qui ont compris dans quoi ils mettaient les pieds en parvenant à s'en amuser), Tom Savini s'offre une entrée remarquée pour finalement disparaitre du film à mi-chemin sans la moindre explication tandis que Steven Segal demeurera la plus grosse victime du bazar. En essayant de jouer avec son image un peu bovine, il est finalement encore plus nul que lorsqu'il ne le faisait pas exprès dans ses direct-to-vidéo. Sa dernière séquence étant sans doute la plus déplorable de toute sa carrière.

 

Critique Critique Machete

 

En somme, très peu de bonnes choses à retenir de Machete si ce que n'est que, malgré un visionnage pas spécialement pénible, quelques idées sympas (du gore et des têtes coupées, c'est toujours rigolo) et une sublimation de Jessica Alba qui atteint son apogée lors d'un plan de nu sous une douche, le résultat semble brasser de l'air comme une éolienne à n'en plus finir. Si le film s'égare en plus sur des allégories grossières (limites dangereuses) sur le statut des immigrés sud-américains sur le sol des Etats-Unis, ses rares effluves de karma positif s'évaporent beaucoup trop vite. On penche plus du côté d'un Despérado 2 que de Une Nuit en enfer.





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