FilmsActu.com



Les Seigneurs de la Guerre : deux versions, deux films (MAJ)

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre Si nous nous réjouissions il y a quelque mois de découvrir en salles et non en DVD l'ambitieux Les Seigneurs de la Guerre de Peter Chan, qui réunit en tête d'affiche Jet Li, Andy Lau et Takeshi Kaneshiro, nous n'avons malheureusement eu droit qu'à une version tronquée destinée au marché occidental. Un fléau qui touche malheureusement la plupart des films asiatiques distribués en salles, qu'ils passent par les Etats-Unis comme ce fut le cas des Seigneurs de la Guerre (remonté par un certain Chris Blunden) et des Trois Royaumes (John Woo), ou qu'ils arrivent directement en France (le cas Ong Bak 2 en a fait enrager plus d'un), pour ne citer que des exemples récents. Certes, Les Seigneurs de la Guerre n'était pas le plus mal loti de tous puisque le résultat découvert en janvier dernier reste hautement recommandable. Il n'en demeure pas moins que l'ablation de 15 minutes de bobine suffisait à amoindrir considérablement l'impact, la puissance et l'intelligence de l'œuvre.

MAJ : TF1 Vidéo a eu la bonne idée d'inclure les deux montages sur l'édition française, une initiative rare. A défaut d'avoir pu apprécier à sa juste valeur le film en salle, vous pourrez au moins vous rattraper en DVD.

Pour donner un aperçu des différences entre les deux montages, nous nous attarderons sur la scène de bataille dantesque qui intervient au bout d'une demi-heure de métrage. Dans la version internationale, cette scène débute à 32mns30 et s'achève à 42mns34. Dans la version hongkongaise, elle débute à 32mns50 pour finir à 44mns52. Deux minutes de différence, rien que cela !

Les temps cités ci-après sont issus du montage chinois. Nous nommerons version "française" la version internationale sortie en salles dans nos contrées afin de simplifier la compréhension à la lecture.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

32mns50 (début de la séquence) - 35mns30

Tandis les regards de Pang (Jet Li) et de son adversaire se croisent, Er-hu (Andy Lau) attend impatiemment le messager envoyé par le camp ennemi, sous les regards tendus des deux armées et de Wu-Yang (Takeshi Kaneshiro). Jusqu'ici, aucun changement n'est à déplorer.

Lorsque Er-Hu coupe la tête du messager, les cris de guerre retentissent du côté de l'armée de Pang, dont la première unité pédestre se lance à l'attaque, menée par Wu-Yang. Le général ennemi dépêche alors ses tireurs pour les abattre. S'ensuit une succession de plans alternant les travellings suivant la course des soldats de Pang et les plans fixes sur les tireurs. Le général ennemi est filmé en gros plans tandis que le cadre est ouvert sur la gauche afin de marquer sa toute puissance (contrairement aux cinémas occidentaux, les cinémas asiatiques privilégient les cadres ouverts sur la gauche pour signifier la domination, une différence qui provient certainement de la différence de sens de l'écriture).

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la GuerreComparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

Ce passage ne comporte aucune musique dans la version chinoise, ce qui a pour effet de faire ressortir de manière percutante les coups de feu mais aussi le grondement provoqué par la course des archers, qui se rapprochent inexorablement du but. L'alternance entre les sons des armes qui se rechargent et les hurlements des archers menés par Wu-Yang augmente la tension précédant l'affrontement physique. Autant d'effets qui disparaissent partiellement dans la version française puisqu'une musique insipide a été ajoutée.

Juste avant l'altercation qui oppose Er-Hu et Pang, déjà en désaccord sur la manière de diriger les soldats (l'opposition entre la culture du banditisme de l'un et la culture militaire de l'autre se fait déjà ressentir), quelques plans sur les archers menés par Wu-Yang ont été supprimés : l'un d'entre eux montre un jeune soldat tomber à terre puis se relever, réalisant qu'il lui manque quelques doigts à la main gauche. Déjà, la version française affiche une volonté d'édulcorer la violence. Et ce n'est que le début.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

35mns31 - 36mns30

Dans la version chinoise, juste avant l'altercation entre Er-Hu et Pang, un fond musical discret et triste souligne la perte de certains archers, d'où la réaction d'Er-Hu qui ne supporte pas de voir ses hommes tomber à terre. Juste après débute la composition musicale qui va rythmer toute la bataille telle une symphonie. Lorsque Pang abat sa seconde carte (Wu-Yang donne l'ordre de tirer), les violons accompagnent la course des archers, toujours en mouvement comme si rien ne pouvait les arrêter, tandis que les tireurs ennemis restent statiques (leur plus grande difficulté à se mouvoir constitue leur point faible). La musique de la version française est bien différente : sans saveur, elle tente pitoyablement de se faire épique. Les violons cités plus haut sont absents, de même que la respiration marquée par la mélodie lorsque la caméra suit la nuée de flèches. La dynamique entre le son et l'image perd ainsi considérablement de sa force.

A noter juste avant la rencontre physique entre les deux armées la suppression d'un plan caméra à l'épaule participant, à l'instar de plusieurs travellings avant, à déterminer le point de vue : le cadreur filme de manière subjective comme s'il était l'un des soldats de Pang (35mns05).

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

36mns35 - 37mns08

Une coupe très significative : toujours sur le champ de bataille, un jeune soldat de l'armée de Pang parvient à transpercer de son sabre un soldat ennemi et à lui voler son fusil. Fier de son coup, il échange un regard avec Wu-Yang sans voir qu'un autre soldat le braque par derrière. Wu-Yang réagit vite et lance son couteau dans la tête de ce dernier. Choqué, le garçon le regarde l'air ahuri, avant d'être abattu par une balle qui lui traverse la tête au niveau des joues, tirée par un soldat situé hors champ (soulignant le caractère aléatoire de ce qui se produit sur un champ de bataille). Non loin de là, le petit frère du soldat, témoin de la scène, se précipite vers lui et s'effondre en pleurant, tandis que Wu-Yang égorge rageusement l'assassin.

Tout ce passage à la fois dramatique et cynique est absent de la version française, qui a soigneusement remonté l'ensemble. Revenons en arrière, au moment où les deux armées s'entrechoquent : les plans les plus "gore" ont été évacués (on déplore quelques coups de hache et de marteau en moins) à l'instar de l'épisode avec les deux frères. Pourtant, les deux plans voyant Wu-Yang égorger le meurtrier du garçon ont tout de même été insérés entre deux images...

 

Voir le détail de la scène en cliquant sur l'image :

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

37mns08 - 37mns45

Le général ennemi envoie sa cavalerie, suivi de près par Pang. Détail qui a son importance, à peine Pang a-t-il dit "Préparez-vous" qu'Er-Hu s'élance sans attendre la suite de l'ordre, d'où l'air étonné de son supérieur. En français, la traduction est "Allons-y!". Cet échange perd ainsi en partie son sens (déjà Er-Hu ne cesse de contester la stratégie de Pang).

La cavalerie menée par Er-Hu s'élance donc, avant d'aveugler les chevaux au moyen de tissus. Pas de changement majeur dans la version française, si ce n'est la musique. Dans la version originale, les violons reprennent leur course pour accompagner la cavalerie et faire une fois encore monter la tension précédant le choc entre les deux armées.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

37mns45 - 38mns20

Et le choc sera brutal ! Dans le montage chinois, le mouvement suivant se divise en deux temps :

Première phase : les deux cavaleries se rentrent dedans frontalement, entraînant une suite brutale de chutes de chevaux (au passage, on a peine à croire qu'aucun animal n'ait été blessé pendant le tournage !). La musique s'arrête pendant quelques secondes stupéfiantes pour souligner la violence inouïe du choc.

Seconde phase : le général ennemi passe à la vitesse supérieure en donnant le feu vert d'un signe de la main pour les tirs au canon. Ce n'est qu'ensuite qu'apparaissent à l'écran les soldats concernés par l'ordre (comprendre par l'ordre des images que le général domine encore la situation). S'ensuit alors un plan dévoilant les canons alignés devant des soldats, suivi d'un gros plan sur les torches enflammant les brèches, le resserrement du cadre soulignant le danger imminent. Quelques images après la première salve de tirs, un très grand angle permet d'envisager la scène dans son ensemble (au passage, une très belle image). Le moment où les soldats réarment est traduit par un gros plan sur les mains d'un soldat entrant une boule dans le canon.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

Ces deux phases ont été entièrement remontées et mélangées dans la version française. Non seulement certaines images manquent à l'appel (certaines chutes de chevaux, notamment) mais les canons sont introduits par le biais du gros plan sur les mains du soldat qui réarme, image censée représenter la seconde salve de tirs. Ce n'est que plus tard que l'on découvre les plans correspondant à la première salve de tirs. Le signal donné par le général a disparu et le passage s'achève par le grand angle cité plus haut. En somme, non seulement l'ordre des images a été perturbé mais deux phases bien distinctes de la scène, à savoir la rencontre des deux cavaleries et l'intervention des canons, ont été mélangées. Enfin, les bruits des coups de canon qui tonitruaient dans la version chinoise ne ressortent pas de manière aussi puissante sur le montage français, la faute à une musique toujours aussi envahissante.

 

38mns20 - 40mns10

Pang attend une réaction de la part de ses alliés qui refusent toujours d'entrer en jeu, tandis que sur le champ de bataille Er-Hu tombe de son cheval. Pang finit par s'élancer à son tour. Tombant de cheval en cours de route, il se relève et continue à pied. Un superbe travelling latéral le voyant courir en direction de la caméra (les objets situés entre Jet Li et cette dernière apparaissent flous) souligne sa volonté indestructible d'atteindre son objectif (38mns17). Arrivé au but, il rectifie généreusement une bonne dizaine de soldats ennemis.

Pas de changement majeur à déplorer dans ce passage, si ce n'est la musique.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

40mns10 - 40mns34

Alors que Pang oriente le canon d'un ennemi, la détonation fait valdinguer plusieurs canons, un événement marqué dans la version chinoise par un ralenti à l'image et par un silence de la musique, pour souligner l'explosion tonitruante. En version française, la musique continue son petit bonhomme de chemin comme si de rien n'était.

Mais le pire reste à venir. Dans la version chinoise, Pang ayant été projeté au sol par le choc, un ennemi entreprend de lui tirer dessus à coup de canon. Mais un soldat de Pang réagit : sans réfléchir, il se jette sur le canon pour exploser en mille morceaux face à la caméra ! Il s'agit tout simplement de l'effet spécial le plus impressionnant du film. Et il nous a été enlevé ! Une coupe impardonnable.

 

Voir le détail de la scène en cliquant sur l'image :

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

41mns44 - 44mns10

On assiste au combat de Pang contre des dizaines de soldats, jusqu'à ce qu'il soit transpercé d'une lance. Réunis par la blessure de Pang, les trois principaux protagonistes (Pang, Wu-Yang et Er-Hu), se rejoignent enfin pour entrer à partir de cet instant dans une sorte de communion dans la bataille. On ne dénote pas de changement majeur dans ce passage, si ce n'est la musique.

A ce titre, lorsque les alliés de Pang entre en scène (42mns49), la composition qui se fait entendre dans la version chinoise rappelle étrangement celle de Gladiator (l'hommage de Peter Chan à Ridley Scott ?), une similitude que l'on remarque aussi dans une autre scène de bataille du film et qui se retrouve gommée dans le montage français puisque cette composition n'existe plus.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

44mns10 - 44mns50 (fin de la séquence)

Les derniers plans de la séquence sont coupés : Wu-Yang vient tout juste de couper la tête du général ennemi et la brandit fièrement dans la mêlée. La scène s'arrête très tôt dans la version française et se prolonge dans la version chinoise : tandis que la furie diminue peu à peu, Pang et Er-Hu crient (hystériquement) victoire. A noter que seuls les trois protagonistes principaux sont filmés en gros plans, afin de souligner une fois encore leur communion dans cette folie guerrière, qui représente l'apogée de leur amitié. Le jeu de Takeshi Kaneshiro est particulièrement intense dans ces quarante dernières secondes et il est extrêmement regrettable qu'elles aient été coupées.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la GuerreComparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la GuerreComparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

Autres exemples de coupes

Si les scènes de bataille enregistrent une violence atténuée par rapport à la version originale, c'est plus généralement la manière dont l'expérience de guerre vécue par les soldats et la population est traduite qui pâtit de ces coupures. Manifestant le même soin visuel que dans ses précédents films, Peter Chan prend cependant à contre-pied les chorégraphies esthétisantes qui caractérisent les grosses productions chinoises actuelles et dépeint sans aucune complaisance l'horreur de la guerre. La destruction des soldats n'était pas seulement physique mais psychologique ; l'amitié n'a pas vraiment sa place dans ce monde chaotique, comme en témoigne le destin tragique des trois "frères de sang".

Parmi les coupes majeures, on citera la scène de pillage de la ville de Shu, au cours de laquelle Pang condamne à mort trois adolescents. Des jeunes soldats dont Er-Hu prend farouchement la défense. Dans la version française, on ne comprend pas très bien ce que Pang leur reproche, si ce n'est de lui avoir désobéi. Leur crime a tout simplement été coupé au montage. Ainsi dans la version chinoise, les trois adolescents ne se contentaient pas de piller la ville (sous la suggestion d'un rival de Pang) mais violaient aussi deux jeunes femmes. Si la condamnation à mort paraît tout de même cruelle, force est d'admettre que la dispute entre Pang et Er-Hu prend un autre sens : Er-Hu qui apparaît comme un être pur dans le montage français défend ici ce que l'on appelle aujourd'hui "le viol comme arme de guerre", qui consiste à souiller un pays en souillant ses femmes - en plus de servir d'exutoires aux soldats. Un crime dénoncé de nos jours par Amnesty International.

Etrangement, cette preuve d'ambiguïté d'Er-Hu le rend d'autant plus attachant, car plus humain : ancien bandit, peu éduqué, il défend ce qu'il lui reste de sa "culture", si critiquables soient certains aspects. De son côté, Pang défend la discipline et l'esprit militaire et ne supporte pas de voir des civils, hommes ou femmes, être opprimés de la sorte. En dépit de leur comportement odieux, les trois jeunes accusés forcent la compassion lorsqu'ils supplient Pang de ne rien dire à leurs mères. Leur geste souligne en outre la destruction de leurs repères moraux et leur besoin de violenter plus faible qu'eux suite au traumatisme de la bataille. En somme, cette scène est très certainement celle qui suscite les sentiments les plus contradictoires de tout le film.

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la GuerreComparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre

 

L'autre coupe la plus significative concerne le siège de Suzhou, beaucoup plus développé dans le montage chinois et mettant davantage l'accent sur la folie qui guette les assiégés comme les soldats planqués dans les tranchées. On assistait notamment à l'agonie d'un jeune soldat de Suzhou tombé sur le champ de bataille. Un moment pénible qui s'étendait sur des minutes entières, pendant lesquelles le garçon hurlait, pleurait, chantait, provoquait ses ennemis, jusqu'à ce que l'un des hommes de Pang devienne véritablement hystérique. Un passage réduit à dix secondes dans la version sortie en France. Soulignons enfin les coupes relatives au personnage de Lian (Xu Jinglei), l'épouse d'Er-Hu qui le trompe avec Pang. Les étreintes amoureuses un peu brutales entre la jeune femme et le général campé par Jet Li ont été édulcorées. Le monteur américain a-t-il eu pour instruction de cibler le film vers un public familial ?

 

Comparatif des deux versions du film Les Seigneurs de la Guerre



BILAN

En résumé, la version internationale se débarrasse des éléments suivants :

- les plans les plus violents,

- les scènes montrant de la manière la plus viscérale la laideur de la guerre (agonie, viol, etc.),

- les dilemmes moraux les plus déchirants (la dispute autour des deux adolescents violeurs) ;

- les scènes d'adultère explicites entre Pang et Lian.

 

Le résultat est un film mais moins bien rythmé, n'en déplaise au monteur Chris Blunden, mais surtout un tableau plus simpliste du contexte de guerre. Dans la mesure où les coupes sont ciblées sur les moments les plus dérangeants, nous pouvons donc bel et bien parler de Censure, même si ses motivations sont certainement purement commerciales. Le problème est que les cinéastes hongkongais ne se choquent même pas de ces remontages scandaleux puisque le système des versions multiples existe en Asie depuis toujours : entre Hong Kong, la Chine, Singapour ou encore Taiwan, les critères de la Censure diffèrent. Citons le cas d'Une Balle dans la Tête de John Woo, dont il existe un nombre incalculable de versions à travers le monde, le public français étant certainement l'un des mieux lotis de tous. Toujours du côté de John Woo, Les Trois Royaumes est comme on le sait sorti en Occident dans une version "2 en 1", au mépris total de la gestion du rythme et du développement personnages.

 

Le dilemme est donc de taille : faut-il vraiment continuer à souhaiter découvrir les films en salles si c'est pour avoir la mauvaise surprise de voir versions tronquées, là où les direct-to-video arrivent en version intégrale ?

 





Par 13 commentaires


Derniers commentaires
Par tenia il y a 12 an(s)

likeSmall
Admettons que je connaisse mon sujet.
Cela n'empêche pas que j'aurais aimé, quand j'ai raqué mes 20€ pour le Kim Jee-woon, avoir le montage intégral. J'aimerais me dire que le DVD de Django n'est pas tronqué de 30 min. J'aimerais me dire que la version intégrale de Warlords ne devraient pas servir d'argument pour un 2e DVD, mais être l'unique montage dispo.

Et que, non, je ne peux pas deviner quel montage va être édité par TF1. J'ai beau ne pas me laisser avoir, cela n'empêche pas que les testeurs ne font pas leur taf. Sauf ici, pour une fois (en même temps, le travail est mâché : c'est écrit noir sur blanc que le film était tronqué et que donc, voici la VL).

Mais surtout, j'aimerais croire qu'un dossier comparo comme celui-ci n'est pas un cas de conscience unique, fait pour se donner un semblant d'intégrité journalistique, du genre 'Ouais, nous aussi, on aime pas les coupes !' alors que jusqu'à présent, personne n'avait bronché. Le montage intégral était déjà édité en Chine, alors, pourquoi ne pas avoir fait les effarouchées au moment de la sortie salles ?

Quand, lors de coupes, personne ne prend la peine de dire aux futurs acheteurs 'Faites gaffe, le film, il manque 30 minutes sur les 2h', y a quand même un problème de fond.

C'est donc pas tant les pratiques des distributeurs que le fait que Filmsactu arrive 15 plombes après la bataille sur son grand cheval blanc, genre grand pourfendeur de pratiques sur lesquelles ils n'ont pourtant jamais dit quoique ce soit jusqu'ici.

Surtout pas pour informer les futurs acheteurs. Surtout pas il y a 6 mois, au moment de la sortie salles.
Tout ça pour conclure que c'est de la censure, c'te blague. C'est pas de la censure, c'est du business, du formatage, 'faut vendre ce qui se vend'. Et voilà que tout d'un coup, Filmsactu s'en émouvrait, alors qu'ils n'ont jamais jugé bon jusqu'à présent de prévenir en cas de coupes, comme si ce n'était pas assez important pour le noter ? Mouais.

Pourtant, niveau biz', ils connaissent comme avec le coffret HKV du Syndicat du Crime. Le seul test valable de toute la presse net est celui de hkcinemagic.net. Eux ont été les seuls à indiquer les problèmes de grain, la restauration douteuse, les masters tronqués, croppés, la BO qui change de langue etc etc.

Ici, on a préféré faire l'impasse et proposer une ITW hyper langue de bois de Martinez.

Répondre
-
voter voter


Par merzboy il y a 12 an(s)

likeSmall
nous sommes daccord

fena a écrit:Dans le cas des Seigneurs de la Guerre, le film est quand même réalisé par Peter Chan, qui est un réalisateurs certes mais aussi un homme d'affaires sacrément rôdé. Un genre de Besson à la hongkongaise, [b:1ehijf3a]en plus intelligent et en plus artiste[/b:1ehijf3a].
peux tu préciser ? en comparant la filmo des deux gars, jai du mal à te suivre.

on peut penser ce quon veut des films de besson mais il tente de faire du cinéma, raconter une histoire par l'image (cest souvent pompeux mais indéniablement ambitieux). pareil pour ses productions : ya de la merde (taxi & co), des comédies simplistes mais ya aussi frontières, haute tension ou trois enterrements.

par contre (je nai pas tout vu de lui) je trouve les films de peter chan pré-97 tout juste plaisant (amha tout ça). jai surtout limpression que ça ne fait que 10 ans (depuis Three Extreme) quil sessaye à des films plus "artistiques".

Répondre
-
voter voter


Par fena il y a 12 an(s)

likeSmall
Ah si, j'ai quand même une remarque : pour faire écho à ce qui est dit dans l'article, il faut quand même savoir que le problème des coupes ne vient pas seulement des distributeurs. C'est pas aussi simple que tu le dis, à savoir des méchants distributeurs qui se permettent de charcuter un film sans l'accord des producteurs et même, j'oserais dire, des réalisateurs.
Pour Les 3 Royaumes, par exemple, John Woo lui-même était largement consentant pour faire de son film un monument d'ennui en version occidentale.
Dans le cas des Seigneurs de la Guerre, le film est quand même réalisé par Peter Chan, qui est un réalisateurs certes mais aussi un homme d'affaires sacrément rôdé. Un genre de Besson à la hongkongaise, en plus intelligent et en plus artiste. Si tu l'as déjà entendu parler business dans des interviews, je suis sûre que tu vois ce que je veux dire.
Kim Jee-Woon quant à lui ne s'en cache pas : il fait du cinéma grand public, il cherche à brasser large. Alors si on lui fait quelques coupes pour la version occidentale après quelques critiques à Cannes, il s'en fout à mon avis.
Quant à Miike, qui est plus un cinéaste indépendant, il considère que les gens qui ne le connaissent qu'à travers ses films - à savoir les Occidentaux - ne le connaissent pas vraiment. Donc à mon avis, il s'en tape lui aussi.
Pour me faire écho de l'article, faut pas oublier qu'ils sont tous déjà habitués à ça avec les multiples version en Asie. Le problème est là : tout le monde s'en tape. Les réalisateurs les premiers.

Répondre
-
voter voter


Par fena il y a 12 an(s)

likeSmall
Pavupapri ayant bien exprimé ce que je pensais aussi, je n'ai qu'une seule remarque à ajouter : c'est Sukiyaki, pas Saiyuki. ;-)
Relax, mec.

Répondre
-
voter voter


Par pavupapri il y a 12 an(s)

likeSmall
Dans le fond du propos, tu as absolument raison, les coupes de producteurs et de distributeurs sont absolument honteuses. En même temps, tout le monde est d'accord là dessus, t'enfonce une porte déjà grande ouverte.

Mais je trouve que t'en fais un peu des caisses niveau indignation, en en rajoutant une louche sur la supposée manipulation du consommateur, histoire de se poser en victime plaignante. A la limite, que ça vienne de Mr et Mme tout le monde, pourquoi pas. Mais t'as l'air de t'exprimer comme qqun qui connait suffisamment bien son sujet pour pas se laisser avoir. Dans leur crapulerie éhontée, les distributeurs ne perdent jamais une occasion de signaler sur tous les côtés d'un DVD et en grosse lettres, lorsqu'il s'agit d'une version longue ou director's cut. C'est indiqué partout sur la jaquette ! Là, pas besoin de raquer, comme tu le prétends. Si en plus tu consulte la presse spé***ée, tu devines facilement qq semaines à l'avance (via des news ou des photos des jaquettes) si oui ou non les version longues seront proposées dessus. Ensuite, c'est du bon sens : si aucune indication de ce genre n'est explicitement dévoilée, il y a de très grande chances que le film proposé en vidéo soit identique au montage découvert en salles... J'ai encore rarement vu un sticker sur un DVD qui disait "Version pas longue : la même qu'au cinéma". En communication, comme en information, on ne pointe pas du doigt la "normalité" (le montage salles). Si rien n'est dit, c'est qu'il n'y a rien de plus à voir...

C'est bien de vouloir de vouloir défendre sa passion pour un art et expliquer dans les grandes largeurs qu'on n'a rien à voir avec le public lambda de TF1, mais dans ce cas, faut arrêter de se comporter comme tel à grand coups de "Euh mais, comment je fais pour savoir, moi ???".

Je crois juste que t'avais besoin de gueuler un coup

Répondre
-
voter voter


Par tenia il y a 12 an(s)

likeSmall
fena a écrit:En gros, filmsactu doit être le seul site presse, ou du moins l'un des seuls, qui parle de ces coupures, et c'est précisément ici que tu viens faire un caca nerveux parce qu'ils ont oublié de mentionner le Kim Jee-Woon ?


Ca fait un dossier pour 10 minutes de coupes sur Warlords, en concluant que "Oh bah mince, salauds de distributeurs français qu'ont fait des coupes au ciné !"

Mais ils n'ont rien dit pour les 35 minutes manquantes de Saiyuki Western Django. Ou les 10 du Kim Jee-woon. Bref, d'habitude, ça bronche pas et ça dit amen.

Alors, je me dis que si, sur ce coup là, ils s'excitent, ça doit être à cause de la présence des 2 montages en France. Du coup, ils peuvent pas outre-passer le fait que "Ah bah oui, dis donc, jusque là, on avait qu'un film incomplet".

Maintenant, faut pas s'inquiéter : Filmsactu est loin d'être le seul à parler de ces coupes. Mais malheureusement, les autres sites ne sont pas des sites presse pro. Et les autres sites presse pro qui n'en ont pas fait part, j'ai été m'indigner chez eux aussi.

Ce sont les 1ers à avoir, parfois avec 2 mois d'avance, des DVD en main. Mais pour vérifier l'intégrité des montages, faut que ce soit l'acheteur qui le fasse. Ils indiquent 1h30 comme durée de Django, mais c'est à nous à vérifier que le film dure en fait 2h05.

Or, pour ça, il y pas 15 000 solutions : faut avoir vu le film via des moyens détournés, vu qu'il n'y a pas eu de sortie ciné FR.

Donc, en gros, encore une fois, c'est pas grave : 'les 3/4 de ces abrutis de français ne savent pas qu'on coupe 30 minutes de film, ça passera tout seul'.

Donc, en gros, s'ils n'avaient pas conclu le dossier d'une tirade dramatique, ça aurait été. Mais finir par "Le dilemme est donc de taille : faut-il vraiment continuer à souhaiter découvrir les films en salles si c'est pour avoir la mauvaise surprise de voir versions tronquées, là où les direct-to-video arrivent en version intégrale ?" alors que, jusqu'à présent, eux non plus n'avaient jamais fait remarquer quoique ce soit, parfois pour des coupes bien plus conséquentes que 10 minutes, je trouve ça plutôt hypocrite.

Maintenant, le pire, c'est qu'ils vont avoir intérêt à préciser à chaque fois si le montage proposé sur le DVD est un montage tronqué ou non, parce que je pourrai resservir à chaque fois le siouper dossier fait pour Warlords.

S'il devient le porte-étendard d'une nouvelle conscience professionnelle qui vérifie l'intégrité des films, tant mieux. Mais quand on voit ce qui est sorti tronqué sans que personne ne s'en offusque, permettez-moi d'en douter grandement.

Répondre
-
voter voter


Par pavupapri il y a 12 an(s)

likeSmall
les années 80 sont ton porte-étendard de l'inculture ?

Mince alors...

Répondre
-
voter voter


Par fena il y a 12 an(s)

likeSmall
En gros, filmsactu doit être le seul site presse, ou du moins l'un des seuls, qui parle de ces coupures, et c'est précisément ici que tu viens faire un caca nerveux parce qu'ils ont oublié de mentionner le Kim Jee-Woon ?
Répondre
-
voter voter


Par tenia il y a 12 an(s)

likeSmall
Le coffret coréen possède 3 DVD. Le montage international, le montage coréen (plus long d'une dizaine de minutes) et un DVD de bonus. Du DVD de bonus (auquel il aurait suffit d'ajouter des STF) ne subsiste déjà que le making of : on perd déjà ici environ 1 bonne heure de bonus. Le montage coréen aurait pu, comme le making of, être repris et sous-titré. Problème de droit ? Peut-être. Problème surtout de fainéantise, ou peur de ne pas rentabiliser l'investissement ? Probablement.

Ce que je reproche surtout, c'est que les critiques presse n'ont nulle part fait part de ces coupes, ni au moment de la sortie salles, ni au moment de la sortie DVD. Or, cette existence est pourtant largement connue. Mais non, pour savoir, faut raquer le DVD.

Tu parles des séries de Dorothée. C'était il y a maintenant 15-20 ans. Le DVD existe, les moyens mis dans la promo du film en France étaient tout de même conséquent, de même que pour sa sortie DVD. Quant on voit qu'un film moindre comme Warlords se retrouvent avec une édition proposant les 2 montages, je me dis qu'il y a eu un sacré problème chez TF1 pour le Kim Jee-woon. Essaient-ils de se rattraper ? Peut-être.


Je n'ai pas envie d'être mis dans le sac à Kevin. Je n'ai pas envie de n'avoir comme sortie asiatique uniquement Ong Bak 4.

Il ne s'agit pas de faire le cinéphile (revoilà le même argument fallacieux) et d'oublier tel ou tel cinéaste moins connus, mais bel et bien de faire la part des choses : quand un producteur décide de tailler le vif d'une production comme le dernier John Woo, et qu'au final, on se rend que "Oh ! La super fresque devient juste un grand film de baston", il est clair que, moi qui avais envie de voir un bon film avec un background riche, je me retrouve avec un film d'aventures quelconque.

C'est bien de ça dont je parle, et qui se retrouve ici au coeur du sujet : ce n'est pas un problème de moeurs ou quoique ce soit. C'est juste que la masse majoritaire des Français ne connait rien à l'histoire de la Chine, et que les histoires riches, ça les intéresse pas. Tout ce qu'ils veulent, c'est de la baston. La culture TF1. Moi y en a vouloir du sang. C'est des Chinois/Japonais/Coréens (t'façon, z'ont tous la même tronche), tout ce qu'ils savent faire, c'est du Kung Fu.

D'où ma comparaison. Justement, le cinéma de Kim Jee-woon et ceux de Kitano etc, ne sont pas comparables. Mais les pratiques restent les mêmes : réduire les films à leurs portions les plus attendues par les Français. C'est du nivellement par le bas pur et dur. Entretenue par l'inculture et l'indifférence générale. Digne, donc, des années 80. Un bien beau pays que celui des Lumières.

Répondre
-
voter voter


Par merzboy il y a 12 an(s)

likeSmall
je trouves que tu mélanges un peu tout.
tenia a écrit:Il suffisait donc, comme pour Le bon, la brute, le cinglé, de comparer le montage français au montage original. Personne ne l'a fait. Aucun professionnel n'a jugé bon de vérifier, au cas où, histoire de nous prévenir. Quel professionnel a jugé important de noter, lors du test du DVD du eastern de Kim Jee-woon, que le montage proposé est toujours le montage tronqué ? ersonne. Surtout pas Filmsactu, d'ailleurs.

il était évident que TF1 allait édité en DVD le montage international. penser linverse aurait été naïf. maintenant il serait intéressant de connaître les raisons de lexistence de ce montage international. il me semble que la version sortie en france a un ou deux en plus que la version coréenne : pourquoi donc ? quelles ont été les motivations ?

tenia a écrit:Alors, franchement, de qui se moque-t'on quand ces mêmes professionnels s'offusquent de telles pratiques ?.
cest connu : les journalistes sont des pourris (des censeurs ?) à la botte des distributeurs ;)

tenia a écrit:Peut-être, comme une députée l'a dit au moment des débats sur HADOPI, commencer tout d'abord par éduquer les gens. Encore une fois, on ne sert aux gens que ce qui est rentable. Si la pratique des montages internationaux perdurent, c'est aussi notre faute.
certes mais en même temps, jai envie de voir le film, pas en divx sur mon 22 pouces mais sur grand écran. cest comme à l'époque du club dorothée : les dessins animés étaient charcutés, mais cétait la seule façon de regarder la série.
lidéal serait bien entendu de voir le film tel que le réal la conçu originellement, mais au pire je préfère voir un remontage (supervisé par le réal sous le joug des financiers) que de ne rien voir du tout.

tenia a écrit:Kim Ki-Duk, Hou Hsiao-Hsien, le Kitano calme (bizarre aussi, depuis qu'il a arrêté les films de Yakuzas, en France, il a disparu...), Ozu, Mizoguchi, Naruse, Shimizu, Shinoda, ah ça, connait pas ! Non, forcément, des asiat', c'est de la baston. Alors, vous pensez bien, si y a une histoire entre 2 bourre-pifs, ça va faire aussi tache que dans un porno.
estce que kevin 14 ans qui écoute skyrock et regarde cauet sintéresse sincèrement à HHH ? non. y a t il une once de ressemblance dans le cinéma de shimizu (takashi ou hiroshi) et celui de kim ji-woon mis à part quils ont tout deux asiatiques ? non. ne comparons pas ce qui nest pas comparable.
après dire quon ne connait pas ozu, mizoguchi, kitano ou hhh cest quand même faire preuve dune belle mauvaise foi. au contraire les cinéphiles n'ont d'yeux que pour eux oubliant les plus petits réal pas aussi talentueux certes mais pourtant pas inintéressants.
et on parle moins de kitano sans doute parce que ses derniers films sont pas géniaux géniaux (pour pas dire chiant). zatoichi est surestimé comme cest pas permis.

Répondre
-
voter voter


>> Voir les 13 réponses dans le forum


Gagnez du temps et des points de réputation :


*




The Warlords
The Warlords
Sortie : 5 Février 2008
Éditeur : Mega Star

Les dernières news
Les Seigneurs de la Guerre
Jet Li, Andy Lau et Takeshi Kaneshiro dans l'enfer de la guerre. Test complet de l'édition française.

Deadpool : la mort de Ryan Reynolds dans une scène inédite !
Quand tu te prends un camion en pleine face...

Vidéos à ne pas manquer

Jeux Concours

Newsletter FilmsActu


Films Actu - Toute l'actualité du film : Cinéma, DVD, Blu-Ray et Série TV. Critique de films, trailer, bande annonce, sorties vidéo, streaming & fonds d'écran

 © 2007-2021 Filmsactu .com. Tous droits réservés. Reproduction interdite sans autorisation.

Réalisation Vitalyn

Filmsactu.com est édité par Mixicom, société du groupe Webedia.