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Une nuit à New York

Le 20/02/2009 à 08:31
Par
Notre avis
7 10

Prenez une pincée de John Hughes, un soupçon d'After Hours, des comédiens qui ont fait leurs classes chez Judd Apatow, laissez mariner pendant 1h30, et vous obtenez Une nuit à New York, une comédie adolescente douce et belle à en pleurer. Une oeuvre qui confirme que, même formaté, un film peut être réussi s'il est fait avec sincérité, et que l'industrie cinématographique américaine a 25 ans d'avance sur le 7e Art hexagonal. Car quoiqu'on en dise, ce n'est pas demain la veille qu'on verra sur nos écrans un film français sur les ados aussi moderne et aussi juste que celui-ci. Déjà qu'on attend encore notre Breakfast Club ...


Critique Une nuit à New York

Sorti depuis un petit bout de temps Outre-Atlantique, où il est même disponible en Blu-Ray, Nick and Norah's Infinite Playlist de Peter Sollet se décide enfin à pointer le bout de son nez sur nos écrans. Rebaptisé Une nuit à New York pour l'occasion (comme le fut le livre dont le scénario est adapté), le film raconte la rencontre de deux jeunes adolescents newyorkais (un bassiste un peu timide et une "fille de" qui passent ses nuits à faire la fête avec ses riches amis) dont le seul point commun semble être un amour invétéré pour la nouvelle vague de rock indé ricain. (ndla : Pour les connaisseurs, Band of Horses, Vampire Weekend, The Dead 60's, We Are Scientists, Shout Out Louds ... bref, tous les groupes adulés par Seth Cohen dans Newport Beach qui avaient eu la faveur d'apparaître dans la géniale série de Josh Schwartz). "Semble être" car bien évidemment, les deux héros du film vont bien vite se trouver quelques atomes crochus qui justifieront que l'on raconte leur folle nuit dans la grande pomme.

 

Critique Une nuit à New York

 

En l'état, Une nuit à New York n'a pas grand-chose d'original. Que ce soient les situations, les rebondissements ou les personnages, tout a déjà plus ou moins été vu ailleurs, dans quelques autres teen comedy américaines sorties sur nos écrans depuis plus de 20 ans. D'un Ferris Bueller (pour le côté "temps réel" de l'aventure, avec un peu d'After Hours aussi sur les bords) à Go de Doug Liman, ou encore Génération Rebelle de Richard Linklater, on ne compte plus les films que nous évoque la bobine de Peter Sollett (et on passe les séries télé, The OC et Freaks and Geeks en tête). Il n'empêche que malgré cela, Une nuit à New York dispose d'une qualité unique qui nous fait bien vite oublier son manque d'originalité : sa sincérité. C'est un film qui vient du cœur, et qui va au cœur. Sans passer par une quelconque analyse balourde sur l'adolescence ou autre qui rendrait l'ensemble pompeux et sans doute moins efficace. Devant Une nuit à New York, on se souvient que la douceur et la simplicité sont parfois les armes les plus efficaces pour transmettre une émotion, ou faire passer une idée. Ici, en un regard, un dialogue, une note de musique, on comprend les personnages, on s'y attache et on vit avec eux cette folle nuit qui nous rappelle tant celle de Jesse et Céline dans Before Sunrise. Les deux comédiens du film y sont évidemment pour beaucoup, que ce soit Michael Cera qu'on ne présente plus (Juno, Supergrave, Arrested Development) ou la sublime Kat Dennings (on peut le dire, elle est majeure), qui pour ceux qui s'en rappellent, interprétait la fille de Catherine Keener dans 40 ans toujours puceau.

 

Critique Une nuit à New York

 

Hélas, au risque d'en rajouter une nouvelle couche sur le cinéma français, on ne peut s'empêcher de dresser un parallèle un brin crapuleux entre ce film et une autre comédie ado, pas newyorkaise mais parisienne, sortie il y a peu de temps et qui phagocyte les chiffres du box-office depuis. Une nuit à New York a le malheur (ou le mérite diront certains) de marquer un peu plus l'écart qualitatif monstrueux qui perdure entre les deux industries dès lors qu'elles concourent dans la même catégorie. D'un côté, un amoncellement de clichés fait avec le cœur. De l'autre, un amoncellement de clichés fait avec les pieds. Il faut donc croire que comme le disait Doc Brown, "les pieds seraient le point sensible des hommes du futur" et que là où le public français aura le choix entre un film doux et sincère et une grosse fumisterie qui fait "pouet pouet" et qui a 20 ans de retard, il ira plus volontiers vers le second choix. Madagascar 2 a bien battu Wall-E au box-office... Des chiffres hallucinants qui nous font parfois songer que l'on prêche dans le désert lorsque l'on dénonce la crétinisation du cinéma populaire hexagonal, qui ressemble de plus en plus à un programme de TF1. Mais qu'importe, même si le film de Peter Sollett se plante au box-office, nous n'échangerons pas une image de cette Nuit à New-York là contre un seul succès franchouillard sorti ces 10 dernières années. Jamais, pas même contre tout lol du monde... Contre tout l'or du monde, désolé pour le lapsus.

 

Critique Une nuit à New York








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