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Gerardmer : Jour 2 !

Gerardmer : Jour 2 !

Vendredi 25 Janvier 2008. Second jour de projection à Gerardmer (ok, c'est le troisième si on compte la cérémonie d'ouverture avec Cloverfield) et nous pouvons d'ores et déjà confirmer que cette année propose son lot de bons films. Mais aussi de mauvais, comme l'aura confirmé Shrooms, espèce de sous-Scream, sous-Colline a des yeux, sous-film tout court, pourtant attendu pour son pitch de départ original où des ados ingurgitent des champignons hallucinogènes.

 

La journée a commencé en fanfare à 11h avec Joshua, film américain avec Sam Rockwell ressemblant beaucoup vu d'extérieur à La Malédiction de Richard Donner, mais s'en éloignant très intelligemment. Nous avons ensuite enchaîné avec quelques interviews où nous avons rencontré le réalisateur du Roi de la montagne, mais aussi Stuart Gordon, Sean Cunningham et Kristina Locken. Vous retrouverez un bout de l'interview du Roi de la montagne dans le compte rendu vidéo de la seconde journée (à venir dans les prochaines heures), et les autres dans celui de la troisième (dimanche).

 

Le programme de la journée s'enchaînait à 17h avec The Broken, nouveau film de Sean Ellis à qui l'on devait l'année dernière Cashback. Malheureusement et malgré notre ponctualité, la salle était déjà remplie et beaucoup de journalistes ont été laissés dehors, ce qui nous a empêché de voir le film. Néanmoins nous en reparlerons très vite puisqu'une autre séance est prévue, où, on l'espère, plus de membres de la presse seront acceptés.

 

Trois films nous attendaient encore pour nous contenter : [Rec] de Jaume Ballagero et Paco Plaza, qui suit le même principe de caméra subjective que Cloverfield et Diary Of The Dead de Romero, puis Shrooms déjà évoqué, et enfin All the Boys Love Mandy Lane, étonnant et surprenant. C'est parti pour les chroniques détaillées !

 

Gerardmer : Jour 2 !

 

JOSHUA

Sortie : 30 Avril 2008

 

Tant mieux, Joshua n'est pas l'énième resucée de La Malédiction que l'on pouvait redouter...Mais tant pis, sur ses deux heures moins le quart, ce sympathique thriller traîne derrière lui quelques scènes au ventre mou l'empêchant de nous captiver sur toute sa longueur. Chose d'autant plus dommageable que le film se risque au bis repetita avec son histoire de mioche psychopathe menant la vie dure à ses parents jusqu'à la complète tragédie, tout en conservant une part d'originalité. Ca reste suffisamment malin dans sa narration pour éviter les gros pièges hollywoodiens lui tendant leurs bras musclés. L'intérêt ici n'est même pas de dresser le portrait du mal au visage d'ange - chose dont on se foutrait totalement aujourd'hui - mais plutôt de dévoiler méchamment l'échec d'un cocon familial. L'arrivée d'un bébé, ça fait mal. Et pas qu'au frère aîné qui y voit ici le grain de sable empêchant son petit confort de tourner en rond : religion, état de santé, relations de belles-familles, activités studieuses et professionnelles se retrouvent remises en cause. Un contournement des clichés d'un autre âge faisant flirter Joshua entre thriller et drame contemporain, mais qui justifie ici mille fois la présence de l'excellent Sam Rockwell. Si pendant 10 minutes on se demande ce que peu bien faire l'acteur fou dans une pareille entreprise, la dégénérescence progressive de l'intrigue (baignant dans un type d'humour global au degré imperceptible) trouve effectivement sa meilleure carte avec le comédien. Étrangement drôle, parfois inquiétant, mais à la morale loin d'être bête...

 

Gerardmer : Jour 2 !

 

[Rec]

Sortie : 23 Avril 2008

 

[Rec] reprend le principe décidément à la mode de l'action suivie à travers une caméra amateur DV, témoin des évènements de l'histoire, comme dans Cloverfield. Mais aucun monstre ne détruit New York ici. Nous sommes en Espagne et nous suivons une équipe de TV locale formée d'une présentatrice et d'un caméraman. Leur émission s'intitule "Pendant que vous dormez" et va suivre ce soir les pompiers du coin. Mais une simple opération de routine va rapidement se transformer en calvaire. Les deux pompiers, l'équipe TV, deux policiers et quelques habitants vont se retrouver enfermés dans un immeuble, mis en isolation par l'armée. Dedans, certains individus montrent les signes d'une violence inouïe et déraisonnée, ainsi qu'une faim de chair et de sang...

 

[Rec] mélange donc le genre du film de zombie au genre docu/fiction qui commence à envahir les écrans. Le point de vue à la première personne offre évidemment une très grande implication émotionnelle dans les évènements, relativement bien rythmés et prenants, menant vers un final qui risque de faire parler de lui par son niveau très élevé de tension effrayante. Cependant, le film divise.

Tout comme la salle, (on lui prédit le grand prix du public), Arnaud Mangin a adoré, trouvant le film bien meilleur que Cloverfield et appréciant la frayeur générée par certaines scènes.

De son côté, Kevin Prin a tout simplement détesté, trouvant ici les limites du format DV soi-disant réaliste mais où, contrairement à Cloverfield, aucune image forte assez étoffée ne peut créer une expérience de cinéma. A l'exception toutefois des dix dernières minutes, dont il faudrait être de très mauvaise foi pour en taire les qualités indéniables.

 

Le film fera donc énormément parler de lui à sa sortie, encore plus que Cloverfield certainement, et mérite de vraiment tenter l'expérience.

 

Gerardmer : Jour 2 !

 

Shrooms

Sortie : Juillet 2008

 

Oh le chef-d'œuvre que voilà ! Durant une ligne de dialogue pour expliquer à ses amis les symptômes du champignon qui fait tripper, l'un des personnages du film explique qu'on "peut réclamer sa mère en étant persuadé d'être poursuivi par un étron géant". Ben voilà, c'est exactement ça, un étron ! Une belle merde en somme qui outrepasse les limites de la bienséance artistique et qui s'essaye au film d'horreur sans rien connaître au genre, ni au cinéma tout court. Projeté hors compétition - évitant ainsi à notre grand jury de subir cette chose - Shrooms raconte donc l'histoire d'une bande de crétins partis en Irlande pour sucer des trompettes de la mort au fond des bois histoire de s'évader, de redécouvrir les bienfaits de la nature, et espérer voir des choses qu'un esprit sain ne saurait imaginer. Malheureusement, l'une d'entre elle dévore le seul et unique spécimen à éviter (celui qui a un téton noir sur le chapeau, véridique), avec pour résultat de carrément prédire l'avenir dans les prochaines minutes... plus fort que madame Soleil ! Et comme un serial killer habillé comme pour Halloween et des bouseux atrophiés du bulbe traînent aussi dans les parages, la donzelle va tout faire pour sauver ses potes partis à la recherche d'une vache qui parle ou d'une voiture à niquer par la vitre conducteur.

 

Sur le papier, ça paraît presque être drôle puisque, aussi débile soit-il, ce prétexte sied idéalement à ce genre de délire. Malheureusement, étant donné que les créateurs du machin ont un peu trop forcé sur la morille, non seulement ils se prennent très au sérieux, mais lorsqu'ils s'essaient à l'humour, on ne dépasse jamais le stade des vannes pubiennes. Vraiment pas aidé, ce gros cèpe faisandé bénéficie d'une mise en scène tout simplement désastreuse, ponctué d'effets cheap au possible et une négligence générale qui ne l'élèvera jamais au dessus d'un ersatz de slasher post-Scream destiné au marché vidéo. Et oui, en plus Shrooms est en retard sur son temps...

 

Gerardmer : Jour 2 !

 

All The Boys Love Mandy Lane

Sortie : courant 2008

 

Mandy Lane est une fille magnifique mais réservée, ignorant toutes les avances de ces camarades. Tout va bien dans le meilleur des mondes jusqu'au jour où son meilleur ami, épris secrètement d'elle, provoque la mort de l'un de ses prétendants. Refusant dorénavant de lui parler, Mandy part quelques mois plus tard en week-end avec deux copines et trois amis, chacun de ces derniers voulant essayer de la conquérir. Mais son ex meilleur pote, rejeté de tous depuis, est présent sur les lieux et est bien décidé à zigouiller tout le monde !

 

Le scénario de All The Boys Love Mandy Lane peut sembler bidon sur le papier, mais pourtant le résultat à l'écran ne ressemble pas absolument pas à ce à quoi les teens horror movies américains nous ont habitués. Loin d'être une énième redite de Scream, Mandy Lane s'avère être étonnamment inspiré au niveau de sa réalisation, sublimant son personnage principal, le lieu de l'action, les soirées entre amis, le tout sur un ton proche d'un Virgin Suicides ou d'un film réalisé par Gus Van Sant ! Même les grognasses californiennes de rigueur dans ce genre de production n'ont jamais été aussi bien filmées qu'ici, sexy et allumeuses jusqu'au bout des doigts, soutenues de nombreux plans bien gratuits, mais ne sombrant jamais dans la vulgarité.

 

Un film étrange, à l'issue vraiment surprenante, un peu confuse sur les intentions générales de l'histoire, mais qui laisse vraiment rêveur. De nombreuses images restent longtemps en tête après la projection du film, tout comme certains morceaux de la BO, ainsi que la beauté confondante de l'actrice principale Amber Heard (croisée dans des seconds rôles dans Alpha Dog ou la série Californication). Les réactions à la sortie de la salle sont soit très enthousiastes, soit très partagées : autant de raisons d'aller se faire sa propre opinion lors de la sortie du film, encore indéterminée sur notre territoire.

 

Textes écrits par Arnaud Mangin et Kevin Prin



Par Kevin Prin Réagir


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