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Au Bout de la nuit

Notre avis
1 10

Réunir des talents montants (le réalisateur, David Ayer) et confirmés (James Ellroy) pour produire un polar, c'est bien. Mais encore faudrait-il que la recette fonctionne. Car Au Bout de la nuit est une véritable catastrophe de bout en bout, pouvant se venter de dialogues risibles, d'acteurs complètement partis en roue libre et d'une morale digne de la droite républicaine la plus radicale. Ca sent le Razzie Awards !


Critique Au Bout de la nuit

C'est bien connu, quand une recette fonctionne on l'utilise au moins une seconde fois. Et quand plusieurs films ont connu un bon succès en salles, on en mélange tous les ingrédients pour mettre bas à un incontournable au box-office ! C'est de ce concept là que semble issu Au Bout de la nuit puisque derrière la caméra on retrouve David Ayer, scénariste de Training Day, SWAT et Bad Times, son premier film en tant que réalisateur. Un premier essai d'ailleurs tout à fait prometteur qui donnait envie de suivre sa carrière, d'autant qu'il se voit accompagné ici par un certain James Ellroy (Le Dahlia Noir), romancier de renom et débutant en tant que scénariste. Un bon melting-pot de talents dans le registre du polar qui pouvait engendrer une renaissance fulgurante du genre à Hollywood !... Ou pas.


Critique Critique Au Bout de la nuit

 

Car dans Au Bout de la nuit, il faut se pincer pour croire ce que l'on voit, ce que l'on entend et aussi se maintenir réveillé. Si James Ellroy a du talent pour écrire des livres, il accouche aujourd'hui d'un des scripts les plus affligeants et pauvres du moment, tellement bourré de clichés que la fin se devine aisément au bout de 15 minutes ! Un tel ramassis d'amateurisme se prenant au sérieux entraîne un bon nombre de fous rires devant certains dialogues. Un petit exemple ? "Tu sais, le mal peut engendrer le bien..." dit tristement un personnage. "Non... le mal ne peut engendrer que le mal..." répond avec un air profond Keanu Reeves. Parlons de l'ami Keanu, qui incarne ici un flic complètement pourri, ne craignant pas de mettre en scène ses bains de sang pour faire croire à de la légitime défense. T'es un suspect ? Tu crèves ! Un personnage profondément ambigu (d'autant qu'il s'agit du héros) dont on attendra durant tout le film une remise en question. Que nenni ! Au Bout de la nuit approuve et encourage tout à fait ce genre d'attitude, comme le ferait un vieux républicain qui possède chez lui trois flingues dans chaque pièce et ne peut pas encadrer un visage bronzé devant le pas de sa porte.


 

Critique Critique Au Bout de la nuit

 

Quant à lui, Forest Whitaker s'est déguisé en Denzel Washington (dans Inside Man) et s'amuse tout le long à parodier sa prestation exceptionnelle dans The Shield en surjouant la moindre réplique. Une mauvaise nouvelle tant cet acteur de talent semble sombrer dans l'émotion facile depuis Angle d'Attaque (déjà très drôle). Moralement, ça ne vole pas plus haut : le bon Forest interprète le mentor de Keanu et va le protéger en approuvant, en justifiant, en acclamant son attitude. Evidemment un retournement de situation lancera l'affrontement des deux pour s'achever dans un face à face confinant au ridicule.


Critique Critique Au Bout de la nuit

 

La morale n'est donc pas sauve puisque le détective Tom Ludlow (Keanu !) ne se remettra jamais en question, continuera à tuer ces sales exclus sociaux de voyous sans sommation et s'acharnera tant qu'à faire avec les mêmes pratiques sur les représentants de la loi qui se mettent sur son chemin. Ce serait presque amusant si Au Bout de la nuit fonctionnait avec du second degré, à l'instar d'Un Justicier dans la ville, mais son très grand sérieux (heureusement calmé par les dialogues risibles) confine au nanar ultra facho de droite américaine comme on en voit un peu trop souvent.





Par 1 commentaires


Derniers commentaires
Par blindspot il y a 12 an(s)

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...

et vous vous attendiez à quoi de la part de james ellroy ?

je trouve même surprenant que la production n'ai pas fait pencher le film dans le sens des héros cucul formatés que vous avez l'air d'affectionner (personnellement des gens capables de changer de caractère et d'idées en si peu de temps j'en connais pas)

alors oui c'est amoral, mais le spectateur avec un minimum de jugeote est capable de s'en rendre compte de lui même et de faire la part des choses (surtout que ça n'est pas le but de l'histoire, juste un outil pour détourner l'attention)

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