Critique : .hack//Roots - Episodes 1 à 4
Le 04/04/2008 à 12:05Par Caroline Leroy

Toujours réalisée par Koichi Mashimo et produite par le studio Bee Train, cette nouvelle étape du projet dot hack s'inscrit dans la continuité de .hack//SIGN et .hack//Legend of the Twilight, auxquels elle fait référence explicitement. A l'instar de cette dernière série, .hack//Roots introduit un nouveau héros dans l'univers de The World, dont nous suivrons cette fois les aventures sur une durée de vingt-six épisodes. Rassurons-nous : cette toute jeune série datée de 2006 semble davantage lorgner du côté de l'ambiance teintée de mystère de .hack//SIGN que de celle de .hack//Legend of the Twilight, dont la puérilité insupportable avait de quoi refroidir le spectateur le plus clément.
Sept ans ont passé depuis la victoire de Kite et ses amis. Malheureusement, l'existence de The World a entre temps été gravement compromise par l'incendie qui a partiellement ravagé la société conceptrice du jeu, CC Corp. Une nouvelle version du jeu voit néanmoins le jour quelque temps plus tard : The World R:2. Bien qu'elle soit nettement plus performante que la précédente, cette version subit l'assaut de PK ou "Player Killers" qui déciment un à un les joueurs débutants. Nouvel arrivant dans l'univers de The World, Haseo subit dès sa première connexion l'attaque de ces redoutables joueurs. Il est sauvé in extremis par Ovan, un individu mystérieux que seconde une jeune femme tout aussi énigmatique du nom de Shino. Tous deux semblent tenir absolument à ce que Haseo rejoigne leur Guilde, la Brigade du Crépuscule, dont le but n'est autre que de trouver la fameuse "Clé du Crépuscule" qui hante The World depuis sa création...
En termes de qualités visuelles comme de réalisation, .hack//Roots surpasse aisément .hack//SIGN, qui se caractérisait notamment par une mise en scène d'une platitude désespérante. Cela était d'autant plus dommage que l'univers de The World recelait quelques richesses qu'il eut été bon d'exploiter avec un peu plus de pertinence. Ce temps est révolu et Koichi Mashimo semble bénéficier ici de moyens plus conséquents, qui lui permettent enfin de donner une vraie "gueule" à ce vaste monde virtuel. Non seulement l'animation est autrement plus fluide et agréable à l'œil, mais le graphisme et la colorisation se sont considérablement affinés et les décors se montrent incontestablement plus fouillés. The World acquiert ainsi une dimension onirique qui restait jusqu'ici soigneusement dissimulée - en particulier dans .hack//Legend of the Twilight, dont la charte colorimétrique criarde tendait à rebuter immédiatement. Côté musique, il est vrai que la compositrice Yuki Kajiura semble définitivement avoir laissé la main à d'autres, si l'on excepte le générique de début. Le groupe Ali Project s'en sort toutefois avec les honneurs, et contribue à l'envol de certaines séquences, parmi lesquelles on retiendra ce très beau moment quasi dénué de dialogues où Haseo rejoint enfin la Brigade du Crépuscule, à la fin de l'épisode 3 (Join).
Qu'en est-il des personnages ? Bien qu'il joue ostensiblement les enfants gâtés un peu capricieux, Haseo se rapproche heureusement plus de Tsukasa (.hack//SIGN) que de Shûgo (.hack//Legend of the Twilight). Moins sauvage que le premier, il fait un héros infiniment plus attachant que le second, et ce même si l'on a encore peu d'opportunité de connaître sa véritable personnalité. Le travail effectué sur ses expressions faciales (les petites moues boudeuses en l'occurrence) est d'ailleurs à souligner, en ce qu'il contraste avec les visages un peu lisses du maître Ovan et de son bras droit Shino. Bien entendu, Haseo est un simple débutant qui ne se prive pas d'afficher un léger dédain à l'égard de The World - il se montre toutefois un peu moins radical que Tsukasa sur ce point - mais laisse entrevoir un certain potentiel à l'issue de ces quatre premiers épisodes. Les membres de la Guilde des TaN, menée par le rebutant Naobi, tenteront de l'acheter à plusieurs reprises, quand il ne se fait pas tout simplement menacer par l'une des sbires de ce dernier, Ender. Poursuivi en permanence ou presque par les PK, Haseo finira par rejoindre la Brigade du Crépuscule un peu malgré lui. C'est là le vrai point de départ de .hack//Roots, qui contrairement aux deux autres séries ne consacre jusque là aucune scène voire aucun plan au monde "réel". On ne peut s'empêcher d'imaginer que ce n'est que partie remise. La suite au volume 2.