Colombiana
Le 20/07/2011 à 15:17Par Yann Rutledge
Notre avis
CRITIQUE COLOMBIANA
Alors qu'Hollywood succombe à la vague des reboot (Hulk à Spider-Man en passant par Conan, personne n'est épargné), Luc Besson, maître ès-recyclage, reprend ad nauseam les vieilles recettes de la maison. Nikita, l'ex-toxico reconvertie en tueuse à gage professionnelle ; Jeanne d'Arc qui s'en va bouter les Anglais hors de France après avoir entendu des voix (du Divin ?) ; Leeloo, Le cinquième élément hyper-émotif mais super puissant ; et prochainement The Lady, Michelle Yeoh dans la peau de l'activiste birmane Aung San Suu Kyi. On le sait, Besson aime les femmes doublement équipées en cojones et fragiles à la fois. Seulement voilà, dans le cas de Colombiana, qu'il a co-écrit avec Robert Mark Kamen (la trilogie du Transporteur, Bandidas, Taken... du lourd quoi), l'argument psychologique, qui offrait une certaine complexité à Jeanne la Pucelle ou à Anne Parillaud, devient ici un argument lacrymal peu convaincant. Depuis que ses parents ont été assassinés devant ses yeux alors qu'elle n'avait que 9 ans, Catalaye est une machine à tuer qui s'est jurée de venger sa famille. Elle a fait le choix de vivre dans la solitude, de ne partager son lourd et douloureux secret avec personne, pas même avec l'homme qu'elle aime. Niveau psychologie, zéro.
Bon et alors, c'est fun Colombiana ? Bah non. C'est plutôt mou même. Ne surtout pas se fier à la bande annonce qui lorgne avec une certaine efficacité - accordons-lui au moins cela - du côté du cinéma de Tony Scott, en particulier de Man on Fire, labo filmique jouissif bourré de frénétiques expérimentations formelles. Rien de tout cela ici. Déjà coupable de l'apathique Transporteur 3 (le pire de la série, faut le faire), Olivier Megaton livre le minimum syndical du film d'action : une course poursuite façon yamakasi sur les toits de Bogota, un jeu d'infiltration au sein d'un commissariat plus proche de Haute Voltige que de Splinter Cell et un face-à-face qui aimerait surpasser le réalisme brutal de Jason Bourne en guise de climax. C'est pauvre, bien pauvre. Seule séquence inventive : l'assassinat d'un pourri de la finance (Bernard Madoff ?) dans un bain infesté de requins. Que ce soit devant ou derrière la caméra, personne au final ne semble croire au projet. Sauf Zoe Saldana, superbement ignorée dans Avatar, qui pense trouver ici un rôle de femme complexe qui révélera ses talents d'actrices. N'en déplaise à sa plastique longiforme et ses jambes interminables, aussi sympathiques soient-elles, c'est pas gagné.
Nikita, l'ex-toxico reconvertie en tueuse à gage professionnelle ; Jeanne d'Arc qui s'en va bouter les Anglais hors de France après avoir entendu des voix (du Divin ?) ; Leeloo, Le cinquième élément hyper-émotif mais super puissant ; et prochainement The Lady, Michelle Yeoh dans la peau de l'activiste birmane Aung San Suu Kyi. On le sait, Luc Besson aime les femmes doublement équipées en cojones et fragiles à la fois. Seulement voilà, dans le cas de Colombiana, que Besson a co-écrit avec Robert Mark Kamen (la trilogie du Transporteur, Bandidas, Taken... du lourd quoi), l'argument psychologique devient un argument lacrymal peu convaincant. Depuis que ses parents ont été assassiné devant ses yeux alors qu'elle n'avait que 9 ans, Catalaye est une machine à tuer qui s'est jurée de venger sa famille. Elle a fait le choix de vivre dans l'ombre, de ne partage son lourd et douloureux secret avec personne, pas même avec l'homme qu'elle aime - parce qu'elle l'aime, elle sait qu'elle l'aime mais refuse de se l'avouer. Niveau psychologie, zéro.